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Noorinfo

Les mystères de la croissance potentielle


Economie
Mercredi 19 Août 2015 - 12:27

C'est la croissance tendancielle débarrassée des aléas de la conjoncture et plus rigoureusement, c'est le sentier de croissance que peut soutenir une économie à moyen terme, sans créer de tension forte sur les capacités.


Sans que les délais de livraison ne s'allongent à l'extrême, sans que les salaires et les prix ne s'emballent... autrement dit sans qu'il y ait surchauffe. Ce potentiel de croissance  dépend de la force de travail mobilisable, du capital installé, et de toute une série d'autres facteurs qualitatifs.
 
Le PIB est sensé alors s'enrouler autour de ce sentier tendanciel, dont tous les économistes parlent mais qui est inobservable. Alternant des phases de rattrapage, puis de surrégime (autrement dit de surchauffe), puis de sous-régime. Et c'est précisément cette alternance qui fait le cycle, ramenant en moyenne la croissance à son potentiel.
 
L'accélération des prix et notamment des salaires, ou au contraire leur décélération va jouer un rôle décisif dans ce jeu de balancier. Pour un pur statisticien, il suffit alors de lisser la croissance observée pour estimer le potentiel. Sauf que ne connaissant pas l'avenir, il est impossible de dire où se situe vraiment la croissance potentielle au moment présent. La dynamique future du PIB peut changer du tout au tout le résultat.
 
L'approche économique consiste à s'intéresser aux sources de la croissance
 
Il faut mesurer d'abord le volume de travail mobilisable. Ce dernier dépend de la croissance de la population désireuse de travailler... c'est ce que l'on appelle la population active, qui dépend très largement de la démographie.
 
Mais ce qui intéresse les économistes pour calculer le potentiel de croissance, c'est de quantifier le réservoir d'heures de travail  dans lequel les entreprises vont pouvoir puiser. L'évolution de la durée du travail, mais aussi de la part des travailleurs à temps partiel, jouent donc un rôle important pour évaluer cette force de travail disponible. Ensuite, il va falloir aussi estimer et retrancher la part du chômage que l'on considère comme structurelle.
 
C'est-à-dire le chômage qui est dû à l'inadéquation des qualifications, ou à diverses barrières réglementaires ou salariales. Lorsque l'économie se rapproche de ce niveau de chômage, les entreprises peinent alors à recruter, et la pénurie des qualifications pousse les salaires à la hausse. Au-delà de ce seuil, la croissance devient alors inflationniste.
 
Le volume des équipements, des bâtiments et des infrastructures publiques. Ce stock est évalué à partir des flux d'investissements observés sur longue période en faisant des hypothèses sur leur durée de vie et d'utilisation. Le problème est bien là. Il s'agit d'une construction statistique. On ne sait pas ce que les entreprises ont vraiment déclassé, ou inversement jusqu'à quel point elles tirent sur la durée de vie et d'utilisation de leurs équipements.
 
Reste enfin, tout ce que l'on ne peut observer
 
Les facteurs immatériels de la croissance : notre stock de connaissance, notre potentiel d'innovation, la qualité des organisations, la capacité des différents acteurs à se mettre en synergie sur un territoire... ce résidu de la croissance que l'on appelle la productivité globale est en fait le facteur clé de la croissance. C'est la croissance qui est due non à l'accumulation quantitative des facteurs de production mais à leur qualité.
 
Et là encore, l'économiste ne sait pas la mesurer directement. Il le fait donc par différence entre la croissance observée à moyen terme et celle qu'il impute à la croissance du capital et du travail ; Puis il fait l'hypothèse que ce supplément de croissance du aux facteurs invisibles reste constant  d'une période à l'autre.
 
La croissance potentielle, c'est donc quelque chose de faussement simple. Une belle bâtisse construite en dur, mais qui repose sur des sables mouvants. Et c'est bien pourquoi elle fait l'objet de querelles byzantines sans fin.
 
1/ Parce qu'il existe autant d'estimation du chômage structurel que d'économistes,
2/ Parce qu'on ne connaît pas la durée de vie réelle du capital,
3/ Parce qu'enfin le résidu invisible que constitue la productivité globale est calculé avec des rétroviseurs.
Bref, la croissance potentielle est un repère. Mais surtout pas une certitude et encore moins une fatalité.

latribune.fr
 
Noorinfo


              


1.Posté par Valli le 23/09/2015 11:10
Il ne faut pas s'étonner de cette situation désastreuse de l'économie du pays quand on sait que Aziz s’est entouré ces dernière années, entre autres, de Rayess (de la BCM au MAED), de Oudaa (du MEM à la SNIM) et de Baya (Mr Pêche). Personnages dont l'incompétence n'a d'égale que la vénalité:
* En battant un record de longévité à la BCM (5 ans et demi) et malgré une conjoncture ultra favorable, Rayess n'a réussi aucune réformestructurelle et a mis à genou le secteur bancaire avec le bouquet final du scandale de la Maurisbank où Mogueya et ses nombreux complices (au sommet de l'Etat) ont subtilisé 15 milliards d'argent public (Trésor, CDD, BCM, SNIM, CAMEC, etc.). Ce monsieur, au lieu de se "reposer" à Bir Moghrein avec les autres délinquants financiers, se retrouve propulsé MAED aux commandes l'Economie Nationale!
*Oudaa dont l'incompétence est sans limite, n'a même pas pu prendre connaissance des prévisions cycliques des cours de fer et de la baisse de la demande mondiale que tous les économistes avaient pourtant anticipée. Au lieu de cela, il a dilapidé la trésorerie de la SNIM à coup de milliards(en achetant des avions pour la MAIL, en prêtant de l'argent à la société Najah, en montant une usine de poteaux électriques, etc.) et a concocté un plan "Nouhoud" 2025 avec l'objectif de 40 millions de tonnes (pour mettre la SNIM dans le Top Five !) et, là encore, il n'a pas fait les réformes qui s’imposaient, notamment le plan de réduction des coûts de production qui sont excessifs comparativement aux compagnies concurrentes.
*Enfin, last but not least, Baya, l'homme qui touche des milliards en toute légalité pour son rôle de fossoyeur du secteur de la Pêche!

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