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Mali: sans protection de l’armée régulière, les habitants de Ber ont peur


Guerre au Mali
Lundi 20 Mai 2013 - 08:52

C'est toujours l'inquiétude à Ber, une localité située à 65 kilomètres de Tombouctou, au nord-ouest du Mali. Enlèvement du fils d'un marabout respecté par les habitants, coups de feu tirés, pillages, Ber a vécu ces dernières semaines des moments difficiles. Pour la première fois depuis ces événements, un journaliste de RFI a pu se rendre sur place.


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Après le départ de la localité de Ber des soldats burkinabè de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), les habitants ont peur. Il n’y a pas sur place un seul soldat malien. On vit ici dans la crainte du retour des forces du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA).

Il y a quelques semaines, ce mouvement avait débarqué sur les lieux, tiré des coups de feu en l’air, pillé les biens de personnes privées et même enlevé le fils du très respecté chef de village avant de le libérer plus tard.

Représailles ?

Pour justifier cette descente musclée, les combattants du MAA avaient parlé de représailles après l’attaque et le pillage de leurs biens, encouragés, disent-ils, par des personnes influentes de Ber. Mais, sur place, nous n’avons pas du tout pu confirmer l’affirmation du MAA. En revanche, il semble bien que derrière ces coups de feu tirés, ces pillages organisés, il y a des différends politiques au niveau local. L’imam et chef respecté de Ber est un Touareg de la tribu maraboutique probablement la plus pacifique du Sahara. Et pour les prochaines élections, si le chef marabout appelle localement ses partisans à voter pour un candidat, il peut faire basculer les résultats.

Et l’une des hypothèses, c’est qu’en menant des attaques contre Ber, l’objectif de certains combattants pourrait être de faire fuir la population pour qu’elle ne participe pas au prochain scrutin.

Conflit au Mali: les élus du pays font leur «mea culpa»

Mercredi dernier, le 15 mai, la conférence de Bruxelles sur le Mali a permis au gouvernement de Bamako de recevoir des promesses d'aide au développement d'un montant de plus de trois milliards d’euros. En contrepartie, les bailleurs et la France en particulier ont demandé avec insistance au pays d'appliquer les critères de bonne gouvernance pour mériter cette aide. Qu'en pensent les Maliens ? Plusieurs élus maliens participaient à une conférence sur ce thème de la gouvernance jeudi à Paris et les participants maliens ont reconnu des failles.

Ce fut une sorte de grand mea culpa : oui, nous avons fauté ; oui la corruption est devenue un mode de gestion des finances publiques et de l’aide internationale. Au cours de cette conférence à l’Assemblée nationale à Paris, les élus maliens du Nord comme du Sud ont reconnu qu’ils allaient devoir faire des efforts.

Moussa Mara est maire de la commune IV de Bamako. Il dénonce depuis longtemps les travers de la classe politique malienne et comprend les conditions posées par les donateurs internationaux: « La classe politique, la classe dirigeante, les élites dans notre pays n’ont pas été exemplaires dans l’utilisation des ressources publiques, et donc dans l’utilisation de l’aide publique. C’est quand même normal qu’il y ait des conditionnalités importantes, d’abord pour obtenir l’aide, et ensuite comment le gérer. Et si on ne change pas cela, on risque de revenir en arrière. Et ça, ce serait vraiment regrettable ».

Surveillance citoyenne

Abdollahi Ag Mohamed El-Maouloud est membre du Conseil économique, social et culturel du Mali. Touareg de Tombouctou, il est réfugié depuis plus d’un an au camp de Mbera en Mauritanie. Lui va plus loin : la communauté internationale doit attendre la normalisation du pays avant de verser l’aide : « C’est un gouvernement de transition par intérim qui gère. Alors que le rebelle Sanogo est aux affaires avec sa junte militaire. Et ça, on n’en parle pas ! Tant qu’il y a ceci, je ne suis pas d’accord qu’un franc (Cfa, ndlr) de l’extérieur vienne au Mali parce que ça ne servira à rien ». Certains plaident pour une surveillance citoyenne : en cas de détournement d’argent public, c’est aux populations civiles de dénoncer les fraudeurs.

RFI
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