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La vérité sur l'esclavage en Islam, la voici :


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Samedi 5 Mai 2012 - 23:22


La vérité sur l'esclavage en Islam, la voici :

L’esclavage est dans le texte du contexte

 

 A l’égard de l’esclavage en Islam, il convient de comprendre le texte et le contexte. Ainsi il y a:

 

-  ce que l’on ne veut pas dire à savoir que l’esclavage est mentionné dans le texte du Coran. Et nous allons le montrer dans les lignes qui suivent. L’esclavage est dans le texte du contexte (I) ,

 

-  ce qu’on oublie de dire c’est que le texte sacré s’inscrit dans le contexte,il ne se comprend pas autrement : l’Islam a décrié l’esclavage, l’a combattu en adoptant une approche progressive pour son élimination. L’esclavage est dans le contexte du texte (II)

 

- et ce que l’on doit dire  c’est qu’il y a une mauvaise volonté sinon une mauvaise foi dans le traitement de l’esclavage par ceux-là mêmes qui sont sensé contribuer à l’élimination de l’esclavage parce qu’ils n’ont pas compris l’essence même du message divin, le Coran, ni dans son contexte historique ni dans sa finalité humaine.Ils maintiennent l’esclavage dans le texte et dans le contexte  (III).


 

Aussi la démonstration est la suivante:

 

PUISQUE  l’esclavage est dans le contexte du texte ( esclavage préexistant et contemporain au texte sacré, le Coran)

FORCEMENT l’esclavage est dans le texte du contexte (le coran régit l’esclavage puisqu’il existait dans le contexte de sa révélation.),

DONC l’esclavage  dans le texte ne se justifie que par son contexte (l’esclavage cité dans le Coran est combattu dans son contexte historique),

CONCLUSION: Dans le contexte d’aujourd’hui, l’esclavage est condamnable par le texte et le contexte.

 

 

I- Ce que l’on ne veut pas dire:  l’esclavage est dans le texte du contexte

 

Pourquoi aller chercher chez les jurisconsultes et les Oulémas ce qui dans la source principale est clair comme l’eau de source: l’esclavage est  mentionné dans le Coran. Il ne fait pas de doute et nul ne pourra nous contredire là-dessus: l’esclavage est  fortement décrié en Islam mais l’esclavagiste peut disposer de son esclave. L’Islam a,  cependant, soumis cette disposition  à des règles  précises.

 

Dans le Coran, l’esclave est une propriété de celui qui le possède. Dieu utilise l’expression “مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُمْ “ qui se traduit littéralement par “ ce que vous possédez”, à savoir l’esclave où les esclaves. Le maître peut disposer de cette “propriété”, la vendre, l’épouser et la faire travailler . l’on remarque que dans le Coran , l’esclave est l’antithèse de l’homme ou de la femme libre. Sur ce point voici les passages du Coran sur l’esclavage et les droits du maitre.

 

1. Dans la Sourate “les Croyants” (الْمُؤْمِنُونَ), il est expressément mentionné que l’esclave-femme est à la disposition sexuelle de son maitre:

وَالَّذِينَ هُمْ لِفُرُوجِهِمْ حَافِظُونَ

إِلاَّ عَلَى أَزْوَاجِهِمْ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُمْ فَإِنَّهُمْ غَيْرُ مَلُومِينَ


2.Dans la Sourate les “Femmes” (آية النساء٣), l’esclave femme est une alternative conjugale à la femme libre.

وَإِنْ خِفْتُمْ أَلَّا تُقْسِطُوا فِي الْيَتَامَىٰ فَانكِحُوا مَا طَابَ لَكُم مِّنَ النِّسَاءِ مَثْنَىٰ وَثُلَاثَ وَرُبَاعَ فَإِنْ خِفْتُمْ أَلَّا تَعْدِلُوا فَوَاحِدَةً أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ ذَٰلِكَ أَدْنَىٰ أَلَّا تَعُولُوا


Et si vous craignez de n´être pas justes envers les orphelins, ...Il est permis d´épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n´être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela afin de ne pas faire d´injustice ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille.


