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MÉDIATION MAURITANIENNE DANS LE NORD MALIEN : BAMAKO SERAIT-IL INGRAT ?


Actualité
Mercredi 28 Mai 2014 - 09:53

Alors que les leaders de la communauté internationale et les dirigeants des puissances mondiales continuent d’adresser leurs vives félicitations au Président mauritanien Ould Abdel Aziz pour sa médiation réussie dans le conflit intermalien, couronnée par un cessez-le-feu entre les frères ennemis, c’est un autre ton ironique voire cynique qui se dégage du Mali profondément meurtri, encore menacé par le brasier de la séparation.


MÉDIATION MAURITANIENNE DANS LE NORD MALIEN : BAMAKO SERAIT-IL INGRAT ?
Moins d’une semaine avec l’exploit inédit réalisé par le Chef de l’Etat mauritanien, également Président en exercice de l’Union Africaine, suite à son déplacement sans précédent pour un dirigeant africain depuis la création de l’Union Africaine il y a 5 décennies, sur un terrain de guerre fratricide meurtrière, pour arracher un cessez-le-feu intermalien au peuple frère, abandonné à lui seul par les occidentaux, en premier la France, ses voisins de la sous-région sénégalais, marocain, algérien et nigériens ainsi que par les autres les Etats africains, pour s’efforcer à gérer ses propres crises, le Mali, du moins son quatrième pouvoir vient de montrer sa facette hypocrite, en faisant table rase d’une médiation mauritanienne internationalement saluée. Dans un article paru hier mercredi 27 mai courant, le confrère malien « l’Indicateur du Renouveau » titrait « « Médiation d’Ould Abdel Aziz : IBK soulagé, mais des interrogations demeurent ».

Abordant ces soi-disant questions, le journal introduit son analyse par un style des plus ingrats à l’adresse d’un homme d’Etat, qui vient de tirer le Mali du chaos, au témoignage vibrant des dirigeants de la planète peu prolixes en compliments. « L’implication du président de la République islamique de la Mauritanie, dans le dossier du Nord irrite les observateurs avertis. Ce, au regard de la position que ce dernier a adopté tout au long de la crise que notre pays a connue dans sa partie septentrionale » dit l’indicateur. Et d’ajouter : « En effet, l’homme qui se présente aujourd’hui comme le sauveur du Mali a manqué de courtoisie au plus fort de l’occupation armée. Et, ceux qui ont suivi ses interventions se souviennent des accusations gratuites et des mots durs qu’il lançait à l’encontre de notre pays. A la limite, le président mauritanien n’avait plus d’égard pour nos autorités ». Et de poursuivre : « malgré le fait que son territoire ait été le laboratoire des grands terroristes et autres trafiquants de drogue, le Mali lui a accordé même le droit de poursuite sur son sol.

La suite on la connaît, l’armée mauritanienne a abusé de cette faveur en causant des dégâts énormes dans plusieurs villages, hameaux et campements où des populations civiles ont été tuées ». Le confrère continue comme un pestiféré sans campagne contre le Président mauritanien, perdant de vue que le cessez-le-feu intermalien arraché par Ould Abdel Aziz est le moteur principal de la stabilité précaire qui prévaut actuellement dans ce pays, qui ne tient qu’au courage du Président mauritanien et de la bonne aura dont il dispose auprès des touaregs encore assoiffés d’utiliser leurs armements pour avoir leur droit à la souveraineté. L’indicateur qui trouve bon gout à accuser l’homme fort mauritanien de tous les maux, ajoute : « pPis, sous la pression de Nouakchott, la justice malienne a jugé et libéré en catimini un terroriste qui n’est autre que Sanda Ould Boumama. Ce dernier est depuis quelques mois en Mauritanie au vu et au su de des autorités de ce pays. Mieux, le propagandiste d’Aqmi dispose de la nationalité mauritanienne et ne semble pas inquiété ».

Et de dire : « plusieurs constats s’imposent pour qualifier la duplicité du chef de l’Etat mauritanien. D’abord, c’est son territoire qui sert de base-arrière aux rebelles du « MNLA », du « MAA » et d’autres bandits armés qui déstabilisent le Mali. C’est dans la capitale mauritanienne que la tête pensante du groupe séparatiste, Nina Wallet Intalou peaufine les stratégies pour réaliser l’utopique République de « l’Azawad », elle jouit du titre honorifique d’ambassadrice ». Plus loin l’indicateur ajoute : « sans oublier que l’arsenal que les éléments du »MNLA » ont pillé au nord du Mali continue d’être sécurisé en Mauritanie. Et, selon une source crédible, d’importantes quantités d’armes utilisées dans les affrontements de Kidal la semaine dernière par les bandits du »MNLA » contre l’armée malienne sont arrivées à partir de la localité mauritanienne de Faouta ». Poursuivant son analyse hypocrite, le journal dit : « en se proclamant médiateur dans la crise de Kidal, le président mauritanien voulait sûrement redorer son blason et surtout masquer le soutien qu’il a toujours apporté au « MNLA » soulignant que l’un des porte-paroles des rebelles a même soutenu que Mohamed Ould Abdoul Aziz est la personne la mieux indiquée pour gérer la situation.

Car, dira-t-il, il connait bien les exigences du groupe séparatiste ; son hospitalité à l’endroit de ses éléments ne souffre d’aucune ambigüité. C’est donc à juste titre qu’il a obtenu aux forceps un accord de cessez-le-feu avec le MNLA. Et de conclure « en tout cas, son homologue malien, très affecté par la situation, ne pouvait que se satisfaire de la proposition de ses bons offices. Toujours est-il que Mohamed Ould Abdoul Aziz n’a pas été mandaté par l’Union africaine dont il assure la présidence. D’où la question de savoir si IBK a mesuré toute la portée de cette médiation ? Ce qui est reste évident, c’est qu’il y a bien des zones d’ombre dans cet accord de cessez-le-feu et ce sont plutôt les groupes armés qui en sortent gagnants ». En promettant de revenir plus longuement dans les prochains jours sur son jugement ridicule, absurde et hypocrite , l’indicateur du Renouveau peut-il s’exercer dans ses extases médiatiques subjectives, aux visées non avouées, à présenter à l’opinion malienne, africaine et internationale, ce que serait devenu le Mali, si le Président mauritanien n’avait pas écourté son séjour aux assemblées annuelles de la BAD, pour faire calmer les canons crachant des touaregs, à des moments où après une première victoire, leurs unités étaient déjà en route pour la conquête d’autres villes dont Bamako en passant par Tombouctou.

Source: Kassataya
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