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Le président Ahmadinejad face à ses critiques en Iran


Lu sur le web
Mardi 8 Novembre 2011 - 17:54

Le 3 novembre, le président Mahmoud Ahmadinejad a rencontré un groupe de ses partisans à Téhéran, Haamian-e-e Goftemaan Enghelaab-e Eslami (« partisans du dialogue Révolution islamique »). Si une partie de la presse a édulcoré ses propos, notamment ses attaques contre les partisans de l’ayatollah Ali Khamenei, le site Dolat-e ma (« Notre gouvernement »), qui soutient M. Ahmadinejad, a publié le discours entier.


Le président Ahmadinejad face à ses critiques en Iran
Le Teheran Bureau a publié un résumé en anglais des principaux points de son discours (Muhamad Sahimi, « Ahmadinejad Lashes Out at Critics » ). Le bureau du président a publié le 4 novembre un démenti affirmant que ses propos avaient été déformés. Il semble toutefois qu’ils aient bien été tenus. On trouvera une analyse de leur signification et de la possibilité qu’ils marquent une étape dans la confrontation rampante entre le Guide et le président Ahmadinejad dans l’article de Scott Lucas, « Iran Special : Decoding Ahmadinejad --- Did He Just Declare the “Final Confrontation” Within the Establishment ? », EA Worldview, 7 novembre. Rappelons que de nombreux proches du président ont été arrêtés dans les derniers mois.
J’ai traduit les propos prêtés à Ahmadinejad (à partir du texte anglais). A l’heure où les menaces d’une attaque contre l’Iran se font plus insistantes, ces éclairages sur le débat à l’intérieur de la direction iranienne me semblent importants. Quand Ahmadinejad parle de l’opposition, il vise les éléments radicaux du régime et, indirectement, le Guide, l’ayatollah. Il ne désigne jamais nommément ceux-là, mais parle de « eux » ou « ils ». C’est le traducteur en anglais qui a précisé « les partisans de Khamenei ».

* Sur sa capacité limitée à dire la vérité au peuple :

« Quelqu’un dans ma position au service de la nation ne peut exprimer que 10% de ses pensées, et peut-être encore 25% dans le futur, mais ne peut pas parler du reste, soit 60 %, parce qu’il y a les impératifs de l’intérêt national qui priment. Nous ne sommes pas venus à cette position pour nous protéger, mais pour brandir le drapeau et la gloire de la République islamique. Ils [l’opposition radicale] disent que je suis devenu perverti [ou « déviant » dans un sens plus limité]. Si le droit chemin [non déviant] est ce que l’opposition au gouvernement dit, alors j’ai toujours été un déviant. »
 
* Sur son ascension au pouvoir en 2005 :

« En 2004, quelqu’un de l’[actuelle] opposition m’a rencontré et m’a dit qu’ils pensaient soutenir quelqu’un d’autre pour la présidence [l’élection qui a eu lieu en 2005], mais qu’ils s’étaient rendu compte qu’il ne pouvaient pas le faire [car il n’était pas qualifié]. Il m’a demandé : “Etes-vous prêt [à l’élection présidentielle] ?” J’ai répondu : “Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Si quelqu’un qui est issu des personnes aux pieds nus [les pauvres] devient président, il représentera une autre révolution, et en finira avec l’aristocratie, la royauté, le népotisme et les malversations. Serez-vous capable de tolérer cela ?” »

* Sur la pauvreté :

« Sans aucune planification préalable, j’ai visité un village dans la province de Khorasan du Sud [sur la frontière avec l’Afghanistan dans l’est de l’Iran]. Quand nous sommes arrivés, j’ai voulu que la terre s’ouvre et me dévore. Nous sommes en charge [de la nation] et [il y a] tant de pauvreté ? Certains “explosent” car ils ont tant “mangé” [argot perse, signifie “volé et détourné”], et ... »
* Sur l’ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani :
« Ils [les partisans de l’ayatollah Khamenei] ont oublié 2004, quand un homme qui n’a pas eu le courage de défendre les martyrs a dit que l’ère de l’Imam [l’ayatollah Ruhollah Khomeini] avait pris fin [une référence à Rafsandjani qui a fait une telle déclaration] et était devenu une partie du musée de l’histoire. Personne n’a protesté. »

* Sur l’OTAN et l’Iran :

« L’Occident a mobilisé toutes ses forces pour nous attaquer et en finir avec nous. Il est clair comme le jour que l’OTAN est très impatiente d’attaquer l’Iran. Les conditions ne sont pas normales. Nous nous approchons de la confrontation finale, qui ne sera pas nécessairement militaire, mais peut-être politique... Nous atteignons le pic [de la confrontation]. Si nous ne sommes pas préparés, nous allons souffrir tellement que nous serons ramenés 500 ans en arrière. Ils [l’OTAN] ont voulu attaquer la Syrie. J’ai dit au secrétaire général [des Nations unies, Ban Ki-moon] : “Dites-leur que s’ils attaquent la Syrie, toute la région va exploser.” »

Lire la suite de l'article et les commentaires sur :

http://blog.mondediplo.net/2011-11-07-Le-president-Ahmadinejad-face-a-ses-critiques-en
 
Monde Diplomatique / Alain Gresh


              

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