Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Le rêve malien du styliste Xuly Bët


Culture
Jeudi 24 Octobre 2013 - 11:40

C’est le plus parisien des stylistes africains. Lamine Badian Kouyaté, malien par son père et sénégalais par sa mère, diplômé d’architecture, a marqué les podiums du Paris des années 90.


Lamine Kouyaté, le créateur de Xuly Bët (Alex Mahieu)
Lamine Kouyaté, le créateur de Xuly Bët (Alex Mahieu)
Son premier défilé, un moment d’anthologie aux Tuileries : des filles noires portant une collection entièrement blanche, des robes moulantes aux coutures rouges... Rien d’exotique, mais tout de contemporain.
 
Incarné à l’écran par Forest Whitaker dans le film de Robert Altman « Prêt-à-porter » (1994), il est souvent appelé du nom de sa griffe, Xuly Bët (« l’œil grand ouvert » ou « tu veux ma photo ? » en wolof).
 
Il n’a plus de boutique aux Halles ni sur le boulevard Beaumarchais – mais il est loin d’avoir disparu de la scène. Son atelier, lancé en 1991 dans les squats d’artistes de l’Hôpital Ephémère puis installé en 1994 à Pantin, se trouve désormais rue des Gardes, à la Goutte d’Or à Paris.
 
Il y organise des ventes privées les premiers week-ends de chaque mois, courues par une clientèle de fidèles, et développe un site de vente.

Modèles de la collection été 2013 (DR)
Modèles de la collection été 2013 (DR)
Le pouvoir d’achat des Ouest-Africains
 
Son rêve : créer une industrie de la confection encore inexistante au Mali – un pays pourtant grand producteur de coton. Et vendre de nouvelles collections dans toute l’Afrique de l’Ouest. Un marché de près de 300 millions de personnes, en majorité des jeunes.
 
« Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire, Nigéria, Togo, Bénin, Niger, Ghana, quand on met toutes ces populations ensemble, ça fait du monde. Un gros gisement avec un pouvoir d’achat qui n’est pas nul du tout, surtout avec la croissance. »
 
Pour l’instant, la confection au Mali est dominée par la fripe, les importations de produits chinois et les petits tailleurs de quartier, des artisans qui travaillent jour et nuit pour faire du sur mesure.
 
Ils cousent et brodent des ensembles en bazin (coton damassé) ou en wax (« cire »), les imprimés à larges motifs autrefois rapportés d’Indonésie par les colons néerlandais, toujours produits par les usines Vlisco, notamment au Ghana. Lamine Kouyaté :
 
« Le wax, il faut faire avec, mais il faut aussi le moderniser. Il faut tricoter le coton et faire des T-shirts basiques, s’intéresser aux préoccupations et aux désirs des jeunes. »
 
Le Mali ne fait pas peur à Xuly Bët, même si le pays n’est pas tout à fait sorti d’une grave crise. Un premier essai a été fait en 2008 avec une petite collection en coton bio du Mali pour les supermarchés Leclerc. Cette fois, il cherche activement des investisseurs et des partenaires.
 
« Il faut des moyens industriels, mais aussi une volonté politique forte pour réaliser ce type de projet. En ne perdant pas de vue que le textile, c’est pourvoyeur d’emplois. »
 
A bons entendeurs...
 
Sabine Cessou
Pour Rue89
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter
Les + populaires