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Les "OFF" de Biladi: "L’appel des barbus… "


Tribunes
Vendredi 16 Novembre 2012 - 20:44


J’appelle donc je vis…

Les "OFF" de Biladi: "L’appel des barbus… "
Après douze heures où il a subi une opération, endurée une grave hémorragie, le président a tenu à rassurer, de son lit d’hôpital militaire à Nouakchott, le 14 octobre dernier, les Mauritaniens de sa bonne santé et du succès de l’opération, avant de décoller à Paris. Il existe.

De Paris, on découvrira, quelques jours plus tard, une photo de lui en compagnie du ministre français de la défense. Il était un peu fatigué, une barbe de cinq jours, mine alanguie. Il survit. Dix jours après, un discours du président, à une non occasion habituelle, est lu à la télévision nationale par un journaliste. Il meurt. Quatre semaines après, il apparaît, en photo, en compagnie de son médecin traitant. Il était relativement en bonne forme.

Seulement, la photo telle bien faîte qu’il suggère au président de réapparaître en vidéo. Ils exagèrent. Un mois après, le président inaugure une nouvelle saison d’appels téléphonique. Chaque jour, il appelle un ou deux leaders politiques de sa majorité, bien sûr. Il appelle, donc il vit.


L’appel des barbus…

Les "OFF" de Biladi: "L’appel des barbus… "
Le Cheikh Dedew est de retour du pèlerinage des Lieux-Saints. Il s’est rasé le crane. Entièrement. Il a allégé sa barbe. Relativement. Il a, à peu près, une barbe, désormais, aussi longue, ou, aussi courte que celle de Mohamed Ould Abdel Aziz, admis, depuis un mois dans un hôpital parisien, laissant sa barbe pousser, un mois durant. On se souvient que ce dernier n’aime pas les barbes. Il les assimile, aux menteries. Derrière chaque barbe qui pousse, il y a un jardin de mensonge qui fleurit. Il l’a dit, dans un meeting, on s’en souvient à Nouadhibou. ‘’ Moi, je n’ai pas de barbe et je ne mens pas, contrairement à quelqu’un qui en a et qui ment. ‘’’ Une vanne allusive, on l’avait comprise à l’époque, à l’adresse de Cheikh Dedew qui donnait, les semaines auparavant, des fatwas motivant la révolution.

Aujourd’hui, on revisite toute cette histoire ancienne, très ancienne. On ose le dire. Elle est du siècle dernier ou presque, car, après cette période de délitement, les deux hommes semblent avoir inauguré une saison de meilleures amours. Ce rapprochement serait, peut-être, lié à la barbe forcée qui a poussé sur le menton d’un patient. Qui lui a fait aimer, sinon, comprendre les barbes, les barbus, les mensonges et les menteurs.

Et, lorsqu’on comprend quelqu’un on peut l’appeler, n’est-ce pas ? Si, vraiment, on tient à une stricte orthodoxie de la République de Mohamed Ould Abdel Aziz, et on convoque son acception de la symbolique de la barbe on aboutit inéluctablement à une aporie. Un barbu qui appelle un barbu. C’est un peu, dans ce cas de figure, un menteur qui appelle un autre menteur.



Les circonstances…

Les "OFF" de Biladi: "L’appel des barbus… "

Le site mauritanien d’Informations Al Akhbar, proche des milieux islamistes, a rapporté que ‘’ La Mauritanie a fait savoir à un pays ami qu‘elle accuse le Maroc d‘implication dans une "tentative d‘assassinat", le 13 octobre 2012, de son président Mohamed Ould Abdelaziz…’’
Normalement, le site Al Akhbar, le premier site d’information en ligne de la Mauritanie, ne va jamais prendre le risque de livrer, à l’opinion, une information de cette gravité. Une information qui accuse, à tort ou à raison un pays frère, voisin à la Mauritanie. Même si la relation entre les deux pays connaît parfois des hauts et des bas.

Al Akhbar n’accuse pas seulement le Maroc, mais elle démonte la thèse officielle sur les circonstances de l’accident présidentiel. C’est vrai qu’on ne croit pas vraiment à cette thèse, tellement, elle contient de cases vides et de zones d’ombres. Mais, Al Akhabr doit, bien entendu avoir, au moins une source digne de foi. Une source de la haute autorité sécuritaire du pays.