3. Dans la Sourate les “Femmes”  (النساء آية ٢٣)   le maitre peut disposer sexuellement de son esclave même quand elle est mariée.
 

Il est interdit à l’homme d’épouser une certain nombre de personnes (pour parenté proche ou consanguinité) et il est ajouté que cela vaut aussi pour les femmes mariées sauf celles qui sont esclaves en toute propriété. Ainsi le maitre peut disposer sexuellement de son esclave même quand elle est mariée (Il en est ainsi de la femme mariée devenue esclave suite à un capture en temps de guerre).

حُرِّمَتْ عَلَيْكُمْ أُمَّهَاتُكُمْ وَبَنَاتُكُمْ وَأَخَوَاتُكُمْ وَعَمَّاتُكُمْ وَخَالَاتُكُمْ وَبَنَاتُ الْأَخِ وَبَنَاتُ الْأُخْتِ وَأُمَّهَاتُكُمُ اللَّاتِي أَرْضَعْنَكُمْ وَأَخَوَاتُكُم مِّنَ الرَّضَاعَةِ وَأُمَّهَاتُ نِسَائِكُمْ وَرَبَائِبُكُمُ اللَّاتِي فِي حُجُورِكُم مِّن نِّسَائِكُمُ اللَّاتِي دَخَلْتُم بِهِنَّ فَإِن لَّمْ تَكُونُوا دَخَلْتُم بِهِنَّ فَلَا جُنَاحَ عَلَيْكُمْ وَحَلَائِلُ أَبْنَائِكُمُ الَّذِينَ مِنْ أَصْلَابِكُمْ وَأَن تَجْمَعُوا بَيْنَ الْأُخْتَيْنِ إِلَّا مَا قَدْ سَلَفَ إِنَّ اللَّهَ كَانَ غَفُورًا رَّحِيمًا

وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ النِّسَاءِ إِلَّا مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ كِتَابَ اللَّهِ عَلَيْكُمْ وَأُحِلَّ لَكُم مَّا وَرَاءَ ذَٰلِكُمْ أَن تَبْتَغُوا بِأَمْوَالِكُم مُّحْصِنِينَ غَيْرَ مُسَافِحِينَ فَمَا اسْتَمْتَعْتُم بِهِ مِنْهُنَّ فَآتُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ فَرِيضَةً وَلَا جُنَاحَ عَلَيْكُمْ فِيمَا تَرَاضَيْتُم بِهِ مِن بَعْدِ الْفَرِيضَةِ إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَلِيمًا حَكِيمًا


Vous sont interdites vos mères, filles, sœurs, tantes paternelles et tantes maternelles, filles d´un frère et filles d´une sœur, mères qui vous ont allaités, sœurs de lait, mères de vos femmes, belles-filles sous votre tutelle et issues des femmes avec qui vous avez consommé le mariage; si le mariage n´a pas été consommé, ceci n´est pas un péché de votre part; les femmes de vos fils nés de vos reins; de même que deux sœurs réunies - exception faite pour le passé. Car vraiment Allah est Pardonneur et Miséricordieux;

et parmi les femmes, les dames (qui ont un mari), sauf si elles sont vos esclaves en toute propriété . Prescription d´Allah sur vous ! A part cela, il vous est permis de les rechercher, en vous servant de vos biens et en concluant mariage, non en débauchés. Puis, de même que vous jouissez d´elles, donnez-leur leur mahr, comme une chose due. Il n´y a aucun péché contre vous à ce que vous concluez un accord quelconque entre vous après la fixation du mahr. Car Allah est, certes, Omniscient et Sage.

4. Dans la Sourate “Les femmes” (  آية النساء٢٥ ), la femme esclave est encore une épouse par défaut et son mariage est soumis à l’autorisation de son maitre. Ensuite si elle commet l’adultère, elle reçoit la moitié du châtiment qui revient aux femmes libres (non esclaves) mariées. A cause de sa condition d’esclave, car son mariage même avec le maitre ne la libère pas de sa condition d’esclave.

