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Malek Chebel, l’islamologue qui cherche la lumière


Culture
Vendredi 11 Octobre 2013 - 12:32

Le philosophe Malek Chebel vient de lancer la revue Noor, qui livre une vision apaisée de l’islam. A l’heure où l’islamophobie devient un thème récurrent du débat politique français, l'écrivain algérien a décidé d’aller à l’encontre des idées reçues sur la religion qui occupe une place essentielle dans l’imaginaire des Français.


Malek Chebel, l’islamologue qui cherche la lumière
Malek Chebel fait fi des idées reçues: le philosophe vient de créer la revue Noor, (lumière en arabe). Une publication de grande qualité qui veut revisiter « l’Islam des lumières », un concept qui lui est cher.
 
« Il s’agit d’évoquer l’islam moderne, celui de la tolérance », explique l’écrivain algérien, auteur d’une trentaine d’ouvrages consacrés à l’islam et à sa place dans la société. « Le problème, analyse-t-il, c’est que les musulmans laissent le plus souvent le monopole de la parole aux plus extrémistes. Les modérés se plaignent de ne pas avoir un lieu pour s’exprimer. Je me suis dit qu’au lieu de se victimiser, il valait mieux créer son propre espace de réflexion».
 
Revue de débat et réflexion, Noor comporte de très longs textes mis en valeur par une maquette élégante et sobre. Noor se veut un « prélude à une pensée libre autour du vivre ensemble et à fortiori avec l’islam ».
 
« Instaurer un vrai dialogue »
 
Ses colonnes ne sont pas uniquement ouvertes aux musulmans: aux côtés de l’humoriste Fellag ou de l’écrivain albanais Ismaël Kadaré, la parole est aussi donnée à l’historien français Marc Ferro. « Il faut instaurer un vrai dialogue. Je veux dire un débat libre, l’essentiel c’est que les intervenants aient des arguments de qualité », estime Chebel qui avoue bien volontiers ses convictions en matière de foi: il considère que les partis religieux n’ont pas leur place sur l’échiquier politique. 
 
« Ils ont échoué en Egypte. La religion doit rester dans la sphère privée », affirme l’essayiste qui s’étonne du succès rapide qu’a connu sa revue. « D’emblée, Noor a rencontré son public. Nous sommes largement diffusés en France, mais aussi en Afrique. Il y a des lecteurs pour les textes de qualité dès lors que la pensée est originale. Je vais même ouvrir nos colonnes à des agnostiques, cela fait partie du dialogue », explique le fondateur de Noor, qui met lui-même la main à la plume pour alimenter les colonnes de sa revue : l’écriture occupe une place sacrée dans son existence.
 
« Chaque matin, de 9 heures à 13 heures, je refuse toutes les propositions que l’on me fait. Je suis à mon bureau en train d’écrire », confie Malek Chebel qui vient de publier Cent questions sur l’Islam (Ed. de La Boétie), ouvrage où il livre des clés pour comprendre cette religion qui fait parfois peur aux Français.
 
« J’adore faire de la pédagogie. Il n’y a pas de sujets tabous. J’aborde même régulièrement le thème de la sexualité. Mais c’est vrai que ma liberté de ton me vaut d’être fréquemment mal vu de dignitaires du monde arabo-musulman. Bizarrement, mes livres sont traduits dans une quinzaine de langues, mais pas en arabe. Je suis rarement invité à faire des conférences dans le monde arabe et on ne m’a jamais proposé de séminaire à l’université en Algérie, le pays où j’ai pourtant effectué la première partie de mes études supérieures ».
 
« L'islam n'est plus une grande inconnue »
 
Malgré les critiques des islamistes qui lui reprochent sa conception libérale de la religion, il n’entend pas abandonner son bâton de pèlerin de « l’Islam moderne » et apprécie le fait de disposer d’une quadruple casquette (diplômé en anthropologie, psychanalyse, philosophie et sciences politiques).
 
« Cela me permet de mélanger les concepts et de ne pas m’enfermer dans les « jargons universitaires », souligne-t-il. Croyant aux vertus de la pédagogie, cet intellectuel médiatique qui donne des conférences dans le monde entier constate que l’islam commence à sortir de l’ombre : « Il y a quelques années, les gens assistant à mes conférences ne savaient presque rien sur cette religion. Leurs connaissances ont énormément progressé. L’islam a cessé d’être une grande inconnue ».

Pierre Cherruau
pour RFI
Mamoudou Kane


              

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