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MALI. Ce que l'ont sait sur la mort des deux journalistes de RFI


International
Samedi 2 Novembre 2013 - 21:33

Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient en reportage à Kidal dans le nord-est du pays quand ils ont été enlevés puis assassinés.


Claude Verlon et Ghislaine Dupont, journalistes à RFI, ont été retrouvés morts au Mali. (- / RFI / AFP)
Claude Verlon et Ghislaine Dupont, journalistes à RFI, ont été retrouvés morts au Mali. (- / RFI / AFP)
Claude Verlon et Ghislaine Dupont, journalistes à RFI, ont été enlevés puis retrouvés morts au Mali samedi 2 novembre. Ils étaient à Kidal, ville située à plus de 1.500 km au nord-est de Bamako, près de la frontière avec l'Algérie, qui est le berceau de la communauté touareg et de sa rébellion du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

La rédaction de RFI "est sous le choc". François Hollande a exprimé son "indignation" dans un communiqué et annonce qu'il réunira dimanche matin les ministres concernés "pour établir précisément les conditions de ces assassinats".

"Le Nouvel Observateur" fait le point sur les événements qui ont mené à la mort des deux journalistes de RFI.


1/ Pourquoi étaient-ils à Kidal ?

La journaliste Ghislaine Dupont, 51 ans, et le technicien de reportage Claude Verlon, 58 ans, "deux grands professionnels et spécialistes de l'Afrique depuis de nombreuses années", "rendaient compte sur le terrain du quotidien des Maliens à la veille des élections législatives", explique RFI.

Le reportage qu'ils réalisaient s'inscrivait dans le cadre d'une opération spéciale de délocalisation des émissions de RFI prévues le 7 novembre à Bamako. "Cette opération est aujourd'hui annulée", a annoncé la radio.

"Les deux journalistes étaient en reportage. Ils avaient chacun un appareil d'enregistrement et avaient avaient rendez-vous vers la Banque malienne de solidarité (BMS) de Kidal, ils ont été enlevés par des hommes armés qui ont quitté la ville avec eux", a expliqué une source militaire à l'AFP dans la journée.


2/ Comment ont-ils été enlevés ?

C'est RFI qui apporte le plus de précision sur les circonstances de l'enlèvement de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

"Nos confrères avaient été capturés à 13H00 TU à Kidal par quatre ravisseurs qui étaient à bord d'un véhicule pick-up Toyota beige", explique RFI. Les deux journalistes étaient devant le domicile d'Ambeiry Ag Ghissa, un membre du MNLA, qu'ils venaient d'interviewer sur les élections législatives au Mali.

Le représentant du MNLA a assisté à l'enlèvement. "Il a été alerté par un bruit suspect dans la rue, a entrouvert sa porte et a vu les ravisseurs porter des coups de crosse sur le véhicule de nos deux journalistes". Selon Ambeiry Ag Ghissa, les ravisseurs étaient enturbannés et parlaient tamashek et l'ont sommé de rentrer chez lui, mais il les a vus embarquer Ghislaine Dupont et Claude Verlon dans leur pick-up. "Le chauffeur de nos deux reporters, qui a été forcé de se coucher à terre, a entendu Claude Verlon et Ghislaine Dupont protester et résister. C'est la dernière fois que nos confrères ont été vus", continue RFI sur son site internet.


3/ Les circonstances de leur mort encore imprécises

Comment Claude Verlon et Ghislaine Dupont sont-ils morts ? Les circonstances précises restaient inconnues samedi soir. RFI précise, dans un article titré "RFI sous le choc", que "nos reporteurs Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été tués à environ quinze kilomètres à l'est de Kidal, sur la route qui mène à Tinessako".

C'est l'armée française qui a découvert les corps des deux journalistes. Ils "ont été retrouvés par la patrouille au sol vers 14H55 locales à une douzaine de kms à l'est de Kidal à proximité d'un véhicule à l'arrêt", déclare le porte-parole de l'état major, le colonel Gilles Jaron.


4/ Quelle fut la réaction de l'armée française ?

Selon les informations du "Nouvel Observateur", un hélicoptère de l'armée française était en patrouille au-dessus de Kidal à ce moment-là et a pris en chasse les ravisseurs. Il n'a pas pu intervenir avant l'assassinat des deux journalistes.

Selon cette même source, les deux journalistes avaient rencontré les représentants de l'opération Serval avant de se rendre à Kidal afin de bénéficier d'une escorte militaire. Ceux-ci ont refusé, comme pour toute demande émanant de médias, la zone étant considérée comme dangereuse. Claude Verlon et Ghislaine Dupont ont donc décidé de se rendre sur les lieux par leurs propres moyens.

Selon RFI, citant l'Elysée, "aucune autorisation d'usage de la force n'a été demandée ni effectué par les troupes de l'opération militaire française Serval dans la région".

"Aujourd'hui vers 13H15 heures locales, la force Serval a été informée par un ressortissant civil malien de l'enlèvement de deux journalistes français dans la ville" de Kidal, au nord du Mali, explique le Colonel Gilles Jaron. "Un dispositif de surveillance a été mis en place pour tenter de localiser le véhicule dans lequel pouvait se trouver nos ressortissants."

"Ce dispositif constituait dans la mise en place de deux points de surveillance au nord et au nord-est de Kidal, et de l'envoi d'une patrouille d'une trentaine d'hommes sur la piste qui sort à l'est de Kidal. En même temps, deux hélicoptères ont décollé de Tessalit pour tenter de repérer le véhicule", a-t-il précisé.

Nos forces n'ont eu aucun contact visuel ou physique avec un véhicule en fuite", conclut le porte-parole.


5/ Et après ?

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour des faits d'enlèvement et séquestration suivis de meurtres en lien avec une entreprise terroriste, selon une source judiciaire. L'enquête, sous l'autorité du parquet de Paris, a été confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et à la sous-direction antiterroriste (SDAT).

Les présidents français François Hollande et malien Ibrahim Boubacar Keïta ont affirmé samedi leur détermination "à poursuivre et à remporter" le "combat commun contre le terrorisme", après l'enlèvement et la mort de deux journalistes français au Mali.

Lors d'un entretien téléphonique dans la soirée, les deux chefs d'Etat "ont marqué leur volonté de poursuivre sans relâche la lutte contre les groupes terroristes qui restent présents au Nord du Mali", selon un communiqué de l'Elysée.

Paul Laubacher avec agences
Source: nouvelobs.com
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