وَمَن لَّمْ يَسْتَطِعْ مِنكُمْ طَوْلًا أَن يَنكِحَ الْمُحْصَنَاتِ الْمُؤْمِنَاتِ فَمِن مَّا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُم مِّن فَتَيَاتِكُمُ الْمُؤْمِنَاتِ وَاللَّهُ أَعْلَمُ بِإِيمَانِكُم بَعْضُكُم مِّن بَعْضٍ فَانكِحُوهُنَّ بِإِذْنِ أَهْلِهِنَّ وَآتُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ مُحْصَنَاتٍ غَيْرَ مُسَافِحَاتٍ وَلَا مُتَّخِذَاتِ أَخْدَانٍ فَإِذَا أُحْصِنَّ فَإِنْ أَتَيْنَ بِفَاحِشَةٍ فَعَلَيْهِنَّ نِصْفُ مَا عَلَى الْمُحْصَنَاتِ مِنَ الْعَذَابِ ذَٰلِكَ لِمَنْ خَشِيَ الْعَنَتَ مِنكُمْ وَأَن تَصْبِرُوا خَيْرٌ لَّكُمْ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَّحِيمٌ


Et quiconque parmi vous n´a pas les moyens pour épouser des femmes libres (non esclaves) croyantes, eh bien (il peut épouser) une femme parmi celles de vos esclaves croyantes. Allah connaît mieux votre foi, car vous êtes les uns des autres (de la même religion). Et épousez-les avec l´autorisation de leurs maîtres (Waliy) et donnez-leur un mahr convenable; (épousez-les) étant vertueuses et non pas livrées à la débauche ni ayant des amants clandestins.

Si, une fois engagées dans le mariage, elles commettent l´adultère, elles reçoivent la moitié du châtiment qui revient aux femmes libres (non esclaves) mariées. Ceci est autorisé à celui d´entre vous qui craint la débauche; mais ce serait mieux pour vous d´être endurant. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux .

 
5. Dans la sourate “les abeilles”  (آية النحل٧١ ), Il est bien fait la différence entre les hommes à travers ce que Dieu leur donne comme faveurs dans la répartition des dons qu’il leur fait auxquels ils n’associent pas leurs esclaves.(Cette parabole de Dieu, s’adresse à ceux qui nient ses bienfaits à leur égard)

وَاللَّهُ فَضَّلَ بَعْضَكُمْ عَلَىٰ بَعْضٍ فِي الرِّزْقِ فَمَا الَّذِينَ فُضِّلُوا بِرَادِّي رِزْقِهِمْ عَلَىٰ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُمْ فَهُمْ فِيهِ سَوَاءٌ أَفَبِنِعْمَةِ اللَّهِ يَجْحَدُونَ
Allah a favorisé les uns d´entre vous par rapport aux autres dans [la répartition] de Ses dons. Ceux qui ont été favorisés ne sont nullement disposés à donner leur portion à ceux qu´ils possèdent de plein droit [esclaves] au point qu’ils y deviennent associés à part égale. Nieront-ils les bienfaits d´Allah ?
 

6. Dans la sourate “les romains”(الروم آية ٢٨ ), Dieu cite encore cette parabole de l’esclave dont les nantis par Dieu refusent d’en faire un égal.

ضَرَبَ لَكُم مَّثَلًا مِّنْ أَنفُسِكُمْ هَل لَّكُم مِّن مَّا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُم مِّن شُرَكَاءَ فِي مَا رَزَقْنَاكُمْ فَأَنتُمْ فِيهِ سَوَاءٌ تَخَافُونَهُمْ كَخِيفَتِكُمْ أَنفُسَكُمْ كَذَٰلِكَ نُفَصِّلُ الْآيَاتِ لِقَوْمٍ يَعْقِلُونَ
Il vous a cité une parabole de vous-mêmes : Avez-vous associé vos esclaves à ce que Nous Vous avons attribué en sorte que vous soyez tous égaux [en droit de propriété] et que vous les craignez [autant] que vous vous craignez mutuellement ? C´est ainsi que Nous exposons Nos versets pour des gens qui raisonnent.

