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Les pluies contre(ent) le président Aziz


Tribunes
Lundi 16 Septembre 2013 - 17:13

Ah, cet hivernage là ! A deux mois des élections municipales et législatives, les pluies qui s’abattent, quasiment un jour sur trois, à Nouakchott, risquent de porter un sérieux coup au pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz ! Certes, les pronostiqueurs maison le donne encore largement en tête dans les sondages, face à une opposition divisée – en COD et CAP – et surtout ne présentant pas une alternative crédible à une situation qu’elle arrive pourtant à bien diagnostiqué.


Les pluies contre(ent) le président Aziz
D’où vient le danger donc, me diriez-vous ? Et bien, les pluies ont mis à nu les « goudrons d’Aziz ». Vingt millimètres de pluies dans une ville où il n’y a pas d’assainissement ont transformé Nouakchott en un…océan de boue ! Tout le monde patauge, crise son désarroi, maudit ses responsables, irresponsables. Et l’on se met à se poser des questions du genre : Pourquoi construire des goudrons dans une ville sans assainissement ?

Pourquoi ces bitumes n’ont-ils pas résisté aux eaux ruisselantes qui en ont découvert le visage hideux : un mélange de terre et de ciment couvert d’une couche de goudron dont il ne reste plus que des « indices ». Les entrepreneurs ont encore frappé, eh oui. Des milliards d’ouguiyas dépensés pour rien. Le « changement constructif », slogan de campagne du président Aziz en 2009, est en réalité une arnaque politique comme celle que les Mauritaniens ont vécue, vingt ans durant, sous Taya.
 
Alors, comment les candidats du pouvoir à ces élections, qui approchent à grands pas, vont-ils justifier cet impair ? Useront-ils du même argument que le président de la République qui a cru trouver la parade en disant : « oui, nous avons échoué, nous avons renoncé au projet d’assainissement à Nouakchott convenu avec les Chinois parce qu’il coûte cher ! Mais pourquoi vous plaindre, ça a toujours été ainsi » ! Comment ça ? Donc, le « changement constructif n’était qu’un leurre ? Vous mourriez de faim, de maladie et de soif, pourquoi se plaindre, si ON ne parvient pas à vous tirez d’affaires ?
 
Et les erreurs de l’Ancien régime servent à nouveau pour justifier l’incapacité du Nouveau (pas aussi nouveau que ça puisqu’il est là depuis le 3 août 2005 ou le 6 août 2008 ou le 6 août 2009). Une affaire d’accumulations quoi ! On a hérité d’un pays de m…, nous disent nos nouveaux anciens responsables. Que voulez-vous qu’on fasse ? L’Ancien pouvoir continue à jouer le rôle de bouc-émissaire. En tout. L’armée qui n’avait pas d’armes (pas d’avions, pas de voitures, pas de chars, pas de…), la dette qui faisait plier le citoyen sous son poids, les hommes politiques véreux (là au moins, on a raison de le dire puisque ce sont les mêmes qui continuent à animer la scène en retournant leurs boubous).

Et puis, ce mal développement qui date de plus d’un demi-siècle. Il sera, sans nul doute, au centre des débats – et ébats – entre candidats de la majorité et de l’opposition lors des futures élections municipales et législatives. On va encore nous ressasser avec cette histoire du verre à demi plein ou à demi vide. De goudrons « qui ne se mangent pas » (quand l’opposition veut insinuer que ce n’est pas une priorité) ou que la majorité reconnait que oui, en retournant la boutade à son avantage : « oui, qui ne se mangent pas, parce que là, au moins, le citoyen voit son argent investi dans du concret ». Avec les pluies, les goudrons seront sans doute encore le sujet phare des prochaines élections.
 
Sneiba
Mamoudou Kane


              

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