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Les policiers en garde à vue après le show d’Aziz à Nema : Abus de pouvoir et règlement de comptes


Actu Mauritanie
Samedi 7 Septembre 2013 - 19:27

Les 47 policiers sanctionnés pour être allés en grève après avoir réclamé des émoluments de la mission qu’ils avaient remplie lors du dernier « Lighaa Chaab » ne sont pas tous, édifiés sur leurs sorts. Certes 25 d’entre eux ont été affectés à l’intérieur du pays, les autres attendent encore.


Les policiers en garde à vue après le show d’Aziz à Nema : Abus de pouvoir et règlement de comptes
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25 des 47 policiers interpellés pour motif de grève enclenchée après le dernier déplacement du président de la République, ont reçu dans le courant de la semaine, leur note d’affectation à l’intérieur du pays, notamment dans la vallée et à la nouvelle ville Chaami située entre Nouakchott et Nouadhibou. Le problème reste de savoir quel sort la hiérarchie de la police réserve-t-elle aux 22 autres ?
 
Mardi dernier, ils ont été dispatchés dans les différentes compagnies de Nouakchott : 7 policiers dans la 1ère compagnie, 6 policiers dans la 2ème compagnie et les autres dans la 4ème compagnie). Tout semble indiquer qu’ils sont considérés comme les « meneurs », par conséquent, le pire pourrait être à venir. Mise à pied ou révocation ?
 
Allez savoir… En tout état de cause, contactés par nos soins, l’un d’entre eux, a accepté de parler, sous couvert de l’anonymat, pour relever en substance que depuis leur arrestation, aucune charge n’a été prononcée contre eux et aucun officier ne s’est présenté devant eux. Et celui-ci d’expliquer les contours de toute cette affaire :
 
Qu’est-ce qui s’est passé à Néma ?
 
« pour les besoins du Lighaa Chaab du président de la République, qui devait se dérouler à Néma dans la première quinzaine du mois d’août, nous avons quitté Nouakchott, tôt le matin du samedi 10 août, pour prendre notre premier repas à 22 H devant le commissariat de Kiffa où nous avons passé la nuit. Une somme de 2000 UM fut versée à chacun d’entre nous, comme prime de mission. Le lendemain, nous sommes repartis à 7 H pour arriver à 19 H à Kiffa ; une courte escale et voilà le convoi s’ébranler en direction de Néma qu’il atteindra le lendemain à l’aube.
 
Tous nos problèmes vont commencer quand nous entamerons le voyage retour. Arrivés à Timbedra pour assurer le maintien d’ordre lors des déplacements du président de la République, nous nous apercevrons que rien n’avait été prévu pour notre prise en charge. L’inspecteur Saleck Ould Ghazwani que nous solliciterons nous dira qu’il n’a rien à nous offrir et qu’il fallait que nous supportions la faim jusqu’à Nouakchott.
 
Cette réaction créa de vives discussions dans le groupe. L’adjudant chef Gemal devait révéler que le budget de mission prévoyait une somme de 5000 UM par jour et par policier durant la mission ! L’information sera confirmée par un conseiller du Directeur général joint au téléphone.
 
Alors nous avons joint l’inspecteur Ould Chazouany qui la nia avant de se rétracter après que nous ayons menacé de porter l’affaire devant les plus hautes autorités. C’est ainsi que l’inspecteur remit la somme de 259 500 UM à l’un des éléments qui devait la partager entre les différents éléments de la police. « Le reste » selon les termes de l’émissaire, « serait versé plus tard ».
 
Après le départ du président Ould Aziz de Timbedra, l’inspecteur intima l’ordre aux 47 policiers de reprendre immédiatement les voitures pour regagner Nouakchott. Face aux réclamations des policiers qui tenaient à récupérer sur place le complément de leurs primes, l’inspecteur proféra des menaces : « ou vous montez, ou je vous ligote » dira-t-il avant de porter l’affaire devant le Directeur Régional de Hodh El Chargui.
 
Après avoir reconnu la qualité de notre travail, celui-ci nous intima à son tour l’ordre de prendre la route. Puis il nous quitta accompagné de l’inspecteur Saleck. Nous resterons alors 48 heures sur place, sans nouvelle de notre hiérarchie ; et sans bénéficier du moindre repas. « Nous n’observions pas une grève de la faim ! Au contraire, ils nous ont laissés mourir de faim », dira notre interlocuteur.
 
Ce ne fut qu’au troisième jour que les policiers abandonnés sur place recevront la visite de leur hiérarchie : le Directeur Général de la Sureté Nationale, le Commissaire Divisionnaire, Hamed Lemine Ould Ahmed se rendra auprès d’eux, les retrouvant dans des conditions très critiques.
 
Après avoir reconnu leur droit à réclamer leurs primes et des repas, il leur offrira un mouton, s’enquérant de leur santé puis remit une somme de 500 UM à chacun, nous intimant, à son tour, l’ordre de rentrer à Nouakchott. Le groupe s’exécuta. Arrivé à Nouakchott, grande fut la surprise !
 
Les 47 policiers sont consignés puis placés en garde à vue. 25 d’entre nous ont été mutés à l’intérieur du pays, et les autres -constitués dans l’écrasante majorité de Négro-africains - sont toujours en garde à vue !
 
Cheikh Oumar NDiaye
Pour l'authentique  
Mamoudou Kane


              

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