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Les Sapeurs de Brazzaville : soyez élégants au lieu de faire la guerre


Lu sur le web
Mardi 22 Janvier 2013 - 12:05

La S.A.P.E. est l’acronyme extraordinaire de Société des ambianceurs et des personnes élégantes. Ça aurait pu être inventé par Guy Debord et les situationnistes, mais ça nous vient d’Afrique centrale, de Brazzaville plus précisément.


Sapeur de Brazzaville (Hector Mediavilla)
Sapeur de Brazzaville (Hector Mediavilla)
Le phénomène n’est pas nouveau, la première étude sociologique de ce phénomène remonte aux années 80 avec le livre « Au cœur de la sape » de Justin-Daniel Gandoulou.

Mais le travail photographique que lui consacre Hector Mediavilla, un photographe espagnol, brièvement exposé à la galerie La Petite Poule, à Paris, lui donne un relief extraordinaire.

Le travail d’Hector Mediavilla s’étend sur une période de huit ans, et suit certains des personnages-clé de cette « scène » congolaise particulière : ces hommes qui vouent un culte aux vêtements de grandes marques et à l’élégance aux dépens de leur confort ou des autres aspects de leur vie.

Sapeur de Brazzaville (Hector Mediavilla)
Sapeur de Brazzaville (Hector Mediavilla)
Comme le dit très bien l’écrivain congolais Alain Mabanckou dans le livre consacré au travail d’Hector Mediavilla :

« Si d’aucuns perçoivent la Sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes) comme un simple mouvement de jeunes Congolais qui s’habillent avec un luxe ostentatoire, il n’en reste pas moins qu’elle va au-delà d’une extravagance gratuite. Elle est, d’après les Sapeurs, une esthétique corporelle, une autre manière de concevoir le monde - et, dans une certaine mesure, une revendication sociale d’une jeunesse en quête de repères. Le corps devient alors l’expression d’un art de vivre. »

Le texte de Mabanckou est titré d’une question : « L’art de se vêtir chez les Sapeurs congolais : indépendance du corps ou aliénation culturelle ? »

Une question qui montre bien la difficulté de résumer ce phénomène qui s’étend sur trois décennies, et constitue bien un phénomène culturel stupéfiant.

Hector Mediavilla, qui confie n’avoir « jamais été intéressé par la mode et sa frivolité », a été interpelé par le phénomène de la Sape lors d’un jour à Brazzaville en 2003.

« En 2003, la dernière guerre civile qui fit suite à l’indépendance vivait ses derniers sursauts et le phénomène de la Sape ressurgissait avec force avec des devises telles que : “Laissons les armes et habillons-nous élégamment‘, ou Il y a la Sape seulement quand il y a la paix’.”

Il décida de commencer son travail photographique, actuellement exposé à la galerie La Petite Poule, source d’émerveillement, et d’interrogations.


Avant/après, sapeur de Brazzaville (Hector Mediavilla)
Avant/après, sapeur de Brazzaville (Hector Mediavilla)

Jeune sapeur de Brazzaville (Hector Mediavilla)
Jeune sapeur de Brazzaville (Hector Mediavilla)

Les Sapeurs de Brazzaville : soyez élégants au lieu de faire la guerre
Pierre Haski
Pour rue89
Mamoudou Kane


              

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