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Langues nationales : interdites (sauf le hassanya) à l'Assemblée, de façon anticonstitutionnelle


Tribunes
Mercredi 6 Juin 2012 - 10:47

Parler le français à l’assemblée nationale est moins provocateur que l’usage des autres langues nationales.Le député de l’UFP Monsieur Sy samba a –t-il commis un sacrilège en s’exprimant en Pulaar lors de sa prestation politique ?


Langues nationales : interdites (sauf le hassanya) à l'Assemblée, de façon anticonstitutionnelle
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Au lieu de s’attendre à des félicitations, et encourager l’exemple, l’élu de Boghé a eu droit à un blâme assorti d’une interdiction de parler cette langue et mieux des remontrances crues de la part du vice-président de l’assemblée nationale.

Pourtant le député n’a pas outrepassé les dispositions statutaires des langues dans la constitution, ni dépassé d’un trait son contenu. La loi fondamentale accorde aux langues nationales un statut leur conférant le droit d’être parlées et rien ne leur ôte cet acquis même les airs prétentieux de quiconque décrète cette mesure. L’assemblée ou le sénat sont des instituions issues des suffrages du peuple sans lesquelles elles n’existeraient pas.

Et ce peuple n’est pas seulement issu d’une communauté nationale mais de la somme de toutes celles qui existent en Mauritanie. Qu’un vice-président d’une assemblée s’arroge le droit à la censure alors qu’il n’a ni prérogatives constitutionnelles ni mandat politique pour le faire, il a non seulement abusé d’un pouvoir qu’il n’a pas mais aussi et surtout outrepassé le droit à la différence qui doit donner à chaque communauté ce qui lui revient de droit dans ce pays. Le vice-président de l’assemblée s’est donc substitué à la force de la loi pour disposer d’un véto contre les usagers d’autres langues parlées par des composantes larges du pays. Voilà un homme qui n’a pas daigné ménager par ses humeurs étranges un député qui a tout simplement choisi une langue digne de respect et de considération car créée par les Seigneur. Quand on refuse à un homme de parler sa langue, on n’est pas prêt à lui accorder d’autres droits. Et cette aberration s’est passée devant des parlementaires cois.

La solidarité nationale a – t-elle des frontières linguistiques et politiques ? Le survoltage d’un homme à cause de l’usage du Peulh dépasse apparemment le cadre d’une polémique sur l’opportunité d’user ou non de cette langue, pour sentir relents épidermiques. Et quand cela est logé dans les profondeurs de l’inconscient, les réactions pulsionnelles sont fortes. Il ya lieu de présenter des arguments objectifs pour justifier des prises de positions au lieu de continuer à manipuler les armes assassines pour intimider tous ceux qui osent sans complexe utiliser leurs langues pour exprimer leurs pensées.

Le débat est lancé sur une question qui doit être traitée sans complaisance. La démocratie doit servir au moins à lever les tabous sur des sujets qui engagent le destin d’une communauté contre laquelle bien des torts ont été commis gratuitement. Et si c’est au sein d’une assemblée, un lieu respectable où se votent des lois que des attitudes chauvines s’expriment, il y a de quoi s’inquiéter sur la consolidation de l’unité nationale. Que Dieu accorde à ses croyants la force de domination et de maîtrise d’instincts haineux à l’égard du genre humain et qu’il inonde les cœurs de l’amour pour son prochain !

Cheikh Tidiane Dia
Mamoudou Kane


              

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