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Les crimes insolubles de l’ère Aziz


Actu Mauritanie
Mercredi 5 Juin 2013 - 19:00

L’hebdomadaire alakhbar.info vient de publier dans sa dernière édition du mercredi 29 mai dernier, ce qu’il nomme les « crimes insolubles de l’ère Aziz ».


Les crimes insolubles de l’ère Aziz
Ces cas insolubles se sont traduits au niveau de l’opinion publique nationale, selon l’hebdomadaire, par une vague de frustration et de découragement face à une volonté délibérée des autorités de cacher certaines vérités sur des affaires scabreuses. Les meurtres et les morts suspectes qui ont jalonné ces trois dernières années la première mandature de Mohamed Ould Abdel Aziz, constituent pour le journal, autant de points d’ombre et de non-dits qui ont fini par entraîner des débats où la suspicion l’emporte largement sur tout autre sentiment. Plusieurs crimes dans lesquels les forces de sécurité ou certains pans du pouvoir semblent être impliqués auraient été passés sous silence, s’ils n’ont entraîné, sous la pression populaire, la mise en place de commissions d’enquêtes dont les résultats n’ont jamais été connus par le grand public.

Les victimes des avions militaires

Pas moins de cinq aéronefs sur les douze que possèderait l’armée mauritaniennes, sont tombés entre 2010 et 2013, causant la mort de 9 personnes, dont 7 d’un seul coup le 11 juillet 2012. La huitième victime est selon alakhbar, le pilote Boukhary dans un crash survenu le 10 août 2011 et la neuvième victime un mécanicien d’avion, Boubacar MBodj, mort dans un autre crash le 18 mars 2013 en Adrar.

Le premier accident dans la série serait la chute d’un avion militaire de type Z9 près d’Atar en avril 2011. Le deuxième est un hélicoptère ULM qui fit crash en juin 2011 sur la route Nouakchott-Akjoujt. Le troisième incident a concerné un Tucano qui a chuté aux environs de Chinguitty le 11 juillet 2012. La dernière de la série est un avion de marque Y12 qui a crashé le 18 mars 2013 alors qu’il effectuait un vol d’essai entre Atar et Aoujeft.
Citant certains observateurs, le périodique indique que ces accidents successifs qui ont frappé l’arsenal aérien résulte des marchés douteux conclus dans des conditions opaques qui sentent la magouille et la gabegie ; des appareils de énième main négociés à des prix forts, loin de tout patriotisme et de tout égard par rapport à des vies humaines que l’achat de vieux rafiots ôte à la postérité.

Yacoub Ould Dahoud

Il s’agit d’un fournisseur qui s’était immolé dans sa voiture par le feu le 17 janvier 2011 devant les grilles de la présidence de la République pour des impayés que le gouvernement refusait d’honorer. Le malheureux a été retiré de sa bagnole dans un état critique puis évacué au Maroc où il succombera à ses brûlures le 22 janvier 2011. La quarantaine, issu d’une famille aisée, il avait bénéficié de contrats avec le gouvernement qu’il fournissait en matériels lourds coûteux. Seulement, au moment de se faire payer, il s’est heurté à la mauvaise foi d’un Etat qui chercherait à se dérober à ses obligations, selon le journal alakhbar. Il porta son affaire devant la justice, en vain.

Lemine Mangane

Ce jeune élève de Maghama a reçu à bout portant une balle tirée par un gendarme affolé au cours d’une manifestation contre l’enrôlement organisé par le mouvement négro-africain « Touche pas à ma nationalité » le 27 septembre 2011. Aucune enquête n’a été menée dans son cas et personne n’a été inquiété.

Abderrahmane Ould Bezeïd

Il s’agissait d’un jeune homme de 28 ans, sortant de la faculté d’Anglais section traduction, qui avait fini sa course comme instituteur, face aux difficultés d’emploi dans un pays où le népotisme est la seule voie de réussite, indique l’hebdomadaire. Par malchance, il fut affecté à Nbeîkatt Lehwach, une localité nouvellement créée, dépeuplée et située aux confins de l’Est mauritanien. Cloué à l’hôpital national par sa mère dont il suivait les soins et qui mourra plus tard, il sera suspendu. Il mourra le 10 février 2012 devant les grilles de la présidence alors qu’il était venu protester contre sa situation. Selon la version officielle, il s’est immolé, alors que sa famille penche pour une autre version. Selon elle, Abderrahmane Ould Bezeid a été abattu par les gardes de la présidence et sa mort camouflée sous le sceau du suicide. Une enquête a été demandée pour élucider sa mort, sans succès.

Cheikh Ould Rajel Ould Maali

Le défunt était commerçant à la Polyclinique de Nouakchott. Il est mort le 9 juin 2012 au cours d’une manifestation du mouvement IRA durement réprimé par les forces de l’ordre. Le jeune aurait succombé par suffocation du fait des quantités exorbitantes de gaz lacrymogène que la police avait utilisées et dont une grande masse avait envahi son échoppe. Transporté à l’hôpital dans un état critique, le médecin de garde avait refusé de l’examiner, exigeant la présence du Procureur de la République. Certains défenseurs des droits de l’homme n’ont pourtant jamais cessé de dénoncer la qualité des gaz lacrymogènes utilisée par la police, qu’ils trouvent toxiques. La marqué usitée serait de fabrication française, américaine et israélienne et ses effets dangereux pour la santé humaine.

Mohamed Ould Mechdhoufi

Il s’agissait d’un ouvrier du laboratoire de la MCM et faisait partie des travailleurs les plus exposés au danger de la mine. Il a été tué le 15 juillet 2012 sous la torture infligée par des éléments de la garde venus réprimer la grève des ouvriers de la société. Ces derniers réclamaient l’amélioration de leurs conditions de travail et une augmentation de salaires. Selon l’un de ses compagnons d’infortune, Ould Mechdhoufi est mort alors qu’il partageait avec lui les menottes. C’est dans cet état que sa pauvre mère le découvrira plus tard. Selon ce témoin, les gardes l’avaient frappé à mort, refusant de lui ôter ses menottes.

Tous ces cas de mort dont les résultats d’enquête sont jalousement gardés par les services de sécurité font qu’aujourd’hui, déclare alakhbar, peu de citoyens croient encore à la possibilité de voir se réaliser dans le pays des enquêtes indépendantes et honnêtes. Dans le cas des accidents des avions militaires, toutes les enquêtes ont fait porter la responsabilité pleine et entière aux pilotes, selon les sources disponibles. Pour les autres cas, notamment Ould Bezeid, Ould Machdhoufi, Ould Maali, des pressions tribales ont poussé les familles à se taire et à renoncer à toutes poursuites. Pour le cas de Lamine Mangane et de Ould Dahoud, aucune enquête n’a été diligentée.

Source:Lauthentic
Noorinfo


              

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