Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Le temps des congrès


Vu de Mauritanie par MFO
Lundi 31 Décembre 2012 - 15:45


Le temps des congrès
Après le congrès de Tawaçoul qui a permis de réunir l’Internationale islamiste à Nouakchott, voici venir le temps de celui de l’Union des forces du progrès (UFP), avec cette fois-ci la possibilité de rassembler ce qui reste d’une «certaine» gauche internationaliste, en attendant la retrouvaille de l’Alliance populaire progressiste (APP) qui devrait être l’occasion pour les nationalistes arabes et autres de faire la démonstration qu’il en existe encore.

D’habitude, un congrès de parti sert à renouveler les grands choix et à relancer le projet de société sur lequel militants et cadres se retrouvent. Il peut être l’occasion de revoir ces choix s’ils s’avèrent mauvais ou de changer de stratégie si la voie tracée n’a pas été judicieuse. C’est un peu l’évaluation «à mi parcours» comme disent les consultants de chez nous. Voir ce qui a été fait, redresser la barre pour atteindre de nouveaux objectifs déterminés…

Le congrès de Tawaçoul a permis de réunir …les Frères (avec F si l’on veut faire le jeu de mots), de «révéler» quelques ambitions pour la présidence du parti qui se sont exprimées contre son leader actuel Jemil Ould Mansour, et d’exprimer enfin quelques nuances dans l’engagement politique local.

La Mauritanie a effectivement accueilli des hôtes de marque (sure l’échelle de l’islamisme politique) : l’idéologue tunisien Rachid Ghannouchi, l’un des hommes forts de Hamas et quelques autres moins connus du grand public. Certains d’entre eux ont été l’objet d’une attention particulière de la part des autorités et de la société civile. Ce qui s’est traduit par des rencontres, des invitations et des cérémonies plus ou moins festives.

Les ambitions exprimées par Mohamed Ghoulam et Ould Beyba qui ont fini chacun dans sa précédente place au sein de la structure dirigeante du parti (malgré les scores et la «rébellion» passagère), ne sont pas réelles. Dans la mesure où les deux hommes ne présentent pas d’alternative à Ould Mansour et ne peuvent s’inscrire contre lui. Tout le monde sait enfin qu’au sein de la mouvance, les divergences ne remontent pas en surface. Et ce n’est pas le propre de ce parti, mais la caractéristique de tous les partis mauritaniens qui se fondent non pas sur la légitimité d’un chef mais sur celle d’un combat, d’une lutte et d’un parcours. C’est aussi la caractéristique de l’UFP.

Tout ça pour dire que l’intérieur de ces partis ne souffre pas les ambitions personnelles ni les visions «hors normes». Il y a un chemin, une voie, une sorte de consensus qui a pris le temps de mûrir et de prendre à partir de «la base». Ce qui «perturbe» d’ailleurs au sein de ces formations, c’est bien la présence de personnalités propulsées au premier plan en vue de faire la démonstration d’une ouverture sur toutes les élites et donc «d’élargir la base populaire du parti». On le sent aujourd’hui comme «une perturbation», mais demain ?

L’impression que laisse le congrès de Tawaçoul est bien celle-là : tout n’a pas été dit, tout n’a pas été décidé, la page, même si elle a été (très légèrement) pliée, n’a pas été effectivement tournée. Ce qui n’empêche pas certains de tout parier sur une possibilité d’alliance entre Tawaçoul et l’Union pour la République (UPR) le parti au pouvoir aux prochaines élections. On va verra, comme disait l’autre.

De nombreux partis venus cette fois-ci du flanc sud de la Mauritanie, pour la plupart du moins. Comme pour Tawaçoul, le congrès de l’UFP a vu la présence de tous les chefs des partis «significatifs» du pays. Les divergences étant minimes, certains de nos confrères et des sites (dits) d’information vont essayer de dénicher des oppositions internes entre le «canal historique» et le «canal populaire».

C’est ainsi qu’«on» insista sur la présence de Mohamed Ould Khlil aux premières loges d’un parti qu’il a combattu non seulement en tant que militant nationaliste, «chauvin» comme on disait à l’époque, mais en tant que Préfet, Wali et finalement bras de régimes dictatoriaux comme celui de Ould Taya. La présence de Ould Khlil et son ascension au sein de la formation héritière du mouvement national démocratique (MND), s’expliquent par la recherche d’élargir la base du parti sur des horizons moins «conventionnels».

Ould Khlili, activiste du Tagant a réussi à se faire une popularité lors de son passage à la Wilaya de Nouakchott : c’est sous son autorité que le phénomène «Fallouja» a vu le jour, ce quartier de la capitale qui symbolise tous les déboires causés par l’administration au niveau des gazras… Certains croient plutôt que l’ascension de Ould Khlil, surtout sa désignation comme ministre du parti dans le gouvernement de Waqef I, que tout cela lui revient pour sa proximité «génétique» avec le leader du parti, Mohamed Ould Maouloud. Mais c’est méconnaitre le chef historique du MND que de croire qu’il en est encore à ce stade…

Quoi qu’il en soit, on retiendra du discours d’ouverture et du rapport moral du président du parti que «depuis 2005, (le) parti a conquis une place de premier plan dans la scène politique. D’abord à travers les élections législatives et municipales de 2006 à l’issue desquelles l’UFP devint le deuxième parti à l’Assemblée nationale après le RFD avec 9 députés, compte non tenu de la masse des indépendants.

Si à Nouakchott nous n’avons pu être en tête dans aucun arrondissement de la capitale, nous sommes par contre le seul parti d’opposition à avoir conquis des communes à l’intérieur du pays. Neuf communes toutes arrachées de haute lutte au tenant de l’ordre établi, dont une capitale régionale (Tidjikja) , en alliance avec des partenaires locaux, deux chefs lieux de départements (Boghé et Barkeol) et des communes rurales dont certaines du fameux triangle dit de la pauvreté (Moït et Takobra), dans un monde rural, traditionnellement domaine réservé des pouvoirs dominants.»

Que le coup d’Etat du 3 août 2005 est «intervenu juste au moment où la classe politique venait de se mettre d’accord, sur le principe de la tenue d’une table ronde des partis pour une sortie de crise qui rende possible l’alternance démocratique. En quelque sorte, le putsch ravissait l’initiative à la classe politique». Comme toujours…
...mais à qui la faute?

Noorinfo


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter