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Les Dockers de la condition humaine


Tribunes
Jeudi 25 Avril 2013 - 13:38

Le Docker par essence, aussi pauvre, misérable est un citoyen qui s’endort tranquillement la nuit sans se donner trop de peine à réfléchir sur son lendemain. Par sagesse et par dignité, le Docker sait que sa vie à lui se résume en trois jours : hier, aujourd’hui et demain. Hier ou aujourd’hui, demain en principe ne devra pas changer. Comme d’habitude, il devra faire la prière de l’aube, prendre un verre de thé fort et un morceau de pain sec. Faire à pied 15 à 20km pour se retrouver au centre du Wall Street national, le port autonome de Nouakchott. Sur leurs têtes, leurs épaules, leurs dos ou leurs bras devra transiter toute l’économie nationale.


Les Dockers de la condition humaine
Malgré l’océan au fond de leurs yeux, ces Dockers avaient au fond de leurs cœurs quelque chose de secret. Celui d’être exploité jusqu’à des heures tardives du soir à 0,8 ouguiyas le kilogramme. Quel honte. Non franchement j’ai honte. Sommes-nous réellement des musulmans ? C’est de l’exploitation de l’homme par l’homme. La noble cause de ces pauvres restes un produit privatisé à des sous-traitants et hommes d’affaires qui n’ont de sang que le profit. Dans leur communiqué et pendant leurs interventions, ils déclarent qu’ils ne sont pas venus semer le désordre mais juste le droit de réclamer que la prime de 0,8 UM/Kg soit révisée et le droit à une ambulance.

Il n’y a pas de Dockers de droite ou de gauche, de l’opposition ou de la majorité, noirs ou blancs mais des chevaliers de la mer, de toutes les couleurs et de toutes les couches sociales. Honte à ces centrales syndicales qui essaient de profiter de cette juste cause pour des démonstrations politiques. L’opposition aussi doit cesser certaines initiatives mesquines à vouloir profiter de tout mouvement : estudiantins, médecins, marins, dockers ou rumeurs pour inciter à la violence. On ne prend pas le train en s’agrippant. Quel est le leader politique qui a déjà fait le déplacement au port ou dénoncer dans un meeting, interview ou programme ce cas inhumain ? Ceux de la majorité me rappelleront que le Président Aziz était une fois venu les écouter. Mais à ceux-là, je dirais que le soutien à un Président ne doit pas les empêcher de dénoncer une intervention musclée des forces de l’ordre contre des manifestants pacifistes. Et à ces pauvres auditeurs qui interviennent depuis deux jours sur les ondes de radios privées pour annoncer le début du printemps arabe, de savoir qu’en Mauritanie il n’y a pas de printemps ni d’hiver mais un été éternel capable de mettre hors état de nuire tous les déchets toxiques de la planète.

Le Président des pauvres doit savoir que la grandeur d’un homme commence par la reconnaissance du mérite de ces Dockers. Ces braves hommes sont un facteur déterminant dans le développement économique du pays. De quels droits doivent-ils rester des vaches à traire pour des sous-traitants qui ne se conforment même pas au principe de l’Islam, celui d’aimer pour son frère ce qu’on aime pour soi-même.

Mohamed Abdallahi Mohamed Salem

Dit Bollahi
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