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Le secret d’Olivia : « Etre enceinte, c’était horrible et merveilleux à la fois »


Société
Vendredi 4 Septembre 2015 - 06:00

Aux premiers jours de ses règles, dont les cycles se décalent chaque mois un peu plus, Olivia ressent une bouffée de tristesse. Elle pleure en se couchant, le matin en se levant. Ses amis pensent que son divorce est en cause mais il n’en est rien.


Le secret d’Olivia : « Etre enceinte, c’était horrible et merveilleux à la fois »
 Devant une grenadine, Olivia confie d’une voix défaite :
 
« Je vous en parle pour ne pas avoir à en parler. C’est libérateur. »
 
Quelques jours avant, la jeune femme a envoyé un e-mail contenant huit phrases. Objet :
 
« Mon secret. »
 
« Si tu es enceinte, avorte »
 
Olivia, 33 ans, a quitté son mari à l’automne dernier après des années de relation. Elle démarre peu après une histoire avec un homme, « un gentil garçon ». Rien d’officiel : lui a quelqu’un et ne désire rien de plus. C’est leur « petit secret », lui a-t-il dit un jour.
 
Début 2015, ils se voient de manière espacée. Mais aux premiers jours de février, elle tombe enceinte de lui.
 
« Je ne l’ai pas su tout de suite. Ça s’est manifesté par des sensations que je ne connaissais pas, mes seins gonflaient, mes règles avaient du retard... »
 
Avant de faire un test, elle partage ses doutes avec quelques amies – « une connerie ». Ces dernières se permettent de lui faire part de leurs conseils sans même qu’elle ne leur demande :
 
« Si tu es enceinte, avorte, ce mec n’est rien pour toi. »
 
Alors quand le test s’avère positif, elle n’en parle qu’à deux amis, par SMS, et ment aux autres. Etre enceinte de cet homme, « c’était horrible et merveilleux à la fois » : Olivia a envie de le garder, « même dans ce contexte complètement merdique ». Le terme serait tombé au mois de novembre.
 
« Ça m’a transpercé le cœur »

 
Au « coresponsable de la grossesse » non plus, elle ne dit rien sur le moment. Elle réfléchit.
 
« Je me suis dit que si je décidais d’avoir cet enfant, je lui dirais après. Je ne voulais pas qu’on me vole ma décision. »
 
Avec son ex-mari pourtant, ça n’a jamais été le bon moment. « J’aurais préféré avoir un enfant seule plutôt qu’avec lui », résume-t-elle. La jeune femme croit savoir que son âge influe beaucoup – à 20 ans, la question se serait posée différemment.
 
Olivia n’a finalement pas le temps de formaliser sa décision de garder ou pas l’enfant : moins d’un mois après, tout « s’arrête » naturellement, « dans les toilettes et la baignoire ».
 
Olivia fait une fausse couche.
 
« Ça ne paraît rien mais depuis je m’enfonce », écrivait-elle dans son premier e-mail.
 
« C’était minuscule mais ça laisse un vide. Ça m’a transpercé le cœur. »
 
« Les gens ne comprendraient pas »
 
Aux deux amis qu’elle avait prévenu par SMS, elle envoie un nouveau message pour les mettre au courant, sans s’étendre. Au coresponsable de grossesse, avec qui la relation s’est terminée, elle signifie la fausse couche par écrit.
 
« Il m’a dit qu’il était très triste pour moi. »
 
Elle demande aussi à le voir un soir pour discuter :
 
« J’avais besoin qu’il entende ma peine, lui dire que j’avais le sentiment d’avoir perdu un enfant. »
 
Aux autres, pas un mot :
 
« Je me suis dit que les gens ne comprendraient pas. J’espère un jour avoir des enfants dans un contexte favorable et amoureux mais je suis persuadée que ça ne comblera pas la perte de celui-là. »
 
Elle ne croit pas que ses amis peuvent comprendre l’intensité de sa douleur et explique en avoir déjà fait l’expérience plus jeune, à l’occasion de problèmes de santé : l’empathie a ses limites.
 
Un tatouage près du sein gauche
 
Récemment, quand Olivia a eu de nouveau ses règles, son mal-être a empiré. « Peut-être que le terme est le temps qu’il faut pour dire au revoir », avance-t-elle.
 
En avril, elle s’est fait tatouer une étoile près du cœur que de rares personnes ont aperçu. Sa manière à elle d’incarner cet enfant – resté « irréel » – par une image à l’encre noire, dont la couleur s’estompera avec les années.
 
« Une étoile naît et meurt. Parfois, elle dégage tellement de matière qu’elle s’effondre d’elle-même. Mortes, elles émettent encore de la lumière. »

***
Sur Ne le dis à personne, je recueille des histoires qui, par petites touches, révèlent des choses sur nous, nos tabous, nos relations sociales, familiales... Pour préserver les protagonistes, les prénoms du secret ont été modifiés. Chers riverains, racontez-moi votre secret
(ebrouze[@]rue89.com).


 
Noorinfo


              

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