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Mamadou Moctar Sarr, SG du FONADH : "Nous allons continuer de soutenir les leaders de l’IRA, aussi bien sur le plan national et international pour qu’ils recouvrent leur liberté face à leur arrestation arbitraire"


Société
Jeudi 21 Juin 2012 - 11:25

Le secrétaire général du forum national des droits humains revient sur la polémique suscitée par les propos d'Ely Ould Mohamed Vall, sur le meurtre encore non élucidé de Lamine Mangane, et sur le cas de Birame Ould Abeid.


Mamadou Sarr (g)
Mamadou Sarr (g)
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Hormis le mouvement TPMN, la majorité de la société civile n’exprime pas une position claire pour soutenir Biram et compagnie, en tant que défenseur des droits de l’Homme que pensez-vous de cela ?

Il est nécessaire de savoir que la société civile mauritanienne est diverse, il y a celle qui défend et soutient toutes les causes justes et le combat que mène Biram s’inscrit dans cette dynamique et celle bien sûr qui est alignée sur les positions du pouvoir, comme vous l’avez constaté lors des manifestations contre Biram, donc il faut éviter de généraliser et de faire de l’amalgame.

Concernant maintenant votre question, certaines organisations crédibles et pas des moindres et bien connues sur le terrain de la lutte pour la promotion et la protection des droits humains ont bel et bien pris une position claire et sans équivoque en soutenant Biram et ses amis et demandant aux autorités leur libération immédiate et sans condition. Car le combat de l’IRA contre l’esclavage et la discrimination raciale dans le pays est une cause juste que toutes les organisations sérieuses des droits humains défendent.

Nous allons continuer de soutenir les leaders de l’IRA, aussi bien sur le plan national et international pour qu’ils recouvrent leur liberté face à leur arrestation arbitraire.

Avec l’affaire d’Ould Ghailani qui est le énième cas d’immixtion du pouvoir exécutif dans les décisions de la justice, quelles appréciations faites de la justice ?

Vous savez, le pouvoir exécutif exerce aujourd’hui un contrôle et une autorité sur l’appareil judiciaire sans précédent, l’indépendance de la justice n’est qu’une pure illusion.

La main mise de l’exécutif sur le pouvoir judiciaire trouve son expression la plus éloquente dans la révocation d’un magistrat il y a de cela quelques mois qui n’a fait que son travail de juge en toute indépendance et qui a refusé d’exécuter les ordres de l’exécutif et aujourd’hui le limogeage du Président de la Cour Suprême détenteur d’un mandat. Ce comportement inadmissible qui viole l’indépendance de la justice vient couronner cette immixtion. Il y a une nécessité urgente de rétablir la primauté de la loi, l’indépendance de la justice, la séparation des pouvoirs, le respect des droits de l’homme et des libertés publiques.

Que pensez-vous des propos de l’ancien chef d’Etat Ely Mohamed Vall sur le dossier du passif humanitaire ?

Tout d’abord l’ancien Chef d’Etat Ely Ould Mohamed Vall, doit s’expliquer impérativement pour éclairer l’opinion nationale et même internationale par rapport à ses propos tenus lors de son intervention à la radio. En effet, diverses versions circulent concernant sa déclaration.

Ceci étant, par rapport aux déportations des négro-mauritaniens par les autorités mauritaniennes de l’époque, lors des douloureux événements survenus entre la Mauritanie et le Sénégal en 1989, Ely occupait le poste stratégique du Directeur Général de la Sureté Nationale, donc le Colonel ne pouvait pas ignorer ce qui s’est passé à cette époque, car l’écrasante majorité des déportés, sont passés par les services de la sureté avant d’être déportés mani militari au Sénégal dans des conditions inhumaines. Le rôle joué par la police est indéniable durant les déportations et de disparitions forcées. Cet auteur de ces crimes pourra -t-il tromper un Mauritanien par ses velléités d’opposition au régime sur place. Ensuite, est-il politiquement correct, intellectuellement honnête à nier la déportation des négros Mauritaniens et sa responsabilité dans ces violations extrajudiciaires, lui qui a dirigé les journées de concertation nationales du CMJD, premier forum à reconnaître et diagnostiquer les violations des droits humains commises à l’encontre des négros Mauritaniens

Où en sont les organisations des droits humains sur le dossier du jeune Lamine Mangane tué à Maghama ?

En son temps, le FONADH avait pris position par rapport à l’assassinat du jeune Lamine Mangane, en demandant aux autorités de faire toute la lumière sur la mort de Lamine Mangane et le jugement des responsables de ce crime odieux, d’une part, et rend les autorités responsables des conséquences imprévisibles de cet acte barbare.

En dépit de toutes démarches, les ONG des droits humains ne peuvent pas se porter partie civile malheureusement à cause des lois en vigueur, seuls les parents peuvent le faire. Le FONADH, est disposé à accompagner et à apporter tout concours s’il est sollicité par les parents de la victime.

Propos recueillis par Cheikh Oumar NDiaye
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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