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Manifestations politiques et sociales : La Mauritanie, Etat policier ou Etat démocratique ?


Actu Mauritanie
Lundi 21 Mai 2012 - 10:37

La Mauritanie a régressé brusquement en termes de libertés et de droits. Hier adulée comme un modèle démocratique, après la transition réussie de 2007, la Mauritanie semble avoir renoué avec les pires moments de l’extrémisme, avec le recours systématique aux répressions policières, aux arrestations, voire aux tortures ". Cette affirmation est d’un militant de l’opposition qui trouve que la traitement fait de la dernière sortie des jeunes de l’opposition, après la prière du vendredi dernier, en constitue un signe évident. Un avis que ne partagent pas les partisans de Mohamed Ould Abdel Aziz, qui trouvent que l’ensemble des droits sont préservés, sauf la pagaille et le désordre destructeur dont une certaine opposition compte se servir comme raccourci vers le pouvoir.


Manifestations politiques et sociales : La Mauritanie, Etat policier ou Etat démocratique ?
De l’Etat démocratique à l’Etat policier, il n’y a qu’un petit pas que le régime actuel de Mohamed Ould Abdel Aziz aurait franchi, selon l’opposition, qui trouve dans ce basculement le cheminement normal dans l’exercice du pouvoir, selon la conception qu’en ont les militaires, même reconvertis. Désormais, les dispositions de la Constitution sont devenues, selon les adversaires de Ould Abdel Aziz, des banalités que n’importe quel tribun peut piétiner allègrement.

Le droit à l’expression ne serait plus, selon la Coordination de l’opposition démocratique (COD), un acquis inaliénable, mais un privilège distribué selon les faciès. "Quand il s’agit de magnifier les réalisations du Président Aziz, les déferlantes humaines sont tolérées et encadrées avec forces ruées des médias d’Etat, même si les principales artères de Nouakchott devraient en être bloquées pendant des heures " souligne l’opposition. Pour les voix discordantes, remarque-t-elle, rien que les gaz asphyxiants et la cravache, comme au bon vieux temps des dictatures léniniennes.

La COD en veut comme preuve, le sort qui a été réservé à sa jeunesse, dont le mouvement signifie "Flambeau " en arabe abrégé. Et de citer les pogroms qu’elle a subis. D’abord le mercredi 16 mai quand ses membres ont voulu observer un sit-in pacifique devant les locaux de l’Assemblée Nationale, puis le vendredi suivant, après la prière à la mosquée saoudienne, lorsqu’ils ont tenté une marche, toujours pacifique, vers les locaux du ministère de l’intérieur.

Dans les deux cas, la charge policière a dépassé toutes les limites de la violence, selon l’opposition. Les gaz lacrymogènes, de fabrication israélienne soutient-elle, que l’armée sioniste utilise contre des Palestiniens dont la vie ne vaut pour eux même pas un khoums, ont été utilisés. La CO a ainsi déploré les suffocations dans les rangs des manifestants et les envolées de matraques, citant des blessés internés aux urgences de l’hôpital national, mais aussi les dégâts collatéraux causés dans des concessions avoisinantes, où des femmes et des enfants auraient subi des suffocations.

Alors que du côté des partis de la majorité et de leurs alliés de l’opposition dite dialoguiste, peu de voix se sont élevés pour condamner l’usage excessif de la force contre le droit de manifester, l’opposition dans sa globalité a condamné les faits.
JPEG - 11.3 ko La COD qui avait programmé une manif populaire le mercredi 16 mai avait renoncé selon elle à ses activités, pour porter secours aux jeunes dont certains étaient alités et d’autres détenus dans plusieurs commissariats de Nouakchott.

Commentant le climat de répression qui sévit actuellement dans le pays, certains leaders de l’opposition n’ont pas hésité à comparer la situation actuelle à celle des années 78, 84 et 2000, aux pires moments de la dictature militaire. Ce serait selon eux le même climat de terreur, avec l’enlèvement de quelques 20 activistes jeunes durant la manifestation organisée devant l’Assemblée nationale le mercredi dernier. Certains ont même parlé de tortures physiques et morales auxquels les jeunes auraient été exposées au cours de leur détention.

Ils ont aussi évoqué la situation explosive dans plusieurs endroits du pays où la force brutale aurait été l’expédient le plus rapide pour des autorités administratives à cours d’arguments et d’idées pour résoudre des problèmes de gestion locale. Et de citer, la répression contre les populations de kiffa sortis pour demander l’approvisionnement en eau potable, celles de Maghta-Lahjar, de Djiguenni, de Zouerate …Un tel comportement fera dire à la COD que la Mauritanie est passée d’un Etat démocratique en un temps court, entre 2005 et 2007, à un Etat policier.

Le député de l’UFP, Ould Beddredine, a ainsi cité les arrestations arbitraires, JPEG - 10.3 ko le cloisonnement des libertés et la montée en force de la police comme arme de terreur dans un pays qui clame une démocratie de façade. Pour Ould Daddah, président du RFD, les agissements du président Aziz à l’encontre du peuple mauritanien prouvent sa grande ignorance de l’histoire de ce pays et de son peuple, soutenant que sa chute est inéluctable. Selon lui, les derniers chiffres sur l’économie du pays galvaudés par la mission du FMI et le gouvernement mauritanien ne reflètent pas la réalité de la vie socioéconomique dominée par la hausse continue des prix, la misère sociale et la stagnation des salaires des fonctionnaires, tout indice qui prouve selon lui que les chiffres présentés sont artificiels et faux.

Pa contre, pour le président du groupe parlementaire de la majorité, Sid’Ahmed Ould Ahmed, la liberté est une chose et la pagaille une autre, dénonçant les agissements de la COD qui cherche selon lui à déstabiliser le pays contre la volonté de la majorité. L’Etat mauritanien, dira-t-il en substance, est loin d’être un Etat policier, car il protège tous les droits inscrits dans la Constitution, comme le droit à l’expression, le droit de manifester, mais sans aller jusqu’à cautionner le chaos et le trouble, pour satisfaire le lubie de quelques politiciens assoiffés de pouvoir.

Cheikh Aïdara.
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