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Le dromadaire : suspect n°1 dans l’épidémie de coronavirus


Lu sur le web
Vendredi 9 Août 2013 - 23:08

L'animal est sans doute à la source des contaminations humaines par le coronavirus à l’origine du Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient.


Le dromadaire : suspect n°1 dans l’épidémie de coronavirus
Une équipe de chercheurs néerlandais et allemands rapporte, dans ce qui est à ce jour la première étude évaluant la présence d’anticorps spécifiques du nouveau coronavirus (MERS-CoV) chez l’animal, des données permettant d’incriminer le dromadaire comme possible réservoir de ce virus émergeant. Des anticorps spécifiques du virus MERS-CoV ont été retrouvés dans la totalité des 50 dromadaires testés provenant d’Oman, signe d'une infection virale passée ou en cours.

Le nouveau coronavirus a provoqué 94 infections, dans la grande majorité des cas responsables d’une insuffisance respiratoire sévère, dont 46 mortelles. Des cas de MERS ont été rapportés en Jordanie, au Quatar, aux Emirats arabes unis, en Arabie Saoudite, en France, en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni, en Tunisie.

Le virus circule largement dans le Sultanat d'Oman

Le Dr Chantal Reusken de l’Institut national de santé publique et de l’environnement de Bilthoven (Pays-Bas) ont recueilli des échantillons de sérums de 349 animaux provenant d’Oman, des Pays-Bas, d’Espagne (Canaries) et du Chili, dont des dromadaires, des vaches, des moutons, des chèvres, ainsi que de chameaux, de lamas et d’alpagas. Cette étude a été réalisée en collaboration avec deux experts de réputation internationale, les Pr Christian Drosten de l’Institut de virologie de l’Université de Bonn (Allemagne) et Marion Koopmans (département de viroscience du Centre médical Erasmus de Rotterdam).

Résultat : chacun des 50 dromadaires d’Oman étaient porteurs d’anticorps spécifiques du MERS-CoV.

Les échantillons sanguins provenaient de plusieurs localités du Sultanat d’Oman, indiquant que le coronavirus ou un virus très proche circule largement dans la région. Aucun cas d’infection chez l'homme au MERS-CoV n’a toutefois été rapporté à Oman, malgré sa proximité avec d’autres pays de la Péninsule arabique touchés par l‘épidémie de MERS.

Résultats surprenants chez les dromadaires des Iles Canaries

Des anticorps dirigés contre le nouveau coronavirus n’ont pas été détectés dans le sérum des vaches, moutons et chèvres provenant des Pays-Bas et d’Espagne. En revanche, l'étude a montré que les dromadaires des Iles Canaries étaient eux aussi porteurs d’anticorps spécifiques du MERS-CoV. La situation semble toutefois très différente d'Oman puisque seulement 10% des dromadaires des Iles Canaries (15 sur 105) étaient porteurs d’anticorps spécifiques contre ce virus. De plus, les dromadaires des Canaries présentaient un taux d'anticorps du MERS-CoV moins élevé (signe d'une infection de moindre ampleur ?) que celui retrouvé chez les dromadaires d’Oman.

Il est possible que le virus circule depuis un long moment chez les dromadaires et soit donc devenu un virus de ces animaux, ou alors que sa présence chez les dromadaires résulte d’une transmission répétée inter-espèces. Les chauves souris notamment sont pointées du doigt par l'étude. On sait en effet que le MERS-CoV est capable de se répliquer dans des cellules de chiroptères et qu’il partage une grande parenté génétique avec des virus hébergés chez des chauves-souris pipistrelles d’Europe et d’Asie.

Et comme aucun des patients infectés à ce jour par le MERS-CoV n’a rapporté avoir été en contact avec ces mammifères volants, il est peu probable que le virus passe directement de la chauve-souris à l'homme. Le dromadaire avec qui l'homme est en contact étroit pourrait donc représenter un hôte intermédiaire. Il est possible que le virus contamine l'homme directement ou indirectement, peut-être par l’intermédiaire de la viande ou du lait.


Le dromadaire : suspect n°1 dans l’épidémie de coronavirus
C’est la première fois depuis l’émergence l’an dernier de l’épidémie au nouveau coronavirus qu’une étude apporte des données sur un possible réservoir animal de ce virus émergeant. Cette étude séro-épidémiologique, qui montre la présence d’anticorps spécifiquement dirigés contre MERS-CoV chez des dromadaires, n’apporte cependant pas la preuve formelle que ces animaux sont infectés par ce nouveau coronavirus ni par un virus très proche.

Après l'étude séro-épidémiologique, l'étude virologique

Des études ultérieures devront donc le rechercher pour l’identifier et le caractériser chez des dromadaires nouvellement infectés, qui ont récemment développé des anticorps. Il importerait notamment de comparer les souches virales retrouvées chez des dromadaires et celles isolées chez des patients infectés par le MERS-CoV.

Au total, cette étude représente une étape importante dans la compréhension de l’émergence du MERS-CoV. Elle souligne aussi l’importance de conduire d’urgence des études séroépidémiogiques sur les animaux d’élevage et la faune sauvage de la péninsule arabique. Ces travaux sont en effet indispensables pour identifier les possibles réservoirs du virus et concevoir des mesures de protection efficaces contre la transmission de l’animal à l’homme un virus émergeant dangereux.

Marc Gozlan, Sciences et Avenir
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