7. Dans la sourate “la lumière” (النور آية ٣٣ ). Il est interdit aux maîtres de pousser leurs femmes-esclaves à la prostitution; Cependant , si cela arrive, Dieu leur accorde (aux femmes esclaves prostituées malgré elles) son pardon et sa miséricorde. Mais les maîtres qui les poussent ne sont pas concernés par un quelconque châtiment explicite.
 

وَلْيَسْتَعْفِفِ الَّذِينَ لَا يَجِدُونَ نِكَاحًا حَتَّىٰ يُغْنِيَهُمُ اللَّهُ مِن فَضْلِهِ وَالَّذِينَ يَبْتَغُونَ الْكِتَابَ مِمَّا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ فَكَاتِبُوهُمْ إِنْ عَلِمْتُمْ فِيهِمْ خَيْرًا وَآتُوهُم مِّن مَّالِ اللَّهِ الَّذِي آتَاكُمْ وَلَا تُكْرِهُوا فَتَيَاتِكُمْ عَلَى الْبِغَاءِ إِنْ أَرَدْنَ تَحَصُّنًا لِّتَبْتَغُوا عَرَضَ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَمَن يُكْرِههُّنَّ فَإِنَّ اللَّهَ مِن بَعْدِ إِكْرَاهِهِنَّ غَفُورٌ رَّحِيمٌ


Et que ceux qui n´ont pas de quoi se marier, cherchent à rester chastes jusqu´à ce qu´Allah les enrichisse par Sa grâce. Ceux de vos esclaves qui cherchent un contrat d´affranchissement, concluez ce contrat avec eux si vous reconnaissez du bien en eux; et donnez-leur des biens d´Allah qu´Il vous a accordés. Et dans votre recherche des profits passagers de la vie présente, ne contraignez pas vos femmes esclaves à la prostitution, si elles veulent rester chastes . Si on les y contraint, Allah leur accorde après qu´elles aient été contraintes, Son pardon et Sa miséricorde.

 
 

Quels constats peut-on faire alors en toute sérénité?

 

D’abord, ces sourates prouvent bien que l’Islam n’a pas supprimé l’esclavage d’un seul tenant. Sinon elles l’auraient déclaré explicitement. Ensuite, elles consacrent l’existence de l’esclavage en  aménageant les règles régissant la condition de l’esclave.   Enfin, Les droits du maitre sont explicitement posées.

 

Il faut donc rendre justice aux jurisconsultes musulmans qui ont repris ces règles tirées de la source première et principale de l’Islam: le Coran. Leurs écrits qu’elle que soit leur importance ont une valeur bien inférieure au texte sacré lui-même. Peuvent-ils le contredire? Evidemment que non. Tout au contraire, ce sont les jurisconsultes de l’Islam qui ont explicité, à la suite de la Sunna tracée par le prophète Mohamed (PSL), la voie de combat de l’esclavage. Et c’est cela que l’on oublie de dire. Et voici comment.

 

II- Ce qu’on oublie de dire : l’esclavage dans le contexte du texte

 

Le combat contre l’esclavage transparait d’abord dans les enseignements du prophète Mohamed (PSL), à travers ses actes et ses hadiths, qui montrent clairement la volonté de supprimer l’esclavage (a) elle transparait aussi dans l’effort doctrinal et jurisprudentiel des oulémas de l’Islam d’application des sourates sur l’esclavage en les rapportant à leur contexte (b)
 

a) L’abolition explicite de la pratique esclavagiste par le  prophète Mohamed (PSL),

Toute la stratégie du prophète Mohamed (PSL) a été de supprimer l’un des phénomènes qui ont gangrené la société pré-islamique: l’esclavage. Tout comme pour la consommation d’alcool, la stratégie fut celle des étapes. Il était impossible dans une société bâtie sur l’esclavage et la hiérarchisation des classes de frapper  de front le mal à moins de susciter les réactions violentes. La progressivité était la méthode choisie.
 

