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Le capitalisme aux soins intensifs


Economie
Mercredi 30 Septembre 2015 - 17:00

Le désespoir frappe les économistes, les politiciens, les financiers et les milliardaires américains (1). Aucun d’entre eux ne veut reconnaître que les lois inexorables de l’économie politique impérialiste (stade ultime du mode de production capitaliste) s’appliquent implacablement et que ni la présidente de la FED ni la Maison-Blanche n’y peuvent rien changer.


Le capitalisme aux soins intensifs
Ils auraient tous espéré une hausse du taux directeur américain jeudi dernier, sans l’espérer paradoxalement, puisqu’ils savent tous le prix qu’ils devraient payer pour valoriser leurs actifs boursiers et retenir aux États-Unis le capital qui s’enfuit (2).
 
Il n’y a aucune conspiration pour faire tomber la bourse américaine et chasser le capital des États-Unis. Il n’y a simplement aucune solution à la crise systémique de l’impérialisme globalisé et mondialisé – crise amorcée aux États-Unis et qui s’étendra immanquablement au monde entier.
 
 Les plumitifs pleurnichent puisque la FED a encore reculé disent-ils. Elle a failli à son devoir de créer les conditions de la valorisation du capital (la production d’une abondante plus-value). Elle a descendu pavillon devant l’émeute appréhender si elle devait hausser le taux directeur américain et plonger des millions de prolétaires états-uniens dans le chômage, la faillite personnelle, la souffrance, sans nourriture et sans abris.
 
Le capital et l’or continueront de fuir ce paradis fiscal déchu pour tenter de faire fortune dans d’autres paradis fiscaux tout aussi exsangues. Qui dira à ces requins-spéculateurs « banksters » et « boursicoteurs » que sous l’impérialisme, stade ultime du capitalisme, toutes les bourses du monde ne forment qu’un seul réseau interconnecté et que l’économie mondiale ne forme qu’une seule et unique entité gouvernée par les lois impératives du capitalisme globalisé et mondialisé (ce que l’on nomme la phase impérialiste du capitalisme). 
 
Les traités de libre-échange ne précèdent pas la levé des frontières et des barrières tarifaires, ils les entérinent, après coup, et ils se multiplient au milieu de cette désespérance prolétarienne impuissante.
 
Les investisseurs auront beau fuir avec leur pactole en direction de l’Europe, du Japon, de la Chine (bien mal en point) la crise systémique du capitalisme les rejoindra jusque là. Un analyste le souligne : « Cette politique d’argent gratuit aboutira à créer les conditions d’un éclatement encore plus apocalyptique des bulles boursières » (3).

Un autre déclare : «Quand les entreprises ont de l’argent, elles préfèrent racheter leurs actions, ce que le marché aime bien, qu’investir dans de nouvelles capacités de production » résume Elga Bartsch, la chef économiste de Morgan Stanley (4).
 
Si de nouvelles capacités de production ne sont pas développées, c’est donc que la production de plus-value stagne ou périclite … donc, que ce mode de production est moribond ! D’où vient donc l’enrichissement factice des milliardaires sur papier?
 
Le krach de 1929 est survenu après une longue période de taux zéro du « prime rate »,  pendant laquelle les banques prêtaient frénétiquement, ce qui a fait grimper les valeurs boursières à des niveaux qui ne correspondaient en rien à leur vraie valeur (sic). Une terrible dépression s’en suivit. C’est ce néant qui attend l’impérialisme mondial qui ne pourra pas continuer à donner l’illusion de prospérer avec un pétrole à 40 ou 50 dollars le baril et une inflation quasi nulle (5).
 
En fait la FED et la classe capitaliste monopoliste américaine font face à un dilemme shakespearien : 1)  soit, ils maintiennent  le prix du crédit à zéro ou presque (0,25%) et ils voient s’enfuir le capital vers d’autres paradis fiscaux à la recherche d’une utopique valorisation; et ils observent  les entreprises américaines délocaliser leur siège social et leur gestion financière vers d’autres cieux tout aussi incléments; et ils  permettent  aux salariés de continuer d’emprunter jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus rembourser, pour  ensuite décréter une dévaluation drastique du dollar flouant ainsi tous les créanciers internationaux de la grande puissance états-unienne. 
 
2) Soit, ils haussent le taux directeur et le prix du crédit et jettent de ce fait des millions d’Américains à la rue, dans la plus terrible indigence, mais toujours disposée à vendre leur force de travail à vil prix pour survivre; réhabilitant ainsi la plus-value absolue en plus de la plus-value relative.
 
 Alors, la terre promise par Jefferson – le paradis de la libre entreprise capitaliste sanguinaire – l’utopie de la nouvelle frontière et de la destinée manifeste perdront tous leurs attraits pour la nouvelle génération d’esclaves salariés paupérisée, surexploitée, aliénée et enragée.
 
 Une inconnue tourmente toutefois la présidente de la FED, tout comme le Président de  la  Maison-Blanche. La classe prolétarienne américaine tolérera-t-elle une telle déchéance et ne risque-t-elle pas de s’enflammer pire qu’à Fergusson, Oakland et Seattle ? Bref, l’un ou l’autre de ces scénarios d’apocalypse ne risque-t-il pas de connaître un second épisode – la guerre civile aux États-Unis? 
 
Voilà pourquoi nous disons que le pays au monde où l’insurrection populaire est la plus imminente ce n’est pas la Syrie, l’Ukraine, la Grèce, la Tunisie, la Hongrie, l’Allemagne ou la France, mais bien les États-Unis d’Amérique, l’État-nation ou les contradictions inhérentes au mode de production capitaliste, en phase ultime impérialiste, sont les plus exacerbées.
 
La classe prolétarienne américaine met au défi la classe capitaliste yankee de hausser le taux directeur états-unien et de la contraindre à la déchéance, mettant en péril jusqu’à sa survie. Un mode de production doit assurer le développement des forces productives et la reproduction élargie de l’espèce humaine ou il ne mérite pas de survivre. Le mode de production  capitaliste mondialisé est aux soins intensifs et nous parions qu’il n’en survivra pas.

Robert Bibeau
les7duquebec.com
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