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Noorinfo

Libéralisation de l’audiovisuel: La quasi totalité des licences attribuées à des proches d'Aziz


Société
Lundi 21 Novembre 2011 - 16:52

La Haute autorité pour la presse et l’audiovisuel (HAPA) a publié hier, dimanche 20 novembre 2011, un bref communiqué de presse. Il y accorde des licences de diffusion en faveur de 5 stations radio et 2 chaînes de télévision. Elles ont toutes en commun (à l'exception d'une) d'être proches du pouvoir d'Aziz, et d'avoir des bailleurs de fonds du même clan familial. Décryptage.


Les malheurs des uns…

Les candidats trop indépendants du pouvoir auraient été censurés
Les candidats trop indépendants du pouvoir auraient été censurés

La manifestation d’intérêt de la HAPA, constituant la base de ces offres, a mis en compétition 5 licences de stations radio et 5 autres pour des chaînes de télévision. La HAPA a annoncé avoir rejeté 19 offres pour l’obtention de ces licences; 12 offres pour stations radio et 7 pour les chaînes de télévision. La HAPA n’a pas pris la peine de se justifier. D'autant que cette décision n’est susceptible d’aucun recours.
 

Cependant, des médias citant des sources proches de la HAPA, ont trouvé des justifications dans le «non-accomplissement des dossiers, absences de règlements intérieurs et/ou inexistence de registres commerciaux et/ou manque de clarté sur l’identité de certains actionnaires»; cette dernière justification touchant les 5 dossiers radios les plus solides techniquement et financièrement.
 

Le paradoxe tient au refus de la HAPA d’accorder des licences à des médias qui diffusaient, clandestinement, en ondes et sur internet, au vu et su de tous, jusqu'à récemment, dans l’indifférence totale des autorités du pays. C’est le cas notamment des groupes DAVA et Chinguetty.
 

La HAPA a rejeté les offres de certains professionnels de la presse en générale, et de l’audiovisuel en particulier. C’est le cas du groupe «Es Siraj», du groupe Intaj et des journalistes Mohamed Abdellah Ould Bezeïd (un des doyens des journalistes de Radio Mauritanie), Sylla Boubacar (journaliste de Radio Mauritanie et ancien correspondant de Reuters), Cheikh Ould Bekaye (ex-correspondant de la BBC arabic), Deddah Ould Abdellah (d’Al Jazeera), Mohamed Abdellahi Ould Memmine (précédemment journaliste à Radio Mauritanie, actuellement correspondant ambulant de la chaîne iranienne arabophone El Alam).


… font le bonheur des autres

Libéralisation de l’audiovisuel: La quasi totalité des licences attribuées à des proches d'Aziz

Si autant de professionnels du secteur ont été exclus, certains ont été choisis minutieusement pour être autorisés à diffuser. Le point commun de tous ces «chanceux» est le fait qu’ils n’ont jamais dénoncé le régime actuel. Certains ont même assisté et participé, à la mise en place de ce système. Avec toute attention requise pour ne pas tomber dans les préjugés, rien n’indique que ceux-ci soient très attachés aux principes de la citoyenneté… Surtout que presque toutes les autorisations accordées ressemblent beaucoup à des récompenses pour des services rendus au système.

La HAPA a octroyé deux autorisations de diffusion (au lieu de 5) à deux chaînes de télévision : «Mauritanie-vision» et «Al Wataniya». La première est éditée par un groupe présidé par le journaliste Bah Ould Saleck. La deuxième est éditée par un groupe que dirige le journaliste Babbah Ould Sidi Abdellah. On leur reproche, les deux groupes, d’avoir été financés par des lobbyings financiers proches du clan social du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Leurs patrons ont été très impliqués dans la mise en place du système Aziz. L’un d’une façon officielle. L’autre d’une façon officieuse. L’un comme Directeur de la communication du Ministère des affaires étrangères jusqu’au 7 avril dernier, date de l'éviction de Naha Mint Mouknass. L’autre comme Directeur de la comm’ du candidat «Sidioca» à l’époque où toutes les pièces du puzzle n’avaient pas été encore constituées.

