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Les ondes audiovisuelles bientôt libres?


Société
Samedi 28 Mai 2011 - 14:38

Les ondes que beaucoup escomptaient libres il y a deux ans déjà, sont toujours prisonnières d'un système audiovisuel fondé sur le monopole de l'information. Le gouvernement a annoncé qu'elles seraient «bientôt» libérées.


Les ondes audiovisuelles bientôt libres?
Alors que dans nos pays voisins et limitrophes (Maroc, Sénégal et Mali pour la radio au moins), les ondes audiovisuelles sont libéralisées depuis un moment déjà, en Mauritanie, les seules sources d'informations et de divertissement en ce domaine, sont constituées par deux instituts: la télévision mauritanienne (TVM) et la radio. Un non-sens, pour un pays qui depuis quatre maintenant, se réclame résolument démocratique. Pourtant la loi est prête, et tous les chefs d'état qui se sont succédé depuis, ont prétendu faire de la libéralisation des ondes, un de leurs chevaux de bataille. Mais rien n'a changé, pas d'un iota. «Libérer les ondes dans ce contexte de transition politique c'est enlever la main de l'état sur la maitrise de l'information de masse, sachant que la presse écrite est lue par une infime partie de notre population. Et ce faisant, les instruments de propagande qu'ils représentent ne seraient plus, d'autant plus que la radio et la télévision sont soumises à des critiques de plus en plus virulentes. Particulièrement sur le contenu de leurs programme, et la nature superficielle des informations divulguées.» analyse un directeur d'une agence de communication nouakchottoise. Les enjeux paralysent la volonté politique éventuelle. Et un institut comme la haute autorité de la presse et de l'audiovisuel (HAPA) est sensée inciter à plus de volonté politique justement.

La HAPA, ce «truc»

Un éditorialiste d'un hebdomadaire local a appelé la HAPA ce «truc». Les prérogatives de cette structure sont relativement limitées et périodiques. Ses attributions apparaissent dont essentiellement lors d'élections, et dans ce cas de veiller à l'égalité de temps de parole des différents candidats. Ses prérogatives essentielles concernent, comme son nom l'indique la surveillance et le chapeautage des différentes structures publiques et privées (!) de la presse et de l'audiovisuel, dans leur exercice d'informations. Un œil sur leur site internet donne une idée du désœuvrement qui y règne: Le dernier communiqué de la HAPA date du 18 juillet, période d'élection présidentielle justement. Depuis, c'est le silence radio. Avec sa cohorte de conseillers et de départements, pour une structure aussi peu active.

Libéraliser les ondes radios surtout!

La plupart des demandes formulées à propos de la libéralisation des ondes, concernent en premier lieu les ondes audio. En effet, celles-ci sont les aisément utilisables, à court terme, et ses perspectives d'instruments de communication de masse entrent en adéquation avec l'idée de la diffusion pour tous d'informations et de programmes variés. Notamment dans le cadre de radios communautaires. Avec les avancées technologiques dans le champ de la communication et l'information, la radio rurale se numérise tout en restant le moyen de communication de masse le plus pénétrant, accessible. Dans les zones rurales, elle est souvent le seul moyen de communication de masse capable de diffuser rapidement vers des auditoires vastes et éloignés, des informations essentielles sur la météo, la santé, la production agricole et animale, la commercialisation des produits, ainsi que sur la protection et la conservation des ressources naturelles. «Les radios communautaires représentent aujourd’hui un des moyens pour diffuser l'information, au prisme des différentes cultures. Elles constituent donc un rempart contre l’ignorance de la majorité des populations laissées au bord du chemin de l’information mondialisée avec sa cohorte de médias numériques et autre internet.» un cadre d'Oxfam Dakar, joint par téléphone.

Enfin cette année?

La libération des ondes s’accélèrerait dans sa phase préparatoire. Selon Me Hamdi Ould Mahjoub, ministre de la communication et des relations avec le parlement, «l'application concrète de la loi relative à la libéralisation de l'audiovisuel a commencé après la récente présentation par la Haute Autorité de la Presse et de l'Audiovisuel (HAPA) des cahiers de charges pilotes».
Me Hamdi Ould Mahjoub a rappelé les principes sur la base desquels le secteur privé sera ouvert. Le premier est de moduler progressivement l'attribution des récépissés en tenant compte de la diversité des programmes et du public ciblé; appliquer le «concept de génération», c'est-à-dire, ouvrir une première génération de radios et de télévisions, pour s'assurer, par la suite de son succès, tirer les enseignements qui s'imposent et si besoin d’ouvrir une nouvelle génération. S’agissant du domaine associatif, il devra être précédé par le secteur privé afin de lui permettre de profiter de l'expérience du premier pour éviter des écueils et autres dysfonctionnements qui auront été constatés dans les expériences des autres.
Mamoudou Lamine Kane


              

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