Le constat de l’esclavage par l’Islam était lié à des considérations économiques et sociales au temps de son apparition. L’Islam l’a progressivement combattu étant dans une société où l’esclavage était le nerf moteur. En lisant le Coran on constate que la parole de Dieu, expliquée et affirmée par Mohamed (Paix soit sur lui ) a posé une stratégie progressive pour éradiquer l’esclavage. Cette stratégie tenant compte de la situation socio-politique et économique de l’époque.

 

Tout comme à travers des versets progressifs s’abrogeant les uns les autres, Dieu a interdit, progressivement, la consommation d’alcool, il a procédé ainsi pour l’esclavage. Et cela en demandant l’affranchissement des esclaves existant dans des circonstances multiples tout en appuyant le caractère humain de leur traitement.

 

Le Prophète Mohamed (Paix soit sur lui) a dit: « Ce sont vos frères, ces serviteurs qu’Allah a placés sous votre autorité. Quiconque est maitre de son frère doit lui donner à manger de ce qu’il mange lui-même et doit l’habiller comme il s’habille lui-même. N’imposez point à vos serviteurs ce qui est au-dessus de leurs forces, et s’il vous arrive de le faire, venez-leur en aide»( Al-Boukharî).

 

De même qu’il a puni ceux qui les empêchent de procréer : « Quiconque castre son esclave, nous le castrons aussi », ou qu’il leur oppose leur triste condition : « Qu’aucun de vous ne dise : mon esclave homme, mon esclave femme. Qu’il dise plutôt : mon serviteur, ma servante ou mon garçon» (Al-Boukhari).

 

Le prophète a même requis l’affranchissement de l’esclave giflé par son maitre ! « Quiconque frappe ou gifle son esclave doit expier cela par son affranchissement»[ Mouslim].

Allah a dit : « Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le compagnon, le voyageur dans le besoin et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité, tout présomptueux, arrogant . » (An-Nisa verset 36)
 

Cela semble banal aujourd’hui de souligner de tels droits à l’égard d’humains ,mais à l’époque c’était révolutionnaire. Le prophète lui-même en a souffert du fait de l’animosité qu’il a soulevée contre lui dans la société d’alors.

 

Progressivement, l’Islam a multiplié les situations d’affranchissement de l’esclave. Ainsi, on était tenu d’affranchir les esclaves pour expier un bon nombre de péchés (l’homicide involontaire est racheté par le prix du sang, que l’on verse à la famille de la victime, et par l’affranchissement d’un esclave croyant, le déjugement après s’être interdit son épouse, le parjure, la relation sexuelle en pleine journée de Ramadan etc.). L’islam est allé plus loin puisque celui qui commet de tels actes et qui n’a pas d’esclave d’en acheter et de l’affranchir. Sans compter l’affranchissement posthume (par testament), l’affranchissement par contrat etc.

 

Cependant, au-delà de cette stratégie d’affranchissement qui a répondu à un temps et à une époque, l’essence même des versets du livre saint et des hadits du prophète Mohamed (Paix soit sur lui) montre que l’esclavage est réprouvé et que la liberté de l’esclave est une obligation pour le musulman. Et de cela témoigne la parole de Dieu :

« Ceux de vos esclaves qui cherchent un contrat d’affranchissement, concluez ce contrat avec eux si vous reconnaissez du bien en eux ; et donnez-leur des biens d’Allah qu’Il vous a accordés.”

 

Et le prophète Mohamed (Paix soit sur lui) de dire : « Quiconque affranchit un esclave, Allah épargne de l’Enfer chaque membre équivalent de son corps jusqu’à l’organe génital »( Mouslim)
 

L’esclavage est reprouvé par l’Islam qui la combattu et, dans son essence, appelle à s’en passer.

b) L’importance du contexte pour comprendre le texte
 

Au-delà, des enseignements du prophète, un esprit cartésien, connaissant que la source première de l’Islam et le Coran, puis la Sunna pourra dire:  alors, si le sourates citées consacrent bien l’esclavage alors il n y a plus rien à dire: l’Islam est esclavagiste puisque le Coran lui-même reconnait l’esclavage,désigne les esclaves et détermine leur conditions.