La HAPA a autorisé la station radio «Sahara FM», «Radio Nouakchott» et «Mauritanides». «Sahar FM» est éditée par le groupe «SaharaMedia» dirigé par le journaliste de renom Abdellahi Ould Mohamdy. C’est la seule autorisation irréprochable. Bien qu’on reproche à Ould Mohamdy et à son groupe leur quête infinie d’éviter, à tout prix, toute incidence avec le Makhzen. C’est peut-être pour cette raison que son offre a obtenu la première note parmi les compétitrices. «Radio Nouakchott» est éditée par l’ «Agence Nouakchott d’Informations» dirigée par Cheïkhna Ould Nenni. Il s’agit du consul, et du directeur de l’AMI sous ce régime. Mais également le responsable comm’ du candidat Aziz.

L’autre est éditée par un mystérieux groupe de communication qui n’a pour communication qu’un site électronique. Le groupe est dirigé par le journaliste Ahmed Baba Ould Elaty. Il s’agit d’un cousin de Ould Abdelaziz que personne ne connaissait comme journaliste avant la montée en force de Ould Abdelaziz. Des sources indiquent qu’il est également son conseiller officieux sur toutes les questions relatives à la presse.

«Radio Cobenni Mapuco» a également obtenu une autorisation d’émettre. Elle est éditée par un groupe de communication dirigé par un des acteurs les plus éminents de l’ «Initiative de la Citoyenneté». Son patron est d’ailleurs l’initiateur de «Radio Citoyenneté» qui a pris la place de «Radio jeunesse» et qui diffusait gracieusement sur les ondes de «Radio Mauritanie». Au moment où le rapport des forces changeaient entre l’ex-président Sidi Ould Cheikh Abdellahi et le chef de son Etat-major particulier Mohamed Ould Abdelaziz, la première décision que Ould Cheikh Abdellahi a prise était d’étouffer cette radio.


Pourquoi? «Rien ne justifiait cette attribution d’autorisation au détriment d’autres offres plus crédibles, que le principe de récompense» soutient un proche de Sidioca aujourd'hui à la retraite. «Radio Tenwir (éclairement)» est la dernière à être autorisée. Elle est éditée par un groupe dirigé par un magistrat en retraite dont le frère est journaliste. Le magistrat est un activiste de l’aile officielle de la mouvance islamiste. C'est une sorte de minbar donnée aux oulémas, intellectuels et activistes islamistes proches du régime pour mieux divulguer leur discours et propagande; les islamistes opposés aux régimes étant derrière la plupart des révolutions dans le monde arabe.

Rappelons que la plupart des membres de la HAPA sont militants soit dans l’UPR, soit dans des partis politiques à proximité.


«Du foutage de gueule!»

pas d'ondes négro-mauritaniennes, dans un contexte d'attribution de licences très sombre
pas d'ondes négro-mauritaniennes, dans un contexte d'attribution de licences très sombre

Pour beaucoup de journalistes, acteurs et observateurs de ce cinéma audiovisuel, on savait dès la fin août, [quand la HAPA annonçait en grande pompes la libéralisation des ondes]urlblank:http://www.noorinfo.com/Liberalisation-de-l-audiovisuel-Une-demi-liberalisation-en-fin-de-compte_a729.html , que cette libéralisation «n'en serait pas vraiment une». «La HAPA étudie les dossiers et les soumet au ministère de la Communication qui décide quels sont les projets les plus méritants», avouait alors, Heibetne Ould Sidi Heibe président de la HAPA. Un arbitraire des attributions à peine voilé. Aujourd'hui, les craintes sont justifiées. Trop largement.

Les dossiers que beaucoup estimaient «très solides» voire les «plus solides» sont mal notés par cette commission de la HAPA. Hamidou Baba Kane, un des dossiers les plus commentés, n'apparaît. Pas un négro-mauritanien. Sept dossiers audiovisuels à sept maures, quasi-uniquement d'un seul clan familial, dans un pays dont on se gargarise de la multi-culturalité.

