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Mali: La guerre vue de Kidal


Lu sur le web
Lundi 14 Janvier 2013 - 00:01

Contacté hier par téléphone, Cheikh Awissa, un des leaders du mouvement Ançar Eddine, nous a décrit, à partir de Kidal, la situation vécue par la population de cette ville du nord du Mali avec la guerre qui a commencé vendredi dernier.


Des combattants d'Ansar Eddine, à Kidal, au nord-est du Mali
Des combattants d'Ansar Eddine, à Kidal, au nord-est du Mali
«Je dois commencer par dire que si le mouvement Ançar Eddine a décidé de se déployer à Konna, c'est uniquement pour protéger les civils contre les exactions commises par l'armée malienne qui a tué, ces derniers temps, beaucoup de personnes innocentes», a-t-il lancée d'emblée. «Nous n'avions aucun choix. L'armée malienne venait de tuer 50 personnes à Safari, 16 personnes à Daimen, comme elle a tué 12 personnes dans des endroits différents.

C'étaient des civils qui n'ont rien à voir avec la situation vécue par le Mali», ajoute-t-il. «Ils tuaient des innocents et face à cela Ançar Eddine ne pouvait pas rester les bras croisés. Nous avons, donc, décidé de nous déployer à Konna pour empêcher de nouvelles tueries», dira ce membre dirigeant d'Ançar Eddine.

«L'opinion publique mondiale, en particulier la France, n'a pas dénoncé les massacres commis par l'armée malienne contre les populations civiles», dénonce-t-il. «Pourtant, nous avons fait preuve d’un geste de bonne volonté en libérant 600 militaires maliens que nous détenions à Méskana», ajoute Cheikh Awissa.

«Je suis actuellement à Kidal et je vous parle de cette ville où la population, non habituée aux guerres, vit dans une peur indescriptible», nous dira Cheikh Awissa. «Les gens sortent rarement de chez eux, de peur d'être les nouvelles victimes des hélicoptères français. Les denrées, qui étaient en quantités suffisantes avant le déclenchement des hostilités, deviennent rares et même l'eau potable est difficile à trouver», témoigne-t-il. «L'armée française ne fait aucune différence entre un militaire et un civil dans ses bombardements et c'est ce qui provoque la peur de la population de Kidal», selon ce membre dirigeant d'Ançar Eddine.

«Les gens sont contraints de parcourir des dizaines de kilomètres pour s'approvisionner de l'un des rares puits non encore taris. Depuis le début des hostilités, vendredi dernier, les gens se déplacent de moins en moins, de peur d'être surpris par un hélicoptère français en cours de route», lance-t-il. «Les enfants ne sortent plus, eux qui étaient auparavant chargés de remplir les récipients en eau», témoigne Cheikh Awissa.

«Le pilonnage vise à saboter les négociations d'Alger et du Burkina Faso»
Pour ce membre dirigeant d'Ançar Eddine, «le but de l'intervention militaire française est connu. C'est de détruire les infrastructures des villes du nord du Mali contrôlées par Ançar Eddine». «L'autre but de cette intervention est de saboter les négociations d'Alger et de Ouagadougou qui se déroulaient en vue de trouver une solution pacifique à la crise», nous dira encore Cheikh Awissa. «La France est connue pour son passé colonialiste. Ce même colonialisme qui revient pour tenter de s'accaparer des richesses de la région», selon ce membre dirigeant d'Ançar Eddine.

«Nous sommes prêts à l'affrontement avec l'armée française»
Pour ce qui est des combats sur le terrain, Cheikh Awissa dira que «nous sommes prêts à l'affrontement avec l'armée française». «C'était un devoir pour nous, à Ançar Eddine, de nous préparer à la guerre, même si nous préférons une solution pacifique. Nous nous sommes préparés à cette guerre, donc nous sommes prêts à l'affrontement», ajoute-t-il.
Cheikh Awissa critique le président malien par intérim, Diancounda, qu'il a qualifié de «partisan de l'intervention militaire étrangère».

«Des affrontements nous opposent actuellement aux forces spéciales françaises près de Konna»
Se trouvant hier à Kidal, fief d'Ançar Eddine, Cheikh Awissa recevait les «nouvelles du front» qui lui sont communiquées par d'autres membres de ce mouvement islamiste. «En ce moment (hier dans l'après-midi, ndlr) des affrontements nous opposent aux forces spéciales françaises non loin de Konna», nous dira-t-il.

Ce membre dirigeant d'Ançar Eddine, qui rappelle que deux hélicoptères de l'armée française ont été abattus depuis le début de la guerre vendredi dernier, nous dira ne pas être au courant si des combattants du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) participent aux accrochages aux côtés d'Ançar Eddine. Pour ce qui est d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), Cheikh Awissa dira que «ces mouvements se sentent concernés du moment que la France est intervenue militairement, ce qui ne veut pas dire qu'ils combattent à nos côtés».

Mounir Abi
www.letempsdz.com


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