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Livraison d’armes aux rebelles syriens : la France fait machine arrière


International
Lundi 22 Avril 2013 - 15:33

Les ministres des Affaires étrangères européens se réunissent ce lundi 22 avril 2013 au Luxembourg. Au menu des discussions, il y aura donc la situation en Syrie.


Livraison d’armes aux rebelles syriens : la France fait machine arrière
 La France et le Royaume-Uni espéraient jusqu’à présent convaincre les autres pays européens de lever l’embargo sur la livraison d’armes à la rébellion. Mais la situation a changé. Il y a deux semaines, le Front al-Nosra, un groupe rebelle syrien, a prêté allégeance à al-Qaïda. Pour Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, il y aurait désormais autant d’avantages que d’inconvénients à armer la rébellion syrienne.

Après avoir progressivement accru son engagement aux côtés de l’opposition syrienne, Paris a finalement décidé de jouer la carte de la prudence. Dans le dossier syrien, il n’est plus question de faire cavalier seul comme l’avait envisagé François Hollande, en mars 2013. Le président français et le Premier ministre britannique avaient demandé à leurs partenaires européens de lever l’embargo, mais n’avaient pas exclu d’agir sans leur consentement et de fournir des armes à la rébellion.

Finalement, les autorités françaises se sont ravisées. L’allégeance du Front al-Nosra à al-Qaïda semble avoir refroidi les ardeurs françaises. Le Quai d’Orsay juge désormais trop important le risque de voir ces armes finir entre les mains de mouvements extrémistes. « Sur la Syrie, je ne peux pas dissimuler ma grande inquiétude, parce qu'il n'y a pas de bonne solution », a affirmé Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères.

« Faire bouger la situation politiquement »

Selon Riad Kahwaji, président de l’Inegma, un institut d’analyses militaires au Moyen-Orient, l’inquiétude française est quelque peu exagérée. « Il n’y a pas de risque sur la traçabilité des armes. Les pays occidentaux ne vont pas les parachuter au-dessus de la Syrie en espérant qu’elles atterrissent entre de bonnes mains. Ces pays connaissent très bien leurs interlocuteurs au sein de l’opposition », explique-t-il.

Depuis l’unification de l’opposition syrienne en novembre 2012, la France a fermement soutenu l’idée de fournir des armes aux rebelles syriens. « Lever l'embargo, c'est un des seuls moyens qui restent pour faire bouger politiquement la situation », avait alors déclaré Laurent Fabius.

Ne pas armer les rebelles, une décision politique ?

Même si les pays européens sont en mesure de savoir avec certitude où vont leurs armes, ils ne peuvent plus se permettre d’aider une opposition dont certains membres sont en relation avec al-Qaïda, affirme Agnès Levallois, spécialiste de la Syrie. « On sait très bien que le Front al-Nosra n’est pas la force la plus importante au sein de l’opposition syrienne. Mais sa nouvelle appartenance à al-Qaïda crée une connotation extrêmement négative. Politiquement, la décision d’armer la rébellion devient difficile à assumer », explique la politologue.

Si armer l’opposition est difficile à assumer, ne pas l’armer, c’est entrer dans le jeu de Bachar el-Assad. Le président syrien s’est exprimé le 17 avril 2013 sur une chaîne de télévision officielle. Il s’est encore érigé en rempart contre les mouvements radicaux et a mis en garde les pays occidentaux, qui selon lui jouent avec le feu en finançant al-Qaïda.

Embargo sur les armes : l’incompréhension de l’opposition syrienne

En vigueur jusqu’au 31 mai 2013, l’embargo européen sur les armes devrait très certainement être prolongé. Les deux seuls pays à avoir jusqu’à présent réclamé sa levée sont la France et la Grande-Bretagne. Mais si les autorités françaises sont de plus en plus réticentes à ce sujet, le gouvernement allemand - qui s’est toujours opposé à cette idée - pourrait envisager de changer de position. Toutefois, Berlin suspend sa décision à un consensus européen.

Sur le terrain, la situation est de plus en plus préoccupante. Le général Salim Idriss, chef d’état-major de l’Armée syrienne libre (ASL, rebelles), ne comprend pas le blocage européen. Il estime avoir donné des garanties suffisantes. « Lorsque j’ai rencontré les responsables européens à Bruxelles, je leur ai expliqué que l’Armée syrienne libre n’avait aucune relation avec le Front al-Nosra. Cet embargo n’est préjudiciable qu’aux victimes civiles. J’espère qu’une décision sage sera prise durant la réunion de ministres des Affaires étrangères européens au Luxembourg », dit-il, impuissant.

Si les pays européens n’envisagent pas la levée de l’embargo sur les armes, les ministres des Affaires étrangères réunis ce lundi 22 avril 2013 au Luxembourg pourraient partiellement mettre un terme à l’embargo pétrolier à l’encontre de la Syrie. Une autre façon d’aider l’opposition qui contrôle une partie des champs pétroliers du pays.

Source:RFI
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