C’est l’intérêt pour cette source de revisiter, en ce moment, les lieux de l’accident ou du crime, c’est selon, qui agace. Il doit y avoir une raison. Voudrait-on amener l’opinion à s’interroger sur les circonstances de l’accident. L’opinion ne fait, d’ailleurs, depuis un mois que cela. Chaque jour apporte son lot de version.

Mais, il est vrai que la presse a jusqu’à présent passer outre toutes ces versions. Elle réfute la version officielle, mais elle ne s’appesantit sur les circonstances de l’accident. Chercherait-on, au sein certains segments du pouvoir à étaler en long et en large toutes les thèses vraisemblables et invraisemblables sur les circonstances de l’accident présidentiel ?



Disgrâce et luttes intestines…

Il est clair que le gouvernement de Moulay Ould Mohamed Laghdhaf ne souhaite plus se mouiller dans la communication, jusque-là, calamiteuse, sur la santé du président de la République et son séjour parisien. Depuis, la sortie du fameux discours, frisant le funeste, attribué, à l’occasion de la fête du sacrifice, à Mohamed Ould Abdel Aziz, les médias publics, sont, désormais tenus à l’écart des facéties communicationnelles de l’ambassadeur à Paris, Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil.

On ne sait pas quelle force serait derrière la reprise en main par les autorités, ici présentes, à Nouakchott des institutions de la presse publique ? On parle du général Ghazouani qui aurait libéré les médias publics du joug de l’ambassadeur à Paris. Même la sortie de l’hôpital Percy annoncée, à Reuters, par le conseiller communication du président de la République, Rassoul Ould Khal, n’a jamais été considérée, ni par l’agence mauritanienne d’informations, ni par la radio, ni par la télévision publiques.

Il paraît même que la dernière photo du président de la République en compagnie de son médecin traitant a été transmise aux sites d’informations privées par Ahmedou Ould Mohamed Ould Abdel Aziz, sans que Ould Brahim Khlil le sache. Il aurait découvert cette photo, comme tous les mauritaniens, sur les sites d’informations. Et, se serait accouru pour surfer sur un événement dont il ignore, copieusement, l’origine. Et, il s’est même, pour faire semblant qu’il est encore au cœur de la chose, permis de donner des déclarations à certains site pour attester l’authenticité d’une affaire qui l’échappe et à laquelle on ne souhaitait pas l’associer.
C’est pour dire que le cercle autour du président se rétrécit, d’une certaine manière. Une volonté, peut-être, pour mieux maîtriser l’information et éviter le maximum de bruits négatifs.

Il faut aussi dire que la maladie de Mohamed Ould Abdel Aziz a donné libre court à la manifestation apparente d’une lutte intestine au sein des hautes sphères. Le général Ould Hadi, un peu à la touche, depuis sa disgrâce, aurait commandité des papiers calomnieux, sur rimsf.com (site proche du général, en déchéance ) à l’égard de Kemal Ould Mohamedou, cousin du président de la République, représentant du groupe pétrolier, Tullow-Oil, et Feil Ould Lehah, proche parent du président.

On s’entretue et on s’entre-déchire, au sein des sphères politico économiques proches de Mohamed Ould Abdel Aziz. A chacun son ennemi qu’il espère anéantir jusqu’au dernier souffle.
Par ailleurs, des jeunes activistes sur les réseaux sociaux ont déjà établi une liste d’oligarques civils et militaires qui, selon eux, ont pillé le pays sous le règne de Mohamed Ould Abdel Aziz. ‘’Quelle que soit l’issue de la crise de l’absence présidentielle, les responsables du pillage des ressources, doivent non seulement restituer à la collectivité ses bien, mais doivent impérativement être jugés, souligne l’un d’eux sur son profil.’’ ‘’N’est-ce pas, Mohamed Ould Abdel Aziz aimait bien dire qu’il lutte contre la gabegie ? Eh bien la lutte continue surenchérit un autre !’’

B‘...
Noorinfo


              

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