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Législatives : Le Parti socialiste seul maître à bord du bateau France


International
Lundi 18 Juin 2012 - 10:12

Majorité absolue pour le PS, groupe parlementaire pour Europe Ecologie-Les Verts, retour du Front national à l'Assemblée, et nouveau crash du MoDem. Tels sont les enseignements des élections législatives françaises, qui achèvent ce dimanche 17 juin 2012, une très longue campagne politique française, commencée à l'automne 2011 avec la primaire socialiste. La gauche va devoir maintenant s'atteler aux lourdes tâches à venir: faire face à la crise européenne, lancer de nouvelles réformes en France.


Tous les ministres en lice lors des élections législatives ont été confirmés par le suffrage des Français. Photo : le 17 mai 2012 à l'Elysée. AFP PHOTO LIONEL BONAVENTURE
Tous les ministres en lice lors des élections législatives ont été confirmés par le suffrage des Français. Photo : le 17 mai 2012 à l'Elysée. AFP PHOTO LIONEL BONAVENTURE
François Hollande, en campagne depuis mars 2011 pour la primaire de la gauche, va enfin pouvoir s'atteler à la tâche lourde qui l'attend : réformer la France et faire face aux crises économiques qui s'enchevêtrent en Europe.

Ce dimanche 17 juin, la France est sortie d'une longue phase de campagne politique, avec un deuxième tour des élections législatives en forme de vague socialiste déferlant sur l'Assemblée nationale. Tous les ministres en lice ont été (ré)élus, ce qui leur garantit de rester en place.

A lui seul, avec une poignée d'élus divers gauche, le parti présidentiel obtient 302 sièges de députés sur 577, soit 13 de plus qu'il n'en faut pour avoir la majorité absolue. Si la patronne des socialistes Martine Aubry a tenu à associer les autres composantes de la gauche à cette victoire, le constat est pourtant sans appel : son parti peut diriger le pays seul, détenant par ailleurs le Sénat et la très grande majorité des collectivités locales (départements, régions, grandes métropoles...). Une situation sans équivalent dans le reste des démocraties occidentales.

Scrutin sans pitié

En ajoutant le Parti radical gauche (12 sièges), on parvient même à 314 députés. L'Union pour un mouvement populaire (UMP), le parti de Nicolas Sarkozy, retrouve en revanche les bancs de l'opposition avec seulement 194 députés. A ses côtés, le Nouveau centre n'a que 14 députés, et s'associera peut-être au Parti radical valoisien (6 sièges) pour atteindre le seuil fatidique des 15 députés nécessaires à la constitution d'un groupe parlementaire.

La vraie surprise du deuxième tour vient des écologistes, qui semblaient bien faibles à l'issue du premier tour. Europe Ecologie-Les Verts, qui avait scellé une alliance électorale avec le PS dans une soixantaine de circonscriptions, est finalement en capacité de former un groupe parlementaire pour la toute première fois de son histoire (17 sièges).

A l'inverse, le Front de gauche pâtit de l'absence d'alliés dans ce scrutin sans pitié. Le Parti communiste et ses alliés du Parti de gauche, de la Fase et de Gauche unitaire ne recueillent que 13 sièges. C'est tout de même mieux que le Front national, insuffisamment implanté localement pour pouvoir espérer autant de représentants.

Le MoDem fait office de figurant

Et pourtant, le Front national opère cette année un retour historique dans l'enceinte de l'Assemblée nationale. Absent du palais Bourbon depuis 1988 (le scrutin proportionnel avait été choisi en 1986 pour les législatives en lieu et place du scrutin uninominal à deux tours, permettant au FN d'être représenté pendant deux ans), le parti de Marine Le Pen brise la malédiction et rafle deux députés.

Les représentants nationalistes seront l'avocat Gilbert Collard et la nièce de la leader frontiste, Marion Maréchal-Le Pen. Sa tante Marine passe à deux doigts de la victoire dans le Pas-de-Calais, et a d'ores et déjà demandé le recomptage des voix dans sa circonscription de Hénin-Beaumont, où le candidat socialiste la devance.

Que dire enfin de la situation du MoDem ? Avec deux députés, sans leader puisque François Bayrou est battu à Pau, le parti centriste paie cher sa volonté de s'émanciper de la droite, et sera à nouveau réduit au rôle de figurant de la vie parlementaire.

Par Igor Gauquelin
Pour rfi
Mamoudou Kane


              

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