Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Les chroniques de Mouna


Tribunes
Dimanche 26 Février 2012 - 23:05


Les chroniques de Mouna
Il est fatigué, mon Président. Il ne dort plus. Le peu de sommeil qu’il entreprend lui est disputé par les cauchemars. Il sursaute, baigné dans la sueur. Le cauchemar était effroyable. Il a vu ce soir-là des camions. Un brin de joie s’est emparé de lui, à la vue de ces carrosses. Mais, la joie s’évanouit de sitôt, se disperse, dans un nuage jaillissant de l’intérieur des camions.

Puis, le nuage se transforme, en balais, des milliers de balais. Mon Président sursaute, la sueur coule de tout son corps. Il tente de se recoucher, ferme ses yeux. Puis, le cauchemar apparaît encore. Des balais. Mon Président a peur des balais. Il crie, sursaute, ouvre les persiennes de sa chambre à coucher. Le palais est calme. Rien ne bouge. Il ingurgite une bouteille d’eau minérale, ensuite se recouche. Puis, une autre vision, où il se voit dans une petite pièce. Une petite pièce où il est seul, face à fillette.

La pièce est sommairement meublée, elle compte une natte défaite, un matelas mince, deux coussins chétifs, deux verres de thé, une théière, un plat, une marmite, un fourneau, quelque chose comme un demi kilo de riz, du sucre en poudre, quelques feuilles de thé vert. Une porte, une fenêtre, en bois, sont l’unique ouverture, sur le monde extérieur, dont dispose la maison. A l’intérieur, Mon Président et la petite fille se regardent sans parler.

Tantôt, c’est lui qui ouvre la porte, jette un regard, qui échoue sur la grosse dune rouge, puis la referme et ouvre la fenêtre pour que ses yeux accueillent un essaim de sables mouvants que lui renvoie l’autre dune, encore plus rouge, encore plus imposante. Tantôt, c’est elle qui refait le même va-et-vient et finit, comme lui par s’asseoir. Au coin opposé à celui où se tient mon Président, assis, tenant sa tête par ses deux mains, elle s’assied, regarde le Président. Son regard croise le sien.

La chandelle allumée se débat dans ses dernières étincelles. La flamme décroit, s’amenuise, s’évanouit avant de mourir. La fillette lui dit : ‘’donne-moi, mille ouguiyas’’. Mon Président crie assez fort. Il sursaute, tout trempé dans ses sueurs. Dans sa montre, il est déjà huit heures de matin. Il tâte sa poche, s’assure que tous les billets de monnaies sont à leur place. Aucunes mille ouguiyas manquant. Mon Président commence à bénir le Seigneur qu’il n’ait pas donné des sous à cette fillette apparue dans ce mauvais cauchemar.

Mouna Mint Ennass

maurichronique.blogspot.com


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter