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Mali: le président Traoré agressé après un accord sur son maintien au pouvoir


Actualité
Lundi 21 Mai 2012 - 18:33


Mali: le président Traoré agressé après un accord sur son maintien au pouvoir
Le président malien par intérim Dioncounda Traoré a été agressé et blessé lundi dans son bureau près de Bamako par des manifestants opposés à son maintien au pouvoir après un accord avec les auteurs du coup d'Etat du 22 mars devant lui permettre de diriger, dès mardi, une transition d'un an.

L'agression contre M. Traoré s'est produite à Koulouba, en marge d'une manifestation organisée par plusieurs organisations et associations favorables au coup d'Etat du 22 mars ayant renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT).
Il "a été tabassé et blessé" par de nombreux manifestants qui ont réussi à pénétrer dans son bureau du Secrétariat général de la présidence, près du palais présidentiel, et "il a été transporté à l'hôpital", a déclaré à l'AFP un journaliste malien, Baye Coulibaly, qui était présent sur les lieux.

M. Traoré, 70 ans, a été admis aux urgences, a précisé une source médicale. "Il a une blessure au visage et une au dos", a déclaré à l'AFP un infirmier sur place. Son Premier ministre Cheick Modibo Diarra et d'autres personnalités se sont immédiatement rendus à son chevet.

"Tous les locaux" officiels à Koulouba, "du Secrétariat général au ministère des Affaires étrangères" en passant par le palais présidentiel, inoccupé depuis le putsch, "ont été investis par les manifestants", a expliqué Baye Coulibaly.
Selon un photographe de l'AFP présent à Koulouba, des centaines de manifestants ont réussi à s'approcher des bureaux de Dioncounda Traoré et à briser un portail, malgré la présence d'une centaine de membres de la Garde nationale. Ils ont ensuite réussi à pénétrer dans les bâtiments.

"Les manifestants ont débordé les forces de sécurité, qui protégeaient l'avant et les flancs" des bâtiments, "mais les manifestants sont venus par derrière", a indiqué une source au Secrétariat général.
Aucune indication n'était immédiatement disponible sur d'autres blessés lors de ces violences, survenues au lendemain d'un accord sur la transition après le coup d'Etat du 22 mars par des militaires menés par le capitaine Amadou Haya Sanogo .
En vertu de cet accord signé par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'ex-junte militaire et les autorités intérimaires, le capitaine Sanogo a obtenu le statut d'ex-président avec tous les avantages dus à ce rang: indemnités, garde, voiture, logement...

Il prévoit aussi une période de transition de douze mois à compter de l'expiration du délai constitutionnel de 40 jours d'intérim du président, mardi.
Avant de se rendre à Koulouba, les opposants à cet accord qu'ils qualifient de "trahison" avaient manifesté dans le centre de Bamako.
Avant de l'accepter, les ex-putschistes avaient précédemment refusé que M. Traoré, ex-président de l'Assemblée nationale du temps d'ATT et investi président par intérim le 12 avril, demeure à la tête du pays durant la transition.

Depuis sa prise de fonction et la nomination de son Premier ministre Cheick Modibo Diarra, le Mali est resté en proie à la crise née du putsch qui a accéléré la chute du nord du pays aux mains de divers groupes armés dominés par des islamistes, dont le mouvement Ansar Dine (défenseur de l'islam) et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Bien qu'ayant accepté de rendre le pouvoir au civils par un accord avec la Cédéao signé le 6 avril, l'ex-junte militaire ne s'était jamais véritablement retirée de la scène politique et, selon des sources concordantes, son quartier général à Kati (15 km de Bamako), continuait d'être le centre du pouvoir.

Le capitaine Sanogo s'opposait à la Cédéao sur le nom du président de transition, poste qu'il convoitait lui-même, selon les milieux politiques maliens. Il avait rejeté la durée d'un an de la transition initialement décidée par la Cédéao en avril.
Le blocage politique profitait aux groupes armés, dont la rébellion touareg, qui contrôlent depuis près de deux mois les trois régions administratives formant le Nord, vaste et aride: Kidal, Gao et Tombouctou.

Si, en dépit du traumatisme qu'il vient de subir, Dioncounda Traoré accepte de poursuivre sa mission, il devra organiser des élections d'ici à 12 mois et surtout tenter de résoudre la crise dans le Nord où, selon l'ONU, près de 350.000 personnes ont fui depuis mi-janvier leurs domiciles pour se réfugier à l'intérieur du Mali ou dans des pays voisins.
 
AFP


              

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