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Mali : Dans l'Adrar des Ifoghas, la lente progression des soldats français et tchadiens


International
Lundi 4 Mars 2013 - 11:22

Samedi 2 mars, deux soldats, un Français et un Tchadien, ont été tués dans le nord du Mali lors d'affrontements avec les jihadistes dans l'Adrar des Ifoghas, et plus précisément dans la vallée d'Ametetai. Selon l'état-major français, au moins «une quinzaine de terroristes» ont été tués le même jour dans l'Adrar des Ifoghas. La zone d'Ametetai est reculée, isolée et très difficile d'accès. Les avancées se font donc tout doucement. Par ailleurs, la mort du chef jihadiste Abdelhamid Abou Zeid n'est toujours pas confirmée mais selon le chef d'état-major français, celle-ci est «probable», a-t-il déclaré ce lundi matin sur Europe 1.


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Massifs de l'Adrar des Ifoghas
Massifs de l'Adrar des Ifoghas
Base bien connue des éléments d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui y ont hiverné à plusieurs reprises, la vallée d'Ametetai, au sud de Tessalit, est une zone propice pour se cacher et tendre des embuscades. Depuis vendredi, soldats tchadiens et français y progressent pas à pas.

Le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major français, donne quelques détails sur la teneur des affrontements : « La plupart des combats s’effectuent à très, très courte distance, relate-t-il. On peut quelquefois ouvrir le feu sur un ennemi ou un ennemi nous ouvre le feu, à des distances quelquefois inférieures à 50 mètres, voire moins. »

« On a face à nous un adversaire qui est fanatisé, et donc il défend fermement les positions sur lesquelles nous sommes obligés, successivement, de donner l’assaut, fouiller et réduire ces positions », explique le colonel français.

Jihadistes en terrain connu

D'importantes caches d'armes ont été découvertes, ainsi que du matériel de radio-transmission et des ordinateurs. C'est par ailleurs dans cette vallée d'Ametetai que le Tchad affirme avoir tué Mokhtar Belmokhtar. Mais un officier tchadien contacté sur le terrain explique à RFI ne pas avoir vu la dépouille du chef jihadiste.

« Ce sont sept prisonniers qui nous ont dit que nous avons détruit leur base et que leur chef fait partie des victimes », explique cette source. Dimanche 3 mars, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a indiqué ne pas être en mesure de confirmer la mort de Mokhtar Belmokhtar.

Ce que l'on sait en revanche, c'est qu'un général et trois autres militaires de l’armée tchadienne, tous blessés au combat dans le nord-est du Mali, ont été admis dans un hôpital de Bamako. Leur vie ne serait plus en danger, mais certains d’entre eux reconnaissent que sur le terrain, là-bas dans le massif de l’Adrar des Ifoghas, la situation est parfois très difficile. Clairement, les jihadistes sont en terrain connu et sont préparés à se battre.

Prisonniers de guerre

Certes, le concours de l’aviation française est précieux, mais les combats rapprochés, les « corps à corps », sont souvent inévitables. Les soldats tchadiens, par exemple, n’hésitent pas à parcourir plusieurs kilomètres à pied, à l’intérieur des ceintures de montagnes. L’objectif est de provoquer l’ennemi, de l’attaquer dans ses bases plutôt difficiles d’accès.

Les hommes du président Idriss Déby, appuyés par les Français, affirment avoir le courage et la détermination. Ils auraient fait des prisonniers, mais l’ennemi est loin de s’avouer vaincu. Certains combattants jihadistes sont tout aussi déterminés que les Tchadiens. Ils sont persuadés qu’ils bénéficient d'une protection divine.

Décryptage de la stratégie de discrétion française concernant le Mali

"On peut comprendre cette stratégie française avec, derrière, la volonté de mettre en avant, toujours, les alliés africains depuis le début de la crise. Il y a plusieurs autres explications: il est possible que des doutes persistent et que la France, ne souhaitant pas se voir accusée d'utiliser un mensonge, préfère se défausser sur l'allié tchadien. Il y a encore une autre analyse, qui serait que tant que les otages ne seront pas retrouvés, la France veut continuer son action, ne pas être parasitée par une annonce qui risquerait de générer des velléités de représailles des éléments liés à Aqmi. (... Encore une autre explication, qui relèverait de la guerre psychologique, à savoir faire croire que ces leaders d'Aqmi sont tués pour créer une réaction au sein des réseaux, qui permettrait de pouvoir mieux repérer le reste des éléments d'Aqmi, qui pourraient conduire à une libération d'otages" analyse Anne Giudicelli, fondatrice de la société Terrorisc, spécialisée dans les risques politico-sécuritaires.

Lu sur rfi
Mamoudou Kane


              

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