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Liberté Économique : 4 piliers pour sortir l’Afrique de «l’esclavage économique»


Economie
Samedi 25 Janvier 2014 - 13:13

Beaucoup en Afrique parlent de liberté économique, mais peu mettent les bonnes réalités derrière ces mots.


Liberté Économique : 4 piliers pour sortir l’Afrique de «l’esclavage économique»
George Orwell n’aurait pu en prédire autant quand il avait écrit son roman 1984, que de son concept fictif de mots étant transformés par la « novlangue » pour signifier leur contraire deviendrait jamais une réalité. En effet, c’est la réalité, ici en Afrique. Juste comme il le disait, la « liberté » s’est métamorphosée en « esclavage » dans sa fiction, en conséquence la « liberté économique » est devenue « l’esclavage économique » presque partout en Afrique.
 
Qu’est-ce que c’est que la liberté économique dans un langage simple et en novlangue ?
 
La liberté économique a une définition bien précise et universellement reconnue dans la mesure où si quelqu’un prédisait à cette époque qu’elle désignerait son contraire et serait prise au sérieux aurait été considéré comme un « ivrogne ».
 
Tout récemment, quelques milliers de personnes se sont manifestés en faveur de la « liberté économique » en Afrique du Sud. Une marche organisée par la ligue de la jeunesse de l’ANC (ANCYL).  Et avec beaucoup de surprises, tous ceux qui prenaient part à cette manifestation n’avaient pas l’air d’avoir une notion sur la liberté économique ou tout simplement ne savaient pas réellement ce que cela signifie. Voyons un peu, exprimer son mécontentement pour quelque chose sans savoir ce que cela signifie. C’est tout comme prendre part à une manifestation en faveur du « christianisme », organisée par les athées sans savoir ce que c’est la religion.
 
La liberté économique est tout simplement l’aspect économique de la liberté, c’est l’absence relative de la propriété gouvernementale et le contrôle des ressources humaines et non-humaines. Des documents expliquant pourquoi la marche était organisée prévoient le contraire … à l’extrême.
 
Analysons :
 
Commençons avec les sujets accablants : comment les dictionnaires définissent la « liberté économique ». Ils ne le font pas du tout , du moins pas comme un concept unique. L’économie c’est la répartition et l’utilisation des ressources limitées, et la liberté est, par exemple, « la liberté de prospérer … sans l’intervention du gouvernement », « l’état d’être libre », et « l’exemption ou la libération du contrôle, la liberté, l’indépendance ».
 
Ce que les définitions reconnues englobent c’est la liberté personnelle, surtout celle relative aux droits de propriétés privées échangeables. Les définitions avancées ne sont employées que pour aboutir à de tels objectifs intellectuels entre autres la mesure du degré de la liberté économique, la formulation des politiques, et la réalisation des comparaisons internationales. Après une décennie de recherches menées par plus de soixante économistes, dont quatre lauréats du prix Nobel, s’établit-il « un large accord sur les éléments fondamentaux, qui sont : la sécurité des Droits de propriété, la liberté de se livrer à des transactions volontaires, l’absence du contrôle gouvernemental et la protection contre l’expropriation gouvernementale ».
 
Et donc voici les «quatre piliers» de la liberté économique,
 
- le choix personnel,
- l’échange volontaire coordonné par les marchés,
- la liberté d’entrer et de concurrencer sur les marchés et
- la protection des personnes et de leurs biens contre toutes agressions.
 
Les deux mesures les plus reconnues de la liberté économique sont l’Indice de la Liberté économique et la Liberté économique dans le Monde. Selon ces derniers « le contrôle du gouvernement … contrevient la liberté économique » et atteindre « la forme suprême de la liberté économique » est « un droit absolu de la propriété privée » et « une absence absolue de coercition ou de contrainte » au-delà de ce qui est nécessaire « pour protéger et maintenir la liberté » . En d’autres termes, la liberté de « travailler, produire, consommer et investir dans la manière que l’on le veut ». Celui-ci se sert des définitions correspondantes et mesure la liberté économique selon près de cinquante critères indépendamment publiés sur la non-ingérence du gouvernement à la propriété privée, l’État de droit, l’absence de formalités administratives, la liberté de la réglementation du marché du travail et de faibles taxes.
 
En bref, ce que toutes les définitions cohérentes supportent est qu’on parle de liberté économique dans la mesure où les gens sont libres de tout contrôle gouvernemental, les gouvernements protègent au lieu de menacer les possessions, et les moyens de production et de distribution sont des propriétés privées. Puisque le mot «liberté» est ambigu, il est parfois utilisé pour désigner l’état d’être « libre de ⁄ du ⁄ de la ∕ d’», comme par exemple, libre de tomber malade, libre de la pauvreté, libre du stress ou de la criminalité. Toute personne raisonnable supporte le fait que la ligue de la jeunesse de l’ANC réclame d’être libre de la pauvreté et du chômage. Attendu que la prospérité et l’emploi décents sont promus par, et seulement par, la vraie liberté économique dans les économies de marché libre, c’est ce que l’ANCYL doit poursuivre. Plutôt, la manifestation a été rejointe littérairement par le fantôme d’un incrédule George Orwell épiant «la tyrannie économique» étant appelée la « liberté économique » avec à peine un commentateur notant l’ironie.
 
Tous les observateurs honnêtes sont d’accord avec l’ANCYL et bien sûr tout autre mouvement sur le continent africain, qu’il y a un bon nombre de difficultés que rencontrent les gouvernements africains. Ces derniers supportent d’ailleurs le fait qu’une action efficace doit être prise en compte afin de pouvoir contrôler la crise du chômage et de la pauvreté en Afrique. Et ceci a tant à donner au concept associable à la liberté économique, comme la vision d’une région « non-raciale, non-sexiste, démocratique, unie et prospère, où tout le monde vivra ensemble en harmonie avec l’égalité d’accès aux opportunités sociales et économiques », tout en appuyant le concept que la liberté économique est la solution. Le problème est la mésentente sur la signification de la liberté économique, et comment il est établi à partir de l’expérience du monde que cela fonctionne.
 
L’érosion de la liberté économique est la principale raison qui explique pourquoi les gens (leaders) n’ayant pas la volonté ou la capacité de produire de la richesse deviennent des élites mégalomanes. Cela ne doit pas être un grand souci. Le problème est que ce serait à l’extrême détriment de ces jeunes chômeurs et indigents qu’ils représentent. Des gens avec des raisonnements logiques sont plus préoccupés par le sort des personnes « au deçà  » que les fortunes de ceux qui sont « au top niveau ». Il y a quelque chose, qui est à la connaissance des pauvres, qui échappe à ceux qui protestent trop contre la pauvreté. Toujours et partout, ils émigrent, en risquant et souvent perdant leur vie, en provenance des pays où il existe moins de liberté économique à des pays où la liberté économique est visiblement et largement observée. Les Américains ne quittent pas leur pays pour le Cuba, les Sud-Coréens ne partent pas en Corée du Nord à la recherche d’une vie meilleure, et les Botswanais n’inondent pas le Zimbabwe. Les pauvres savent que le meilleur endroit pour vivre en pauvreté est là où il y a plus de liberté économique, et que le gouvernement peut faire plus pour les pauvres sans ne rien espérer d’eux. L’Afrique est un continent riche en ressources humaines et naturelles. Pourquoi alors refuser la liberté économique aux Africains ?

Isidore Kpotufe*
Pour Contrepoints


(*) Isidore Kpotufe exerce le métier de journalisme indépendamment au Ghana et dirige le projet francophone du think tank IMANI GHANA.
Mamoudou Kane


              

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