Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Manifestations de rues : La stratégie " bien pensée " de la COD


Actu Mauritanie
Lundi 21 Mai 2012 - 10:34

La Coordination de l’opposition démocratique (COD) semble inscrire dans la durée son bras de fer avec le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. L’un de ses dirigeants, en l’occurrence Ahmed Ould Daddah, président du Rassemblement des forces démocratiques (Rfd) a bien dévoilé une partie de ce qui semble être la stratégie de la COD pour réaliser son projet politique visant la destitution du président Aziz : pousser ce dernier à l’erreur !


Autres articles
Manifestations de rues : La stratégie " bien pensée " de la COD
L’on pense qu’il n’y a pas plus grande erreur, pour le pouvoir, que de choisir de réprimer les manifestations que la COD dit pourtant être pacifique. Ould Abdel Aziz qui a déclaré à des médias français n’être pas contre des manifestations de l’opposition, finira bien, malgré lui, à attirer l’attention de la communauté internationale sur ce qui se passe en Mauritanie. De question en question, on arrivera à se demander : qu’est-ce qui fait bouger ces jeunes, ces femmes, ces étudiants, ces enseignants, ces travailleurs des sociétés minières, ces antiesclavagistes, etc. ?

Une seule repose : la crise est bien là et il faut bien que le gouvernement que le président Ould Abdel Aziz s’obstine à maintenir, " contre vents et manifestations ", trouve la solution susceptible d’arrêter toute cette agitation ou accepte de rendre le tablier. Contrairement à ce que pensent certains, le temps ne joue pas en faveur du pouvoir. Certes, la perspective des prochaines élections municipales et législatives peut donner l’espérance d’une solution obtenue aux forceps, mais il faut aussi se dire que le gouvernement ne peut pas continuer sa fuite en avant. Maintenir, plus qu’il n’en faut, un Parlement qui est bien partie pour faire deux mandats ! Mais là n’est pas la question n’est pas là.

Il faut d’abord penser à " contenir " les velléités offensives de la COD. Ou plus précisément des islamistes de " Tawassoul ", car tout le monde est de plus en plus persuadé que c’est ce parti qui a pris l’option risqué d’en découdre avec le pouvoir. Manifester chaque mercredi, au nom de la COD ou de sa jeunesse, puis choisir de sortir dans la rue après la prière du vendredi, a un côté provocateur, surtout que l’opposition semble ne pas avoir autre chose à dire que ce " Aziz dégage ". Un programme dont la réalisation nécessite une vision claire de ce qu’il faut faire pour changer le rapport des forces actuels, mais aussi de ce qu’on propose aux mauritaniens comme alternative. Car il ne s’agit pas de provoquer la révolte comme en Libye, en Syrie et au Yémen, mais de mener une révolution - si c’est nécessaire - pour changer une situation qui commence à peser sur les populations. Mais, surtout, faire en sorte que le prochain changement que l’on veut par voie d’élections libres et transparentes, ne soit pas un éternel recommencement. La démocratie doit être ou ne pas être. Il faut bien que l’on prenne en compte la nécessité de " normaliser " une pratique qui est, qu’on le veuille ou non, un choix irréversible.

On pourrait bien s’en rendre compte en regardant, non pas les ratés vécus en Tunisie, en Libye et en Egypte (pays qui viennent de prendre cette voie en empruntant des chemins tortueux) mais ce bel exemple sénégalais qui a permis à l’opposition de battre le président Wade à son propre jeu. C’est pour dire que l’opposition doit bien repenser sa stratégie. Et comprendre que son projet de " destitution " du président Aziz n’est pas réalisable sans l’adhésion de la majorité des populations. C’est même en risque évident pour elle que d’être " confondue " avec ces forces qui cherchent à semer la pagaille partout pour la réalisation d’ambitions personnelles, comme ne cessent de le répéter les propagandistes du pouvoir.

La COD doit ronger son frein

Il est évident qu’à l’allure où vont les choses, la COD n’est pas assuré de remporter la bataille qu’elle a engagée contre le pouvoir depuis plusieurs mois. Certes, il arrive à marquer des points, au vu des meetings monstre qu’elle a organisés à Nouakchott et dans certaines villes de l’intérieur (Aleg, Nouadhibou, Atar) mais il faut reconnaitre que le pouvoir dispose, lui aussi, d’atouts certains qui lui permette de se maintenir encore longtemps. La difficulté de faire bouger la rue de manière efficace et permanente est due non seulement aux moyens colossaux dont dispose le pouvoir pour " dégager " les manifestants mais aussi à la nature même des mauritaniens qui abhorrent, plus que tout, la violence mise en branle pour une cause inutile ! C’est le cas de le dire, quand on entend certains avancer que la COD et le pouvoir se valent, que la première ne constitue pas une alternative sérieuse pour le second. D’autant que la reconfiguration de la scène politique actuelle ne laisse pas vraiment entrevoir une ligne de démarcation entre des partis politiques qui se meuvent à l’humeur de leurs dirigeants, passant de la majorité à l’opposition et vice versa comme s’il s’agissait d’un simple jeu de circonstances.

C’est dire que si la COD est en mesure de comprendre cette donne - loin d’être à son avantage - elle gagnerait bien à ne pas se lancer tête baissée dans une confrontation qui ne sert pas ses projets de changement réel dans le pays. Elle peut, tout au plus, foutre la pagaille et créer les conditions propices à un autre putsch, sans réellement savoir s’il va réussir ou échouer. Et, surtout, sans savoir si ces instigateurs vont organiser une transition différente de celle de 2005 ou se complaire, comme ceux qui sont restés après celle-ci, à réaménager la scène politique pour partir sans partir. Toute la question est là.

Sneiba Mohamed.
lauthentic.info


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires