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Mamadou Abdoul Sow, SN des FLAM : “Dans l’intérêt du combat collectif, nous devons nous surpasser pour arriver ensemble à notre objectif de promotion et de liberté du Mauritanien”


Société
Mercredi 31 Octobre 2012 - 12:21

Secrétaire National des FLAM (Forces de Libération Africaine de Mauritanie) chargé des relations extérieures depuis le dernier congrès à Cincinnati en Mars 2011. Il était membre du Bureau local de l’Europe occidental. Il a été successivement Secrétaire à l’organisation de la section européenne, secrétaire de la Jeunesse et de la Culture puis chargé de l’action sociale et des affaires humanitaires. Aujourd’hui les FLAM ont décidé de redéployer leur forces en Mauritanie. Entretien.


Des militants arborant le drapeau-symbole des FLAM dans la Vallée
Des militants arborant le drapeau-symbole des FLAM dans la Vallée
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Pouvez-vous un bilan des Flams après 29 ans de combat ?

Dans l’ensemble, le bilan est positif du point de vue politique qui est l’essence du mouvement, depuis la date de sa création, 14 mars 1983 à la suite de la fusion de plusieurs mouvements qui se sont entendus sur l’essentiel. Pendant les 17 ans dernières années de régime autoritaire sanguinaire de Taya, les ténors de ce mouvement n’ont pas et n’avaient pas la possibilité d’exprimer publiquement leurs idées à l’intérieur de la Mauritanie.

Les réunions se faisaient clandestinement, grâce au travail de femmes qui surveillaient les agents de renseignements. La publication du " manifeste du négro-mauritanien opprimé " en marge du sommet des non-alignés à Harare a permis au mouvement d’être connu par tout le monde. Après le retour de Taya en Mauritanie, suite à cette réunion, vous connaissez la suite : ce fut le cycle d’arrestations infinies. S’en suivirent la répression, la prison et la mort engendrant la fuite de plusieurs membres des FLAM vers le Sénégal notamment le président, Samba Thiam et le porte parole, Kaaw Touré. A partir du Sénégal, les FLAM se sont reconstitués en structure pour porter haut et fort leurs slogans de liberté, et diffuser le discours politique à partir de l’extérieur. C’est à partir de là que l’opinion publique nationale et internationale comprirent ce qui s’est passé véritablement à l’intérieur de la Mauritanie.

De ce point de vue, le bilan est positif. N’eûssent été les leaders des FLAM que nous considérons comme des véritables ainés, personne n'aurait su la gravité de la situation de la communauté noire, l’ampleur de l’esclavage et le racisme d’Etat qui frappaient les négro-africains. C’est grâce aux FLAM que cette question a été portée à l’opinion publique internationale. Après quelques années au Sénégal, la raison d’Etat a fini par prendre le dessus, les FLAM étaient considérés persona non grata à Dakar ; d’où la restriction et l’affaiblissement du noyau de Dakar.

Du coup c’est l’avènement et le dynamisme de la section de l’Europe qui était devenu le pivot des Forces de Libération Africaine de Mauritanie en France. La France, le haut Conseil de sécurité des Nations Unies, Genève… Les FLAM ont participé à plusieurs reprises en marge de sommets qui se déroulaient dans ces lieux, à des réunions où ils sont parvenus à dénoncer et contredire en face des autorités mauritaniennes qui viennent défendre le respect des droits humains, la démocratie naissante en Mauritanie.

Depuis quelques années il y a eu un processus de démocratisation en Mauritanie qui a commencé à effacer un peu cette image du pays " d’Etat esclavagiste, raciste ". Il fallait donc ne pas rater ce rendez-vous. L’idée du redéploiement des forces à l’intérieur de la Mauritanie germa. Une perspective de plus en plus envisagée après que nous ayons constaté que notre discours était totalement repris à l’intérieur de la Mauritanie par des acteurs de la scène publique.

Le fait de porter le combat hors du pays, n’a-t-il pas été une erreur ? Ne le rendiez-vous pas ainsi virtuel?

Non. Notre combat est tout sauf virtuel. La première raison est que nos principaux discours sont repris à l’intérieur du pays par d’autres mouvements. Si certains jugeaient qu’il s’agissait d’un combat virtuel, en tout cas ils ne peuvent plus le penser actuellement. Nous n’avons pas choisi l’extérieur comme un espace politique. On nous a imposé cet espace là.

Deuxièmement, depuis 2006 il y a eu un débat pour que les FLAM se redéployent pour continuer le combat à l’intérieur du pays. Très tôt, une dissidence s’est malheureusement constituée. Non pas sur le principe de redéploiement mais sur la date de cette nouvelle forme de lutte. Après le sommet de Cincinnati, la dissidence a décidé de repartir au pays sans une préparation profonde. Ce qui a abouti à un échec lamentable.

Depuis, seul le président de cette dissidence M. Ba Mamadou Bocar est resté en Mauritanie, tous les autres cadres de la dissidence sont revenus en Europe. C’est pourquoi nous avons estimé qu’avec plus de 20 ans d’exil, il est impérieux voire nécessaire que nous nous préparions psychologiquement, matériellement et humainement au retour au pays. Nous avons besoin d’organiser, en tout cas de financer et d’encadrer, ne serait ce qu’en cours terme, les personnes qui seront mandatées pour cette action. Il faut que le redéploiement ne soit pas vulnérable socialement ou économiquement. Nous avons l’expérience de la première dissidence qui doit nous permettre de ne pas commettre des erreurs préjudiciables à la vie de notre mouvement. Nous avions amorcé notre redéploiement avec l’arrivé au pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui a d’ailleurs rencontré le président Samba Thiam à New York. Mais entre temps il y a eu le coup d’Etat qui nous a faussé le pas.

Quand vous parlez de " reprise de votre discours ", faites-vous allusion à TPMN et à l’Ira ?

Pas seulement ceux-ci ! Si vous prenez TPMN, l’Ira, Conscience Citoyenne, AJD/MR... Sur le plan idéologique, il n’ y a aucune différence. C’est du copier-coller à propos de la question négro-africaine soulevée initialement par les Flams.

Après plusieurs années d’absence, pensez-vous avoir une légitimité auprès des négro-mauritaniens à l’instar de l’Ira ou de TPMN ?

En toute modestie, les FLAM sont l’ensemble des mouvements et des partis politiques mauritaniens qui luttent pour un meilleur devenir des populations nègres et des autres populations du pays. Pour autant, vous avez parfaitement raison, les Flams peuvent souffrir de leur absence prolongée du pays. Pendant longtemps, le mouvement a été diabolisé par le pouvoir de Nouakchott, au moment où les autres étaient sur le terrain. Toutefois, nous avons des liens étroits avec ces mouvements et ces partis politiques. Nous pensons que dans l’intérêt du combat collectif, nous devons nous surpasser pour arriver ensemble à notre objectif de promotion et de liberté du Mauritanien.

Nous allons affronter le terrain. Nous sommes convaincus que le peuple va se souvenir des sacrifices que le mouvement a consentis bien avant Ira ou de TPMN qui date de 2011. Les FLAM datent de mars 1983. C’est incontestable ce que Ira a aujourd’hui. C’est vrai que TPMN a la possibilité de s’exprimer, de faire des meetings, les FLAM n’ont jamais eu ce privilège. Dans les moments les plus difficiles, quand on annonçait que tel ou tel flamistes est décédé, nous ne pouvions pas aller présenter nos condoléances à la famille du défunt. Aujourd’hui que nous avons la possibilité de rentrer, de venir vers le peuple mauritanien expliquer notre position, qu’est ce que nous avons fait, pourquoi nous avons quitté, le peuple sera sensible à notre discours. Maintenant c’est à nous de nous adapter au terrain. J’ai confiance. Nous sommes parvenus à nous adapter à l’extérieur qui est très difficile ; il n’y a pas de raison que nous ne réussissons pas le challenge national. Ce sera une question de temps.

Avec le sigle FLAM, pensez-vous que le gouvernement mauritanien va vous reconnaître ?

Certains militants pensent que par devoir de mémoire ou de souvenir, nous devons garder cette appellation, les FLAM (Forces de Libération Africaine de Mauritanie). D’autres pensent que dès lors où cette appellation est diabolisée, ce saurait dangereux voire politiquement non rentable de porter ce sigle . En tout cas la question est sur la table. Il y a là matière à débattre. Un congrès souverain est prévu qui décidera à propos. De mon point de vu , la question est ailleurs. Ce qui est important, c’est que nous avons décidé de rentrer au pays. Il s’agit plus de réfléchir sur notre ce retour, sur le rôle que nous devons jouer et sur la place que nous devons occuper, seuls ou avec des partenaires. Le reste viendra après.

Pensez-vous pouvoir entraîner avec vous des partenaires et gagner leur confiance alors que le bureau exécutif des FLAM n’a jamais été exempt de reproches notamment dans le choix de ses membres ?

Ce qui est sûr et certain, les leaders des Flams ont été choisis de familles des militants trés actifs dans la lutte. Naturellement dans les actions comme celle là, toutes les personnes qui n’ont pas eu la chance d’appartenir aux nombre indiqués peuvent se sentir frustrées et dire que les FLAM ont choisi leurs familles, leurs copains en laissant les autres.

Un commentaire sur ce qui est arrivé au président Ould Abdel Aziz ?

Par la courtoisie, pour mon statut de citoyen musulman, je lui souhaite un prompt rétablissement. La situation du président mérite cependant d’être explicitée pour les Mauritaniens. Il y a eu trop de versions contradictoires qui viennent des officiels du gouvernement de la presse et des acteurs politique. Le peuple a droit de savoir et de savoir la vérité. La situation du pays est assez trouble du point de vue de la sécurité. Le président a vendu trop " d’insécurité " pour avoir les amitiés et le soutien des occidentaux.

Le président est en convalescence à Paris, est-ce que votre mouvement va tenter de le rencontrer ?

Non.

Pourquoi ?

Parce que jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas une passerelle directe avec les autorités mauritaniennes et nous n’avons pas sollicité de rencontre avec le président Ould Abdel Aziz.

Propos recueillis à Paris par Cheikh Oumar NDiaye
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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