«Les autorités veulent empêcher l'éclosion de toute voix critique dans les médias de masse, les plus à même de toucher le plus grand nombre. La presse et l'internet ne les inquiètent pas outre mesure. Combien d'alphabétisés y ont accès? 15% de la population? À peine.. mais par contre, une radio surtout diffusée partout, et qui ne serait pas à l'ombre du palais ocre, ce serait une sacrée épine dans le pied de ces autorités. Il fallait donc maîtriser cette pseudo-libéralisation des ondes qui s'avère être, excusez-moi du terme, du «foutage de gueule»» s'emporte dans son analyse, un financier qui faisait partie d'un des "dossiers-vedettes" candidats à ces licences.

«Nous (les dossiers rejetés- ndlr) allons d'ores et déjà adresser une lettre au ministre de la communication, pour ampliation à la HAPA et au président de la République, pour tenter éventuellement un recours auprès de la Cour Suprême, même si la HAPA dit que tout recours est impossible. Au moins pour savoir sur la base de quels critères objectifs ou pas, ces sélections ont été faites» révèle par téléphone Boubacar Ould Ethmane, journaliste du groupe médias du Sahel.

De son côté, Amadou Seck, journaliste à l'hebdomadaire Le Calame, et un des anciens respectés de la presse indépendante mauritanienne, estime qu'il faut «reconnaître que c'est déjà un progès indéniable qu'il y ait de nouvelles radios et télévisions». «Mais le chemin reste très long, d'autant que les conditions d'attribution, malgré tout ce que la HAPA en a dit, ne sont pas du tout claires».

Mechri Ould Rabbany et Mamoudou Lamine Kane

Mamoudou Kane


              


1.Posté par Ak47 le 22/11/2011 03:15
Un pecheur reconnait un autre pecheur, Aziz connait vos attentes, il sait exactement comment il va vous leurer, recuperer Le poisson et s'attirer la gloire en vous laissant cloue au sol sur votre faim. C'est un sport qu'il pratique tous les jours...Il avance un pion, on se devoile, on le felicite, on s'exite et on se retrouve dehors et deleste d'une petite somme au passage, alors qu'on est encore surpris, il lance un autre os, d'autres hommes d'affaires se jettent dessus aveugles par la faim ou l'obcession du gain, de Vieux loups et de jeunes entrepreneurs qui ont la foi, ils y laisseront une dent sur cet os, les Chacals ne laissent rien aux autres, ils vivent en clan, nous sommes faits comme des rats. Finalement c'est pas plus mal, quand Aziz est passé je me Suis dit que ce type allait mettre tout Le monde au pas, finalement il a mid tout Le monde dans la merde pour sauver des galons a lui, des galons a la Bokassa, heureusement qu'il les a depose ce sera toujours cela de gagne pour Le pays, une honte a laquelle l'armee a echappee. Aziz, marechal des armees, empereur, vainqueur des elections, elu du peuple, roi des pauvres, Avec ta campagne a la Goebbels, tu a mis les fonds...Notre Fuhrer, notre guide bien aime grace a toi nous serons Arabes et seuls tu veux que notre pays reste a l'image de la Tvm, pourtant elle presente Le journal dans toutes les langues, ca aussi il faut y remedier. De tout facon on regarde la Tele par satellite, on dowload la musique et les chinois nous ont envahi de Lecteur mp4, on lit la presse sur Le web, et on voit tout avec google earth. La Tvm Elle etait mieux il y a vingt ans, tout ce qu'on a on la eu avant et cetait mieux et moins cher on veut la paix, l egalite et la justice, celii qui n'offre pas cela nous condamne et nous Le condamnerons a notre tour par la force des choses. Les singes de la sagesse ont change de posture, desormais, ils voient, ils ecoutent et ils s' expriment.

2.Posté par comptesse le 22/11/2011 10:07
On vous refuse les médias ok, mais occupez la rue !!! ça marche, la preuve avec le mouvement TPMN.
Agissez pendant qu'il est temps !!!

3.Posté par Marie le 22/11/2011 10:11
Ak 47 (drole de pseudo pour quelqu'un qui prone la paix), vous pretez a aziz une "intelligence politique" qu'il n'a pas, je vous assure!

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