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Manifestations à l'université de Nouakchott : Un dangereux précédent


Société
Mercredi 8 Février 2012 - 17:14

A l’université de Nouakchott, les choses commencent à se gâter et rien ne va plus entre les responsables de l’institution et les étudiants. Plusieurs associations estudiantines avaient occupé, la semaine dernière, les bureaux du Rectorat. Elles ont été délogées par la police à coups de matraques et de grenades Lacrymogènes. Et les cours ont été suspendus jusqu’à la fin du mois de février.


Manifestations à l'université de Nouakchott : Un dangereux précédent
Tout a commencé en début de semaine dernière lorsque les étudiants ont manifesté dans l’enceinte de l’Université pour protester contre ce qu’ils estiment être un non-respect des engagements de la direction pour satisfaire leurs doléances. Un jour après, les associations concernées décident de passer à l’action en occupant les bureaux de l’administration universitaire.

Déstabilisée et ne sachant quoi faire, celle-ci transmet l’affaire à sa hiérarchie : le ministère d’état chargé de l’éducation et nationale et de l’enseignement supérieure. Rapidement, les choses prennent une autre tournure lorsqu’on fait appel à la police pour déloger les étudiants de force.

Dans la nuit de jeudi à lundi, la police anti-émeutes entre en action avec ses méthodes connues : coups de matraques, grenades lacrymogènes… En quelques minutes, la soixantaine d’étudiants est surpassé par les éléments nombreux de la police qui réussirent à prendre possession des lieux. Bilan : plusieurs blessés et plus d’une dizaine d’interpellations.
Certains députés de l’opposition qui s’étaient rendus, ce soir là à l’université afin d’apporter eau et nourriture aux grévistes assistèrent impuissants à l’assaut brutal de la police. Il n’y a toujours pas de nouvelles des étudiants interpellés. A en croire certains sites d’information en ligne, l’un des étudiants serait entré en grève de faim pour protester contre le refus de le laisser profiter de la présence d’un médecin pour examiner jugé sérieux à cause de la torture.

Chose étrange, l’association estudiantine proche des Islamistes et à laquelle est affiliée une majorité d’étudiants n’avait pas participé à cette action, même si elle a protesté contre le traitement infligé aux responsables des autres associations. Cela est d’autant plus surprenant que les étudiants islamistes sont mobilisés depuis un certain temps aux côtés de leurs amis de l’ISERI et que la mouvance islamiste a vu ses rapports se gâter considérablement avec le pouvoir. Est-ce un problème de calcul ou s’agit-il d’une approche propre aux étudiants?

Mesures radicales

L’administration de l’université n’est pas allée par quatre chemins et a décidé de frapper très fort. Elle a convoqué de toute urgence le conseil de l’université qui a décidé d’exclure huit étudiants présentés comme meneurs du mouvement et de suspendre trois autres. Une mesure dénoncée par les milieux estudiantins qui l’a jugé tout simplement illégale parce qu’elle concerne des représentants syndicaux qui sont protégés contre des abus de telle nature.

Afin de parer à toutes les éventualités et pour couper l’herbe sous les pieds des protestataires, le conseil de l’université a décidé de suspendre les cours jusqu’au 25 février. Il espère, certainement, que d’ici là, la tension pourra baisser au sein des étudiants.

En attendant cela, les politiques se sont mêlés à cette affaire. L’UPR, le parti-Etat, a publié une déclaration dans laquelle il accuse l’opposition d’être derrière les mouvements de l’université et soutient qu’elle veut mettre le pays à feu et à sang pour atteindre des objectifs sectaires et peu nobles. Une mise en garde qui n’a pas, outre mesure, intimidé les partis d’opposition qui déclarent haut et fort leur soutien aux étudiants. D’ailleurs, des députés de cette opposition avaient tenté de rendre visite aux étudiants pendant qu’ils occupaient les bureaux de l’administration de l’Université. La police les avait empêchés d’atteindre leur objectif.

Mais au-delà des problèmes propres aux étudiants, la scène politique est en pleine ébullition et, comme cela a été la coutume en Mauritanie, le combat politique pourrait bien s’exprimer à travers un mouvement estudiantin. Mais ce qu’il faut le plus craindre, c’est de voir ressurgir les vieilles méthodes avec leur cortège d’arrestations d’hommes politiques pour leur faire porter la responsabilité d’événements qui ne sont pas politiques. L’arrestation, samedi dernier, du leader du mouvement ‘’Touche pas à ma nationalité’’ laisse bien craindre une telle perspective.

Ould Bladi
pour Biladi


Mamoudou Kane


              

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