 

Ce raisonnement est erroné car la présentation des sourates précédentes hors de leur contexte induit forcément en erreur. Et en cela leur compréhension est difficile, sinon impossible.

 

Ceci est corroboré par la méthodologie d’interprétation qu’adoptent les sommités de l’interprétation en Islam. Tous sans exception recourent aux contexte pour interpréter le texte. Ibn Koutheir, Etabbari, El kortoubi, El Baghoui,  el Mahali et el souyouti (“el jellaleyn”) et bien d’autres, se réfèrent au contexte pour mieux interpréter les sourates du  Coran, ceci ressort de la volonté même de ceux qui ont codifié le Coran en rattachant les sourates  au lieu géographique de leur révélation ( celles révélées à la Mecque, Makkiya, celles révélées à Médine, medeniya..).
 

Prenons un exemple qui révèle de façon lumineuse, le verset (Aya) d’une  sourate alors qu'on l’aurait compris autrement hors de son contexte historique.

 

Reprenons le verset de la  Sourate les “Femmes”  (النساء آية ٢٣), précédent,  le maitre peut disposer sexuellement de son esclave même quand elle est mariée.

 

Placé dans son contexte, il s’avère que les esclaves dont il s’agit sont celles qui l’ont été à la suite des guerres saintes livrée par le prophète Mohamed PSL. Ainsi l’esclave capturée pendant la  guerre pouvait être épousée par le musulman , même si elle fut marié à l’ennemi mécréant.

 

Ainsi s’explique retrouve l’origine de cette pratique rapportée par les interprètes du Coran, tel el Imam El Baghoui (معالم التنزيل ) qui cite Abou Said el khoudri

قال أبو سعيد الخدري : نزلت في نساء كن يهاجرن إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم ولهن أزواج فيتزوجهن بعض المسلمين ، ثم قدم أزواجهن مهاجرين فنهى الله المسلمين عن نكاحهن ، ثم استثنى فقال : ( إلا ما ملكت أيمانكم ) يعني : السبايا اللواتي سبين ولهن أزواج في دار الحرب فيحل لمالكهن وطؤهن بعد الاستبراء ، لأن بالسبي يرتفع النكاح بينها وبين زوجها .
La même explication est donnée par El Kourtobi ( الجامع لأحكام القرآن، والمبين لما تضمن من السنة وأحكام الفرقان) dans les mêmes termes et contexte historique:

وقوله [ تعالى ] ( والمحصنات من النساء إلا ما ملكت أيمانكم ) أي : وحرم عليكم الأجنبيات المحصنات وهن المزوجات ( إلا ما ملكت أيمانكم ) يعني : إلا ما ملكتموهن بالسبي ، فإنه يحل لكم وطؤهن إذا استبرأتموهن ، فإن الآية نزلت في ذلك .


Il est donc évident  que la simple lecture du texte coranique doit forcément s’accompagner de la lecture de son interprétation par les grands interprètes de l’Islam qui ont produit des références incontournables pour comprendre le texte et le contexte. D’ailleurs , cette absence de référence au contexte et l’attachement uniquement au corps du texte coranique, a produit des clichés de la religion musulmane qui ne correspondent pas à la réalité.
 

Ainsi ce verset est venu régir un contexte de guerre et a fourni des solutions correspondant au milieu socio-culturel d’époque que Dieu à travers sa sainte parole, et celle de son prophète Mohamed (PSL), a ramené progressivement au droit chemin. L’abolition progressive de l’esclavage par l’Islam ne peut se comprendre qu’à travers le contexte.

 

III- Ce que l’on doit dire : l’esclavage dans le texte et dans le contexte

 

 

La question est: si l’esclavage existe dans le contexte (Mauritanien), il faut bien admettre qu’il y a quelque part une cause à cela. Et cette cause peut se résumer en ceci: il y a des esprits qui veulent que l’esclavage soit justifié par le texte sacré et maintenu dans le contexte mauritanien, en ignorant sciemment le contexte historique du  texte sacré, contexte qui n’est pas mauritanien. Ils contribuent alors à vouloir justifier l’esclavage par le texte sacré et le contexte.

