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Mali: l’armée malienne pointée du doigt par l’ONU


Actualité
Mercredi 13 Mars 2013 - 08:54

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a accusé, mardi 12 mars, des soldats maliens d’avoir mené des représailles contre plusieurs groupes ethniques, depuis l’intervention militaire française dans le nord du Mali, le 11 janvier. C’est la première fois que l’armée malienne est visée par l’ONU, qui demande au gouvernement d’enquêter en vue de juger les responsables.


Un soldat malien, à proximité du village de Kadji à Gao, le 1er mars 2013. REUTERS/Joe Penney
Un soldat malien, à proximité du village de Kadji à Gao, le 1er mars 2013. REUTERS/Joe Penney
Ces accusations émanent des conclusions d’une mission d’observation menée par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, depuis le 18 février. Après avoir rencontré des témoins, des victimes et des familles de victimes, l’équipe déployée au Mali a pu mettre en lumière une « augmentation des représailles » par des soldats de l’armée malienne « contre des personnes qui sont prises pour cible » et qui visent notamment les membres de groupes ethniques tels que les « Peuls, Touaregs et Arabes » ou encore des personnes « étant perçues comme ayant soutenu les groupes armés » qui ont pris le nord du Mali, l’année dernière, a précisé Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

Parmi les représailles, elle cite notamment plusieurs cas, à Sévaré, de « corps qui ont été retrouvés au fond de puits » et aussi plusieurs cas de « violences sexuelles contre des femmes appartenant à ces minorités - notamment des femmes de la communauté Bella - et ces femmes sont aujourd’hui stigmatisées, notamment celles qui tombent enceinte, suite à ces viols » a-t-elle ajouté.

Les équipes du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme se disent également préoccupées par la situation « exacerbée par la diffusion de messages incendiaires y compris à travers les médias qui stigmatisent ces communautés et qui ont forcé des milliers de personnes, qui se sentaient en danger, à quitter leur domicile », devenant des déplacés internes en d’autres parties du pays ou bien des réfugiés, a également souligné Cécile Pouilly.

Appel à une enquête très rapide

Le Haut-Commissariat demande donc aux autorités maliennes d'enquêter et de punir les responsables.

Présent à Genève - dans la salle du Conseil des droits de l’homme - le ministre malien de la Justice, Malick Coulibaly, a déclaré que les allégations d’exactions imputables aux forces maliennes sont « le fait d’actes isolés dont les auteurs seront poursuivis et punis », avant d’ajouter que « d’ores et déjà, des militaires soupçonnés d’exactions ont été (…) remis à la justice malienne », tout en poursuivant que « le Mali n’est pas en guerre contre une ethnie, une race, une religion ou une région » a souligné Malick Coulibaly.

Le ministre malien a, par ailleurs, souligné que son pays a demandé, dès 2012, à la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter sur la situation afin de lutter contre l’impunité et a mis en place d’une commission d’enquête.

L’organisation onusienne se félicite de tous les efforts qui puissent contribuer à faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé mais pour la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, il faut que le processus soit bien plus rapide.

Réagissant à ces accusations de l’Onu contre l’armée malienne, le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a affirmé qu’il n’avait pas « connaissance de tant d’exactions que cela » tout en poursuivant que « les médias ne devraient pas se faire l’écho d’affirmations qui ne correspondent pas à la réalité » et qui évoquent des « exactions imaginaires », a-t-il déclaré lors d’un point de presse, ce mardi 12 mars, à Dakar où il s’est entretenu avec le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, au terme d’une visite entamée lundi. Le président malien a par ailleurs réaffirmé que les coupables seraient poursuivis.

Un sujet d’inquiétude pour la France

Les informations sur des représailles menées par l’armée malienne contre les Touaregs ou les populations arabes dans le nord du pays, soupçonnés d’avoir soutenu les islamistes, ne sont pas nouvelles. Elles représentent, depuis le début, un sujet d’inquiétude pour la France, engagée auprès des Maliens pour la reconquête du nord du pays.

C’est ce qu’a rappelé, ce mardi 12 mars, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Il réagissait aux accusations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme : "La France doit être extrêmement stricte. Il n’est pas question qu’il y ait des exactions de la part des forces armées" a dit le ministre français.

Source : rfi
Mamoudou Kane


              

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