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Mali : la rude mission du futur président


Tribunes
Mardi 30 Juillet 2013 - 15:14

Le Mali a voté dimanche 28 juillet, « dans le calme », admettent des observateurs indépendants. Une forte mobilisation dans le sud du pays a été constatée, en contraste, avec les parties reculées du nord. L’élection présidentielle s’est déroulée selon un agenda « forcé ».


Mali : la rude mission du futur président
Les acteurs du dossier malien veulent mettre fin à une transition au cours de laquelle l’armée fait ponctuellement irruption dans le politique. Si les Maliens ont voté en masse dans le sud du pays où se concentre 90% de l’électorat, les parties reculées, nordiques, -en dehors des villes de Tombouctou et Gao– n’ont pas suscitées une mobilisation électorale très forte.

« Des files de 20 à 30 personnes. Les gens se sont mobilisés ! On aura peut-être 60% de taux de participation ici », se réjouit un magistrat, observateur pour le compte de la Cour constitutionnelle malienne, présent dans un bureau de vote de Bamako. Un contraste avec la partie nord du pays où la ferveur n’était pas au rendez-vous.

L’exemple du camp de Mbéra, le plus important à accueillir des réfugiés maliens en Mauritanie, est parlant : « Il y a eu un afflux de personnes, mais 2/3 d’entre eux n’avaient soit pas vu leurs noms, soit ne s’étaient pas vu délivrer leurs cartes », selon un responsable des réfugiés, qui indique que "sur 8014 inscrits, seules 800 personnes ont pu voter ». Un faible taux de participation dans ce camp où 75’000 réfugiés sont recensés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).

Autre bémol : la région de Kidal « a voté », mais seulement « symboliquement », c’est-à-dire qu’on y a déployé un dispositif, mais les bureaux de votes étaient désertés par les électeurs dont certains ont préférés brandir le drapeau de l’Azawad, en signe de protestation dans cette ville du Mouvement National de Libération de l’Azawad (Mnla). « Nous pensons que le plus important, c’est que les élections se soient tenues sur toute l’étendue du territoire, y compris à Kidal », déclare Kadré Désiré Ouédraogo, observateur pour la Communauté ouest africaine (Cédéao).

Après le premier tour du 28 juillet, les observateurs se disent globalement « satisfaits du déroulement des scrutins », malgré les nombreux dysfonctionnements signalés. Si l’un des candidats ne remporte pas la majorité des voix à l’issue des résultats, un deuxième tour est prévu le 11 Aout. Un vaste chantier attend le président qui sera élu par les Maliens.

« Refondation de l’Etat »

La chute subite de l’ancien régime d’Amadou Toumani Touré avait fait découvrir au monde un pays qui cumulait pourtant « de bonnes notes » des institutions internationales, qui clamèrent jadis, le Mali en « bon exemple » dans le processus démocratique en Afrique de l’Ouest. Cette époque est bien révolue, beaucoup se sont rendus compte que cette réputation était basée sur une politique consensuelle de dissimulation des affaires. La mise en lumière d’une corruption au plus haut niveau de l’Etat montrera une démocratie malienne de façade.

Le redressement de ce tableau si sombre est l’enjeu de taille pour le prochain président malien. Les candidats ont-ils vraiment mesuré l’importance des tâches qui leur incombent une fois à la tête d’un Etat qui n’existe pratiquement plus que sous la perfusion internationale ?

De plus, vu les précédentes rébellions et les accords passés sans suite, il faudra cette fois-ci, régler de manière approfondie et durable « la question Touareg », autre mission pour le futur chef de l’état.

« Réconciliation et développement pour le Nord-Mali »

On parle souvent de mille milliards de francs cfa qui auraient été investis dans le développement des régions du nord, à partir de la moitié de la décennie quatre vingt-dix. Mais vu le désarroi d’une majorité des habitants de ces régions on est tenté de se demander où est passée cette faramineuse somme ?

Pour pousser la réflexion sur la crise cyclique du nord, il y a une nouvelle donne dans la rhétorique des revendications Touareg : la naissance d’une société civile très forte, qui rejette tout amalgame avec les groupes armés. Ce renouveau est porté par « l’Organisation des Sociétés Civiles de l’Azawad ». L’Osca regroupe une diversité ethnique issue de la région de Tombouctou, tout en prônant une ouverture pour les autres régions du nord-mali. « Il faudra impérativement des pourparlers inclusifs, sur le statut et le développement du Nord-Mali avec le prochain président légitiment élu », explique Abdoullahi Ag Mohamed El Maouloud, président de l’Osca.

Ainsi, chaque région du septentrion malien (Tombouctou, Gao, Kidal), prendra part au dialogue, prévu par l’article 21 de l’accord de Ouagadougou, soixante jours après les élections présidentielles. Pour ce faire, il est crucial pour le président nouvellement élu à Bamako, de procéder à une étude profonde de la crise et de ses évolutions avec le concours et l’implication des acteurs traditionnels, notamment les chefs coutumiers et les représentants des sociétés civiles, pour s’assurer d’une légitimité de représentation des différentes tribus et régions touarègues.

Le futur président a un vaste chantier pour « refonder le Mali », remettre ce pays sur la voie de la paix, de la réconciliation, de la démocratisation et du développement. « L’élu » sera-t-il à la hauteur des attentes maliennes ?

Intagrist Al Ansari
pour InfoSud
 
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