 

En effet, l’assimilation du Coran et son exposé sont souvent dissociés de l’interprétation (textuelle et contextuelle) par les références de l’Islam, et c’est en cela que l’incompréhension prend place. Comment peut-on justifier que dans nos pays, qu’il  existe encore une forme d’esclavage avec des séquelles ostensibles, sur l’individu et la mentalité de toute une société?

 

De deux  choses l’une: soit le Coran admet l’esclavage, ce qui est, comme on l’a montré, faux, soit ceux qui sont censé détenir le savoir religieux ,ne connaissent  pas le texte et le contexte, ce qui fort improbable.

 

Il est absolument nécessaire que l’enseignement et la vulgarisation du Coran s’accompagnent de son interprétation par les interprètes d’autorité en Islam, qu’il soit mis dans son contexte. Ainsi l’enseignement du Coran se limitant à sa récitation, ce qui est l’exemple de l’Education  religieuse de la majorité du peuple ne s’accompagne pas chez l’apprenant des outils (le sources principales et secondaires de l’Islam) de sa compréhension.Ces outils sont réservés à des érudits alors qu’ils faut vulgariser leur connaissance auprès du peuple.

 

Suffit-il, 0 titre d’exemple, de réciter le texte de sourate “Ennissa”, pour prétendre la comprendre? Certainement que non et nous l’avons montré plus haut, à travers ses versets.
 

C’est la raison pour laquelle le défaut de compréhension du texte et son application littérale ont causé du tort à l’Islam. Et cela a poussé à accréditer l’idée que l’esclavage étant  dans le texte il doit l’être dans le contexte.

 

Réformer l’enseignement des mahadras pour qu’il puisse devenir un enseignement universel, imbu de culture et d’histoire aboutissant à la formation de vrais savants en Islam. Tels les anciens savants qui étaient ouverts à toutes les sciences et non des exégètes du Coran, et des glossateurs et post-glossateurs des écrits des érudits.

 

L’ouléma d’aujourd’hui contrairement aux oulémas d’autrefois, n’intègre pas la science  à son savoir, il se suffit du dogme religieux et n’élargit pas ses horizons par l’intégration de la connaissance universelle telle qu’elle fut recommandée par les précurseurs de la pensée islamique et ses fondateurs.


Ainsi le premier magistrat de l’Islam et le commandeur des croyants, le Calife Omar Ibn El khattab, recommandait d’apprendre la généalogie, la poésie, l’astronomie et la science des étoiles vantant le mérite de ces savoirs dans la connaissance de soi, de son éducation, de son orientation sur terre et sur les mers.
 

Ali Ben Abi Talib images16 a dit: « Si vous interrogez le Coran, il ne vous répondra pas. Mais, je vais vous renseigner sur lui : il contient la science de l'avenir et les chroniques du passé. Il est la thérapeutique de vos maux et l'institution qui vous unit.» Il images16 disait également : « Le savant est mieux que le jeuneur, que l'homme qui prie et que le combattant dans la voie d'Allah. Lorsqu'un savant vient à mourir, une brèche se crée en Islam que ne peut colmater qu'un autre savant qui lui succèdera.»

 

Il faudrait cependant que les savants (“ouléma”), ne se réduisent plus dans leur définition et dans leur conception aux promotions des  cursus arides d’institutions religieuses, coupées de la science et du savoir et déversés dans les rangs d’une société mauritanienne malléable et dans les rouages d’un Etat qui cherche ses marques et sur lequel l’influence de la pensée fermée est pire que les tsunamis.

 

Dans un des chapitres de mon roman “Oualata, le Secret d’une Mauritanie heureuse” '(Editions Cultures croisées. Paris), je m’évertuais à imaginer nos oulémas du siècle à venir. Et aujourd’hui je me dis, face au contexte, que mon texte restera un  pré-texte  pour un contexte qui s’éloigne chaque jour. Voici le texte:

 

En l’an 2254, tous les corps sortant des mahadras et autres institutions d’enseignement religieux reçoivent les mêmes charges horaires dans les matières religieuses et dans les sciences exactes.

