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Mali : Des casques bleus d'ici à trois semaines


International
Mercredi 13 Février 2013 - 11:20

Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait parvenir dans un délai de deux à trois semaines à un accord sur le déploiement de casques bleus au Mali, a déclaré Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint de l'ONU aux opérations de maintien de la paix, mardi 12 février.


Des blindés de l'armée française à Gao, le 10 février 2013. | Sylvain Cherkaoui
Des blindés de l'armée française à Gao, le 10 février 2013. | Sylvain Cherkaoui
Le déploiement de la force onusienne devrait se faire avant les élections, prévues au plus tard le 31 juillet, censées rétablir un pouvoir civil démocratiquement élu au Mali après le coup d'Etat militaire de mars 2012, a-t-il précisé.

Les casques bleus déployés au Mali pourraient être environ six mille, mais leur nombre dépendra de celui de la Misma, censée compter huit mille soldats à terme. Le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU nécessite une résolution du Conseil de sécurité mais aussi l'accord des autorités maliennes. Ces dernières se sont montrées réticentes jusqu'à présent, de crainte qu'un tel déploiement n'entérine une partition de fait du Mali, à l'image du Soudan. Les modalités de la collaboration entre cette force de l'ONU et la Misma, la force africaine sous mandat onusien, restent à définir.

DES OBSERVATEURS POUR ÉVITER UN CYCLE DES REPRÉSAILLES

La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a lancé mardi un appel solennel à tous les protagonistes du conflit malien pour qu'ils "empêchent les représailles". "Les attaques et les ripostes risquent d'entraîner le Mali dans une spirale de violence catastrophique", a déclaré Mme Pillay devant le Conseil de sécurité, qui débattait de la protection des civils dans les conflits armés.

Des associations de défense des droits de l'homme ont accusé les troupes gouvernementales maliennes, qui ont repris le contrôle du nord du Mali aux côtés des forces françaises, de s'en prendre aux civils d'origine arabe ou touareg, soupçonnés d'être complices des islamistes.

Plusieurs ONG s'inquiètent des exactions commises au Mali.

Mme Pillay a rappelé que des observateurs de l'ONU chargés des droits de l'homme étaient arrivés la semaine dernière à Bamako. Lors du débat, l'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud, a souhaité un "déploiement rapide" de ces observateurs prévus par la résolution 2085 de l'ONU sur le Mali.

LES CRAINTES D'UN ENLISEMENT

Face à l'évolution sur le terrain, le Canada fait part de ses hésitations."Je me dois de rester prudent à propos de l'envoi potentiel de centaines de militaires canadiens sur le sol malien, comme certains l'ont réclamé", a déclaré le ministre des affaires étrangères canadien, John Baird, répétant que son gouvernement n'enverrait aucune troupe de combat. "C'est vraiment une insurrection qui est en train de se produire sur le terrain, comme ce que nous avons vu en Irak ou en Afghanistan", a averti le chef de la diplomatie lors d'une audition devant le comité permanent des affaires étrangères et du développement international de la Chambre des communes.

M. Baird s'est dit également dubitatif quant à la volonté de Bamako d'autoriser une mission de maintien de la paix de l'ONU, comme le souhaite la France. Il a ajouté que son gouvernement n'avait "pas pris de décision sur le fait de fournir ou non de la formation [militaire]", alors que l'Union européenne doit déployer ces jours-ci quatre cent cinquante soldats européens, dont deux cents instructeurs. "J'aurais des inquiétudes à fournir une formation à des militaires qui ont mené un coup d'Etat et renversé un gouvernement démocratiquement élu", a fait valoir M. Baird.

SÉCURISER LES FRONTIÈRES LIBYENNES

La Libye a sollicité, mardi, l'aide des puissances occidentales et des pays voisins pour assurer la sécurité à ses frontières et empêcher les islamistes chassés du nord du Mali de s'y installer. La crise malienne a elle-même éclaté avec l'irruption de miliciens tribaux équipés d'armes récupérées à la faveur du soulèvement libyen, qui allaient et venaient en toute liberté malgré les frontières.

Les Etats et organisations représentés, parmi lesquels figuraient les Etats-Unis, l'ONU, la Ligue arabe, l'Union européenne et l'Union africaine, ont adopté un "plan de développement de la sécurité nationale" et un "plan de développement de la justice et de l'Etat de droit", selon un communiqué du Quai d'Orsay. Le ministre des affaires étrangères libyen, Mohammed Abdelaziz, a précisé que la France, la Grande-Bretagne, la Turquie et d'autres avaient promis une aide technique et matérielle, mais il a souhaité davantage pour assurer la sécurité des 4 000 kilomètres de frontières.

Sources : Reuters et AFP
Mamoudou Kane


              

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