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Macky Sall-Abdoulaye Wade : la guerre des militants


International
Jeudi 16 Mai 2013 - 14:00

On va vers un samedi de tous les dangers. La raison, les militants du PDS (Parti démocratique sénégalais) d’Abdoulaye Wade et ceux de l’APR (Alliance pour la république) du Président Sall veulent battre le macadam le même jour. Si le jeunes de l’APR ont vu leur marche de demain interdite par le Préfet de Pikine, les femmes qui militent pour Macky Sall attendent d’avoir leur quitus pour battre le macadam, le même jour que les alliés de Wade. Des marches qui, si elles sont autorisées, risquent de virer à une bataille rangée, car il pourrait y avoir des infiltrations chez les femmes de l’APR par les jeunes de cette même formation politique.


Macky Sall-Abdoulaye Wade : la guerre des militants
Le 23 avril, les membres du PDS avaient organisé une marche pour protester contre l’arrestation du fils de l’ancien président de la République, Karim Wade, emprisonné le 17 avril. Une marche qui avait eu un succès retentissant, puisque les frères du parti libéral annonçaient plus de 100 mille participants. Surveillés comme de l’huile sur le feu par 700 éléments des forces de l’ordre, notamment 400 policiers et 300 gendarmes, les randonneurs n’ont causé aucun dégât matériel. Mais la mobilisation allait être lourde de conséquences.

« Mobilisez-vous et marchez tous les mercredis »

Ayant suivi l’évènement en « direct », à travers le net et les coups de fil reçus, l’ancien président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade, avait, le même jour, dit sa satisfaction de cette forte mobilisation de la famille libérale et d’une partie du peuple mécontent de la gestion actuelle du pays. Mieux, Wade, grand habitué des rebellions et autres émeutes pour avoir affronté le régime socialiste durant 25 ans, demande ouvertement à ses militants de se mobiliser et de battre le macadam tous les mercredis.

Un appel qui ne sera pas aussitôt suivi puisque le mercredi suivant a été plus calme que d’habitude. En réalité, ce n’était que partie remise puisque les libéraux avaient préféré reculer pour mieux sauter. C’est ainsi qu’ils avaient prévu de remettre ça le 8 mai dernier. Sauf que les services de renseignements généraux du Sénégal avaient très tôt alerté Macky Sall sur le danger que pourrait représenter une marche de ces libéraux, renforcés par une population de plus en plus remontée, sur des axes comme Pikine et Thiaroye, la banlieue dakaroise.

La marche du PDS interdite par le Préfet

Conscient du risque de débordement de cette marche qui allait avoir lieu dans un contexte politique (Karim Wade en prison, d’autres libéraux traqués), économique (les Sénégalais sans le sou, face à des denrées chères) et social délétère (déguerpissement des marchands ambulants de certaines artères de Dakar), le Préfet de Pikine interdit la marche. De l’École 6 où devait prendre départ la marche au Centre Léopold Sédar Senghor de Pikine, on pouvait voir les forces de l’ordre, armées jusqu’aux dents, avec notamment des grenades lacrymogènes, prêtes à faire face à tout contrevenant. La marche tombe à l’eau. Les libéraux y voient la main de Macky Sall et tirent à boulets rouges sur le Président qu’ils accusent de faire de Karim Wade un prisonnier politique. Pour les disciples d’Abdoulaye Wade, ce n’est que partie remise. En effet, rendez-vous est encore pris samedi 18 mai prochain, pour une autre marche de protestation, toujours dans la banlieue dakaroise.

Marche pour marche : le « pour » opposé au « contre »

Sauf que cette fois-ci, les alliés de Macky Sall ne veulent pas, et sous aucun prétexte, rester les bras croisés. Les jeunes de l’APR qui avaient prévu d’organiser une marche ce jeudi ont buté sur un refus du même Préfet de Pikine, qui ne veut toujours pas courir le risque de laisser circuler dans cette zone sensible de Dakar, des centaines de milliers de Sénégalais. Cette marche des jeunes apéristes allait sans aucun doute servir de baromètre et à l’audience actuelle de Macky Sall auprès de la population, et à la capacité de nuisance des alliés du Président face à une mobilisation des partisans de Wade. Sauf qu’elle n’est pas autorisée.

Reste la grande marche des dames de l’APR qui, compte tenu de l’itinéraire choisi, a un point de jonction avec celle des libéraux. Conséquences : une marche pourrait en cacher une autre ou pourquoi pas, se transformer en bataille rangée, en cas d’infiltration des jeunes de l’APR qui ont vu le Préfet interdire leur marche de ce jeudi. L’on sait que les militants de Macky Sall ont pour objectif de dire leur satisfaction quant à la gestion du pays par leur leader, là où les inconditionnels d’Abdoulaye Wade comptent crier leur ras-le-bol face à un contexte politique, économique et social qu’ils disent des plus désastreux. Bref, une guerre déclenchée entre Macky Sall et Abdoulaye Wade, par militants interposés. Affaire à suivre.

Source:[Afrik]urlblank:Afrik.com
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