Ainsi nos imams peuvent aussi bien vous expliquer le saint livre que la théorie de la relativité générale. Cette ouverture rejetant le dogmatisme a fait progresser l’enseignement religieux de façon fulgurante et a constitué un véritable retour aux sources car les savants des temps anciens pouvaient être à la fois théologiens, mathématiciens, philosophes, médecins etc. Leur foi s’affermissait à la découverte des sciences qui les rapprochaient de Dieu.

Ainsi on doit la Mosquée centrale de Boutilimit à un Imam mathématicien architecte qui la conçue sur une base quadratique sur laquelle s’élèvent des voûtes de cristal dont la réverbération sur le Mihrab (pôle de prière) reproduit en rayons scintillants la syntaxe des versets coraniques. Il a utilisé son savoir dans la psalmodie du coran pour calculer avec précision le mouvement des spectres lumineux qui s’alternent comme des mots, sans lettres, reproduisant une psalmodie en brins de lumières.

Un monument objet d’études dans les écoles d’architecture du monde entier.

Extraits de “Oualata, le Secret d’une Mauritanie heureuse” '(Editions Cultures croisées. Paris),


Ces oulémas n’existent pas encore. Ceux d’aujourd’hui ont mis le texte hors du contexte.


Voici l’ exemple d’une croyante conseillée par des oulémas et qui pense que les maris  des musulmanes mariées (et donc libres), doivent acheter des étrangères et les mettre en esclavage pour pour  satisfaire aux exigences de leur excès de libido !


A  méditer, au regard du texte et du contexte.


En conclusion:
 

Chercher à promouvoir ou maintenir l’esclavage (qui est une atteinte à l’homme et à sa dignité), en invoquant le Coran est une entreprise qui ne correspond ni à l’essence du Coran (venu sauver l’humanité), ni au message du dernier des prophètes Mohamed (Paix soit sur lui), elle correspond davantage à des intérêts inavoués de gens qui dénaturent la parole de Dieu. Mais, dans son omniscience, Dieu ne les a point oubliés. N’a-t-il pas dit:
 

اشْتَرَوْا بِآيَاتِ اللَّهِ ثَمَنًا قَلِيلًا فَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِهِ ۚ إِنَّهُمْ سَاءَ مَا كَانُوا يَعْمَلُون

Ils troquent à vil prix les versets d'Allah (le Coran) et obstruent Son chemin. Ce qu'ils font est très mauvais!”

Verset que Eljellaleyn  et Ibn koutheir interprêtent  de la façon suivante:

فسير الجلالين

{ اشترَوا بآيات الله } القرآن { ثمنا قليلا } من الدنيا أي تركوا اتباعها للشهوات والهوى { فصدُّوا عن سبيله } دينه { إنهم ساء } بئس { ما كانوا يعملونـ } ـه عملهم هذا .

تفسير بن كثير

يقول تعالى ذماً للمشركين وحثاً للمؤمنين على قتالهم: { اشتروا بآيات اللّه ثمنا قليلا} يعني أنهم اعتاضوا عن اتباع آيات اللّه بما التهوا به من أمور الدنيا الخسيسة { فصدوا عن سبيله} أي منعوا المؤمنين من اتباع الحق { إنهم ساء ما كانوا يعملون لا يرقبون في مؤمن إلا ولا ذمة} تقدم تفسيرها وكذا الآية التي بعدها.


Et Dieu n’oubliera personne. Ne le maitre ni l’esclave. Ni ceux qui ont fait d’hommes libres, des esclaves en cherchant à  substituer à une parole  d’humanité et de dignité (le Coran), une parole de servilité et d’exploitation (leur propre parole) . Mais que vaut leur parole face au texte et au contexte?


Pr ELY Mustapha

http://haut-et-fort.blogspot.com


              

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