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Noorinfo

Laura Baeza, ambassadrice de l'union européenne en Tunisie : "Le moyen terme est plein d'espoir pour le Maghreb"


Société
Mercredi 13 Novembre 2013 - 09:26

A la tête de la délégation de l'union européenne à Tunis depuis un peu plus d'un an, Laura Baeza a été successivement éditrice à Madrid (Ediciones Arion), conseillère pour les relations extérieures au Groupe socialiste du Parlement européen à Bruxelles, membre du cabinet du vice-président Manuel Marin à la Commission européenne à Bruxelles, chef d'unité adjoint "Maghreb" puis chef d'unité "questions horizontales" et enfin chef d'unité "Euro-Med et questions régionales" à la Direction Moyen-Orient et Méditerranée du sud de la Direction générale des relations extérieures de la Commision européenne toujours dans la capitale belge. Elle occupait précédemment (2008 à 2012) le poste d'ambassadeur, chef de délégation de l'Union européenne en Algérie. Initiatrice de ce projet, elle répond à Noorinfo.


Laura Baeza. Crédit photo : Econostrum
Laura Baeza. Crédit photo : Econostrum
Cette première rencontre littéraire euro-maghrébine semble une continuité logique du projet d'union pour la méditerranée chère à l'union européenne, et  particulièrement à l'ancien président français Nicolas Sarkozy. En voyant la chaleur des échanges, et le contact naturel entre les auteurs, on se demande si ce n'est pas plus facile de se lier d'abord à travers nos différences culturelles, identitaires, plutôt que par l'économie ou la politique...
 
J'ai été au cœur de la confection du projet de cette Union pour la méditerranée. J'ai organisé la réunion de Paris. Je connais bien la méditerranée. Et les maghrébins ont en commun avec les pays européens méditerranéens, des choses que le Maghreb ne peut pas avoir avec le reste de l'Europe. Il est plus facile de réunir les gens sur ce qu'ils ont en commun d'abord. Et la culture entre autres, est un terreau formidable pour nouer ces liens.
 
Vous êtes née en France, d'origine espagnole, avez surtout connu la Belgique et travaillé au Maghreb. Laquelle de ces identités prend le dessus?
 
Je suis une étrangère partout et j'aime l'être. Vraiment. Car ça me permet de m'intéresser à tout ce que je vois comme si c'était la première fois. Ça me permet de voir l'être humain dans sa plénitude, en essayant de ne pas teinter l'individu de mes préjugés embarqués.
 
Vous réagissiez à une intervention d'un membre d'un des panels de la rencontre littéraire, en disant "avoir muri en perdant des identités", et que cela aurait "renforcé votre liberté d'esprit". Pourriez-vous expliciter ce processus?
 
Nous sommes comme des serpents qui perdons constamment des lambeaux de peaux. Chaque peau nouvelle nous ouvre à une nouvelle ère, nous accorde un œil nouveau sur le monde et les gens. Les gens pleins de certitudes me font toujours peur. Ainsi, en mûrissant, je me détache plus des oripeaux particularistes. Et en se détachant de ces oripeaux, on est plus libre, car détachés des préjugés sur l'autre.
 
Il y a un essor assez inquiétant vu d'ici, des extrémismes politiques en Europe en général, pointant ainsi du doigt, à chaque fois que c'est le cas, l'étranger. Peut-on voir ce développement à travers le prisme d'une crise d'identité?
 
C'est probable. C'est même le fond du problème. Cela provient aussi de la globalisation et la généralisation des flux mais pas seulement migratoires. De nouveaux groupes communautaires viennent se greffer aux populations autochtones européennes, et la symbiose n'est pas forcément immédiate, et les dysfonctionnements sont là. Il y a tentative de rejet. Mais ce n'est pas la première fois, c'est historiquement récurent. Ce sont des cycles d'évolution des demographies, et je n'ai nul doute sur le fait qu'après les "soubresauts" auxquels on assiste aujourd'hui, la greffe portera.
 
Vous étiez à Alger avant d'être nommée à Tunis. Quel regard portez-vous sur l'évolution politique au Maghreb? 
 
Chaque pays a sa spécificité, il n'y a donc pas d'évolution homogène. Même si il y a des tendances communes par rapport notamment à la restriction plus ou moins importante des libertés d'expression, selon les pays. Mais je garde espoir. Même si c'est compliqué en Libye par exemple, où il y a une crise majeure, le moyen terme est plein d'espoir, car la liberté d'expression devrait permettre aux élites et leaders d'opinions de se manifester. C'est là que vous les auteurs, et les journalistes devez servir de relais à la diffusion et surtout la mise en pratique régulière de cette liberté d'expression, par la jeunesse et la société civile.
 
Propos recueillis à Tunis
Par MLK
Mamoudou Kane


              

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