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Noorinfo

La transparence vue d’en haut…


B'il a dit
Samedi 31 Janvier 2015 - 14:15

Le 19 janvier dernier, Nouakchott était au rendez-vous, officiellement, avec sa conférence de haut niveau sur la transparence et le développement durable en Afrique. La conférence se préparait déjà depuis quelque temps. On y attachait quelque intérêt à la plus haute sphère du pouvoir. On s’attendait à l’arrivée, pour l’occasion, à Nouakchott de plus d’un chef d’Etat africain. On finira par réviser les ambitions à la baisse. Pas autant de chefs d’Etat que ça.


La transparence vue d’en haut…
On gardait espoir, pourtant, et on laissait hisser les drapeaux du Rwanda, pour célébrer l’arrivée imminente de son président, Paul  Kagamé, devant assister à ce rendez-vous de transparence mauritanienne. Le rwandais allait s’inspirer de ses confrères africains et manquer au rendez-vous.  

L’intitulé de la rencontre devrait bien en subir une tragique dépréciation, n’est-ce pas ? Une conférence de haut niveau ! Une marche, puis une autre et encore d’autres jusqu’à l’ultime frontière abyssale de la  déchéance des conférences de haut niveau. On peut dire comme ça, sans vraiment trop pousser la réflexion, que l’intitulé choisi était un peu trop dans l’outrance. De haut niveau ! Mais, ce n’est pas tout à fait cela. Puisque, ici, on a perdu, depuis longtemps le sens de la mesure.   

Voir, le président de la République, ce jour-là, discourir sur la transparence et sur les efforts consentis par lui et son équipe dans ce sens – ou ce non sens serait-on tenté de dire- participe bien de cette perte de sens de la mesure, ici. 

Entre autres passages élogieux de soi, dans son discours d’ouverture, Mohamed Ould Abdel Aziz a dit, dans ce qu’il a dit ceci, on le tient de l’Agence Mauritanienne d’Informations : ‘’ Ainsi, la rigueur dans la gestion, la propagation de la culture de transparence et les efforts de lutte contre la gabegie ont conduit à changer la vision de la société vis-à-vis des prévaricateurs qui sont aujourd‘hui détestés par le citoyen et poursuivis par la justice.’’ On retient bien ‘’ détestés par les citoyens.’’ Ce sont les prévaricateurs qui le sont aujourd’hui. Et, il a raison.  

Il a raison sur l’aujourd’hui, mais il ne s’est pas prononcé sur le ressenti du citoyen vis-à-vis des prévaricateurs dans l’après aujourd’hui.   C’est un peu normal, le président aime bien parler de l’aujourd’hui, du présent, du maintenant du Pouvoir, puisqu’il le maîtrise. 

Il le maitrise, car il acheté, ou confisqué, c’est selon, l’instant présent du Pouvoir dans ces contrées.   Dès lors que son discours est diffusé, transmis et retransmis, c’est une marque d’emprise sur non seul le discours, mais sur le temps du discours. Et ça, ça confère une certaine forme de vérité, circonstancielle, c’est vrai,  à l’énoncé-dit.  Le but c’est l’instant présent. Imprimer sa vérité à et sur son instant. 

C’est une forme de pouvoir. Limitée, vraie, mais l’exception ne saurait donner une vérité en dehors de sa sphère d’exception.   Pourtant, à l’entendre et le voir s’efforcer, ce jour-là, à ânonner son laïus on comprend mieux que la difficulté de lecture ne serait pas liée exclusivement aux subtilités de déclinaisons  de la langue arabe. Elle était, la difficulté, bien au-delà du langage, au-delà de la dyslexie, au-delà du texte. Elle se rapportait, c’est d’une évidence manifeste, au sens, à la quintessence de la chose. 

L’homme, on se tient bien, faisait l’éloge de la transparence, de la lutte contre la gabegie, des prévaricateurs, désormais honnis et maudits sous les cieux de ces contrées. Même la perte de sens de la mesure a ses limites.   Le discours aurait été lu par n’importe quel cacique de l’assemblée, ce jour-là,  par le premier ministre, juste titre, convoquant même, celui-là,  alors pour la malheureuse occasion toutes ses facultés de bégaiement, on aurait juste laissé se dessiner un rictus, sinon un rire  malicieux sur les lèvres. 

Puisqu’on se serait bien  resté dans les mésaventures de la complexité de la noblesse des lettres arabes. On n’allait pas chercher trop loin.  Or, pour le président, c’était différent. C’était comme si, et on ne le souhaite pas un instant, on apprend que la justice mauritanienne a inculpé l’ex colonel Cheikh Ould Baya pour avoir volé un petit poisson de mauvaise facture, en plus, du stock de la société publique de distribution de poissons.  

Des choses de cet ordre-là. Dans la même veine on peut comprendre qu’un banquier qui a laissé faire, s’il ne l’a pas orchestrée, sa banqueroute, au point de faire en-voler la bagatelle de plus d’une dizaine de milliards d’ouguiyas de dépôt appartenant à des sociétés publiques. Et que la justice mauritanienne qualifie, par la suite,  son acte de délit. 

C’est dire que la lecture de son discours ce jour-là avait de la peine, cruelle peine, à passer.  On sentait le mal intérieur qui rongeait. La peur de la limite de la démesure.  C’est comme s’il craignait une voix qui surgirait de la salle. Non, même pas ! Il n’y avait pas de voix dans la salle. Hébétées, toutes les voix, ça marche bien, mine de rien. Mais, la peur était là, avec toute son insolence et persistance, désagréable et dégradante.  

Ce serait  un moment emprunté au Jugement Dernier ou presque. Il en avait tout l’air. Il ne manquait que le témoignage latent qui terrorisait, celui qui ,là, disait le contraire de ce qu’il faisait chaque jour à tous les instants de son pouvoir. Il craignait une trahison qui viendrait de lui. Une main qui dirait objection. 

Un pied qui avouerait son renoncement à fouler un autre palier plus bas. Une oreille assourdie par les choses inouïes ou un œil qui aurait trop regardé dans son impuissance.   Monsieur aurait donné raison à Joseph Goebbels, sans le lire : ‘’ Plus le mensonge est gros, plus il  passe.’’ Les autres n’ont rien compris. Les trésoriers régionaux arrêtés par la police économique pour des affaires de petits millions n’ont rien compris. Quand c’est minime, ça ne passe pas, ici. Il faudrait lire Goebels.

B’...

Source: Rmibiladi
Noorinfo


              

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