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Les Japonais boycottent le poisson mauritanien


Actu Mauritanie
Mardi 26 Août 2014 - 10:56

La société mauritanienne pour la commercialisation du poisson (SMCP) n’arrive pas à écouler la production nationale de la pêche, évaluée à plus de huit mille tonnes. Le niveau de prix réclamé est jugé trop élevé par les grandes entreprises japonaises qui achètent traditionnellement le produit mauritanien : Marubeni, Mitsubishi, Nichireï… Celles-ci ont jugé la ‘’décade’’ fixée en juillet par la SMCP tout simplement exorbitante. Et s’abstiennent désormais d’acheter le poisson mauritanien. Une enquête de notre confrère et partenaire, le magazine mauritanien Biladi


Les Japonais boycottent le poisson mauritanien
En Mauritanie, la production nationale de poisson s’accumule et ne trouve point d’acquéreur. Les acheteurs traditionnels, les japonais, refusent de donner le prix fixé par la société mauritanienne pour la commercialisation du poisson (SMCP). Cette dernière, soutenue par l’Etat, parait prête à engager un bras de fer avec ses acheteurs. Afin de soulager les producteurs, les pouvoirs publics auraient décidé d’intervenir dans l’affaire (...) Pour l'instant, la SMCP a fixé ses prix sur la base d’une offre présentée par un nouveau et petit acheteur, Fudji, qui a amélioré l’offre initiale de plus de mille dollars par tonne. Mais pourquoi, se demande-t-on, la Mauritanie a fixé les prix du poisson sur la base de l’offre d’un nouvel arrivant qui n’a prix qu’une petite quantité du produit ? Les responsables de la société répondent que leurs prix sont ceux du marché et qu’ils n’ont d’autres choix que de les maintenir. De là est né donc le bras de fer avec les acheteurs japonais dont les conséquences se font déjà sentir durement par les artisanaux mauritaniens. Et même certains grands producteurs. Une situation d’autant plus dure que le produit n’a quand même pas été vendu depuis quelques mois et que la production, très bonne, continue de s’accumuler dans les usines sans acquéreur.

Des congélateurs pleins

A Nouakchott, par exemple, la capacité de stockage a atteint ses limites, tant les usines sont saturées. A Nouadhibou, où la capacité de stockage est plus importante, la limite extrême n’est pas encore atteinte. Elle le sera probablement au retour des congélateurs qui, depuis la fin du dernier arrêt biologique, n’avaient pas débarqué. En plus de cela, s’ajoute la vulnérabilité des artisanaux qui n’ont pas la capacité financière de pouvoir travailler quelques mois sans vendre leur production. Ceux-ci, nombreux et fragiles, font la voix et réclament une intervention décisive pour résoudre leurs problèmes. Face à cette crise, le conseil d’administration de la SMCP, réuni lundi (18 août), a décidé de maintenir son offre de prix et d’aller donc à la ‘’confrontation’’ avec les acheteurs.

Une position qui semble bien inspirée par les pouvoirs publics qui, en guise d’aide aux producteurs, a enjoint à la caisse de dépôt et de garantie d’intervenir pour les aider à résorber leurs difficultés de trésorerie. Juste un prêt en attendant la vente du produit de la pêche. Cette mesure peut soulager momentanément, mais elle ne constitue une solution définitive, si la crise arrive à se prolonger. La SMCP a pris deux autres mesures : arrêter la production artisanale et demander au ministère de proclamer un ‘’arrêt commercial’’ immédiatement. Tout cela pour renforcer la capacité de manœuvre de la société de commercialisation devant les acheteurs. Constitués exclusivement de japonais, les acheteurs du produit mauritaniens sont présentés comme pragmatiques et réalistes et qu’à ce titre ils reviendraient rapidement sur leur décision de boycotter l’achat de notre production de poisson qui ne peut, pourtant, être écoulée qu’au Japon.

Des intermédiaires suspects

En attendant de voir les développements futurs de cette affaire, il faut noter qu’elle nous ramène aux mêmes problèmes dont souffrait la commercialisation du poisson mauritanien avant la privatisation de la SMCP. Depuis 2010, le pouvoir est revenu sur le statut de cette société qui est redevenu publique à hauteur de 70% de son capital. Un retour à la case départ avec tous les inconvénients dont le moindre est que ceux qui commercialisent, des fonctionnaires, vendent un produit qui ne leur appartient pas et peuvent bien se “sucrer”, impunément, sur le dos des propriétaires.

Ensuite, les grands producteurs et les usiniers ont leurs propres partenaires chez les acheteurs avec lesquels ils ont quand la latitude de traiter sous la table sans que personne ne puisse les empêcher. Enfin, il y a la fragilité de la pêche artisanale qui fait travailler beaucoup de monde et dont les revenus rentrent directement dans le tissu économique national. Celle-ci ne bénéficie pourtant pas, comme c’est le cas chez nos voisins, de mesures particulières d’encouragement.

Source:Mondafrique
Noorinfo


              

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