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Le Brésil de Dilma Rousseff se fracture


Actualité
Lundi 17 Août 2015 - 20:45

Excédés par la crise économique et les scandales de corruption, les Brésiliens manifestent aujourd’hui pour réclamer la destitution de leur présidente. Avec 8 % d’opinions favorables, elle est plus isolée que jamais.


Le Brésil de Dilma Rousseff se fracture
Les anti-Dilma Rousseff se sont donné rendez-vous dans plus de 200 villes au Brésil et dans le monde entier comme à Paris, Berlin, Londres ou New York. Exaspérés par l'affaire Petrobras, qui a ­révélé un vaste réseau de corruption touchant l'entreprise pétrolière publique et les géants du BTP, ils accusent la présidente d'être responsable de la crise politique et économique actuelle. Selon un récent sondage, deux tiers des ­Brésiliens souhaitent la destitution de Dilma Rousseff.
 
Chaque semaine dans la presse, de nouveaux noms de politiciens corrompus tombent. Mi-juillet, le parquet a ouvert une enquête contre l'ancien président Lula. Au même moment, le président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha, a été mis en cause, accusé d'avoir touché 5 millions de dollars de pots-de-vin.
 
 Quelques jours après, il a annoncé son passage à l'opposition. Un coup dur pour Dilma Rousseff, qui perd l'alliance historique qu'elle avait avec le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), dont Cunha est membre.
 
"Depuis, il fait tout pour bloquer les projets de lois anticrise du gouvernement, assure Stéphane Monclaire, maître de conférences à Paris I et spécialiste du Brésil. Il essaie de renvoyer l'image de l'adversaire le plus féroce de Dilma." D'autres membres de la majorité attendraient de voir l'ampleur des manifestations d'aujourd'hui pour prendre position contre la chef de l'État.
 
Récession, inflation et chômage
 
La date du 16 août n'a pas été choisie au hasard par les organisateurs : le même jour, en 1992, des milliers de citoyens défilaient dans les rues pour réclamer la destitution du président Fernando Collor, impliqué dans un scandale de corruption. Jusque-là chef de l'État le plus impopulaire du Brésil, Collor vient de perdre ce titre au profit de Dilma Rousseff, tombée à 8% d'opinions favorables.
 
Bien que la présidente ne soit pas directement impliquée dans le scandale Petrobras, ses opposants veulent lancer une procédure d'impeachment. Pour eux, elle était au courant des pots-de-vin, versés surtout aux cadres de la majorité. Alors ministre de l'Énergie, elle présidait le conseil d'administration de Petrobras, contrôlé par l'État. Réélue en ­octobre 2014, Dilma n'envisage pas de démissionner.
 
Pour Kim Kataguiri, porte-parole de l'association Movimento Brasil Livre ("mouvement Brésil libre") qui a appelé à manifester, "Dilma Rousseff a plongé le pays dans l'une des plus grandes crises économiques et politiques" de l'histoire du pays. Après le boom économique et social des années Lula, le Brésil est entré en récession, l'inflation frôle les 10 % et le chômage et les inégalités augmentent.
 
Gaspard Estrada, politologue à l'Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes (OPALC), ajoute : "La situation actuelle est le fruit du manque grave de gestion politique de Dilma Rousseff. Ces manifestations cristallisent le désenchantement des Brésiliens vis-à-vis de la politique."
 
lejdd
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