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Mali: les femmes de Gao savourent leur liberté retrouvée


Actualité
Lundi 4 Février 2013 - 10:15

Pendant les dix mois de règne des jihadistes dans la région de Gao, les femmes ont été les premières victimes de l'application rigoriste de la charia. Aujourd'hui, elles savourent la liberté retrouvée. Certaines ont retiré leur voile, imposé par les islamistes, d'autres portent des pantalons. Aucune ne regrette le départ groupes armés.


A Gao, les islamistes du Mujao avaient imposé le port du voile. Ici dans une salle de classe, en septembre 2012. REUTERS/Adama Diarra
A Gao, les islamistes du Mujao avaient imposé le port du voile. Ici dans une salle de classe, en septembre 2012. REUTERS/Adama Diarra
Les femmes de Gao prennent leur revanche. Les islamistes avaient fait d’elles des personnes qui devaient essentiellement rester à la maison, se voiler et apprendre le Coran. Aujourd’hui, il n’y a plus d’islamistes, il n’y a plus de coups de fouet.

Les femmes de Gao restent pudiques mais, incontestablement, elles savourent le départ des islamistes. Géla Andi ne porte plus le voile. Elle parle à peine français, mais elle a tenu à s’exprimer : « Oui, je suis contente, parce qu’ils sont partis. Je suis contente, c'est très bien. »

A Gao, les femmes renouent avec la vie. Certaines en profitent pour se baigner dans le fleuve Niger. D'autres vont à nouveau chez les coiffeuses. Certaines portent des voiles, mais parfois des voiles « tendance ».

Chose vue dans le quartier Cap de Gao : Marie Etho, 19 ans, porte à nouveau un pantalon. Sa voisine exulte, les cours vont bientôt recommencer à l’école et, enfin, dans une même classe pourront être assis côte à côte hommes et femmes, ce qui était formellement interdit par les jihadistes.

GAO, VILLE LIBRE MAIS TRISTE

Gao est une ville libérée mais elle est également une ville triste. Triste, sans les communautés arabes et touareg qui, en temps normal, y cohabitaient pacifiquement avec les populations sédentaires. Aujourd'hui, dans les huit quartiers de la ville, on ne voit plus de Touaregs ni d'Arabes, ceux qu'on appelait de manière péjorative « les peaux rouges » ou « les peaux blanches ». Certains ont vu leurs boutiques pillées, d'autres leurs maisons. Alors ils ont fui.

Les appels au calme se multiplient. Certes, des Touaregs et des Arabes faisaient partie des mouvements jihadistes, mais non aux amalgames. « Les Touaregs sont une minorité au nord, mais ils sont quand même du nord. Ce sont des Maliens, insiste Ousmane Maïga, membre du conseil des jeunes de Gao. Il y a des Maures, il y a des Arabes, il y a des Bozos et des Bambara. Nous sommes obligés de vivre ensemble. Je lance un appel au calme. Aujourd'hui, c'est le moment, je pense, de se retrouver pour discuter ».

Une initiative est en cours. Il s'agira d'organiser une caravane, dans un premier temps à la périphérie de Gao, pour faire revenir ceux des Arabes et des Touaregs qui sont partis précipitamment.

Source : rfi
Mamoudou Kane


              

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