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MCM: «Si réellement ils s'en vont, ce ne sera pas pour une grève mais bien qu'il n'y aura plus rien à exploiter»


Economie
Mercredi 28 Décembre 2011 - 11:32

Alors que toute la presse locale reprend en chœur le départ annoncé de MCM d'Akjoujt, le principal syndicat auquel appartiennent l'essentiel des grévistes, ainsi que différents spécialistes de la question s'accordent à dire qu'il n'en est rien, et que c'est une stratégie rodée de la maison-mère First Quantum Minerais en Afrique.


La mine de cuivre de MCM à Akjoujt
La mine de cuivre de MCM à Akjoujt
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C'est une trainée de poudre qui s'est répandue tout l'après-midi et la soirée d'hier : MCM quitterait Akjoujt, notamment suite à la «grève sauvage» de ses contractuels mauritaniens, qui a commencé le 21 décembre et qui perdure encore aujourd'hui.

Il n'en fallait pas plus pour que la presse prolonge ce qui n'était qu'une rumeur, et devenue une «sérieuse menace économique» selon un responsable de l'UPR à Nouakchott, particulièrement pour les 1600 familles mauritaniennes dépendants de la société canadienne. Et si beaucoup pointent déjà du doigt des revendications déraisonnables des grévistes, le SG de la CGTM, Abdallahi Ould Mohamed, dit Naha rétorque que «tous les points posés par les travailleurs, sont des points exprimés par les textes en vigueur par l'employeur. Tous sont donc réalisables! Rien n'est surréaliste dans ce qu'ils ont demandé» explique-t-il. Allant même plus loin en soulignant que «l'entreprise a joué le pourrissement pour ne pas avoir un contre-pouvoir syndical fort, mais il y a eu des négociations, qui aboutiront. Imaginez que sur les 2000 mauritaniens travaillant à MCM, seuls 330 ont des contrats MCM, comme on les appelle».

Pour le SG, les intérêts sont trop grands pour les planter là pour une grève, par ailleurs «justifiée» selon lui. «Ils gagnent des milliards d'ouguiyas par jour! rien que leur production aurifère couvre l'ensemble de leurs charges: il ne faut pas se voiler la face: leur production de cuivre est relativement minime par rapport à l'argent qu'ils se font. Si ils s'en vont c'est qu'ils auront surexploités l'économie minière qui leur était dévolue. Et puis dans leur partie du contrat ils devaient avoir des actions sociales, d'investissement aussi dans la ville d'Akjoujt: Depuis qu'ils sont dans l'Inchiri, ils n'ont pas posé une seule brique» argue Naha.

Un accord a été trouvé entre les deux partie et devrait être signé ce soir.
La Mine d’Akjoujt créée en 2004 et fruit d’un partenariat entre la société canadienne First Quantum Mineral (80%), la firme émiratie Wadi Arrawda (19%) et l’australienne General Gold International (1%). Elle produit annuellement 120.000 tonnes de concentré de cuivre, renfermant plus de 60.000 onces d’or - environ deux tonnes - pour un investissement d’environ 100 millions de dollars US (près de 70 millions d’euros).

Les mêmes litiges au Congo ou en Zambie

Dès qu'on parle d'investissement sociaux, de paiements de droits, la société canadienne, qui tient une réputation sulfureuse dans toutes les régions d'Afrique où elle tient des mines, a tendance à s'enfoncer dans sa carapace, et menace de partir. C'est ce qui se passe actuelle en République démocratique du Congo où un bras de fer juridique l'oppose à l'état suite à l'action de la multinationale canadienne qui s'était permise de verser tous les biens et usines de sa filiale KMT congolaise, au compte d’une société fictive dénommée «Rean Prospecting Mining», pour «éviter de payer plein-pot impôt et droits sociaux de ses travailleurs» selon la presse congolaise.

Pareillement en Zambie, où associé à Glencore, la société canadienne est accusée d'évasion fiscale, et de «non-respect des droits des travailleurs zambiens», dans sa filiale Mopani qui produit un peu moins de 10 000 tonnes de cuivre par an. Le président zambien Sata en personne a récemment demandé à la société minière «d’améliorer tangiblement les avantages sociaux et économiques qu’elle accorde aux zambiens». Bien plus que cela les nouvelles autorités veulent augmenter la participation de l’Etat à au moins 35% dans tous les projets miniers, pour «contrôler d'avantage les extractions faites». Au regard de cette nouvelle posture zambienne, First Quantum a menacé de partir.

Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

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