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Noorinfo

La semaine du pathos…


B'il a dit
Jeudi 26 Février 2015 - 20:05

La semaine était celle du pathos. Une tragédie qui a endeuillé la grande muette, avec un bilan lourd qui s’apparente un peu trop à celui d’un assaut ennemi violent et meurtrier. Un camion qui transportait près de cinquante soldats, dont quatorze ont trouvé la mort sur le champ- d’autres ne tiendront pas la vie aux blessures- après sa chute libre dans un ravin au niveau d’une passe montagneuse dans l’Adrar.


La semaine du pathos…
Un communiqué officiel, puis l’annonce d’un deuil s’en suivait. Les déclarations d’empathie et de compassion ont fusé de partout et de nulle part. Ce qui est, on ne saurait en douter, une bonne chose. Mais, un sentiment de simagrée planait sur l’élan humaniste tous azimuts. 

Ce n’était pas le premier accident affectant douloureusement la grande muette. Mais, c’était son premier deuil officiel, ou presque, décrété  depuis ces derniers temps. ‘’L’existentialisme, disait, dans ce qu’il disait, l’antiquisant Henri Marrou Irénée, a mis à la mode un pathos outrancier qui met en danger le sérieux même de la pensée.’’ Et l’antiquité, ici, on y est.

Le pathos de la semaine n’en était qu’une manifestation parmi tant d’autres. Le sérieux et de la pensée et de l’acte, on l’a congédié. L’heure est aux larmes. Et toute autre réflexion serait une forme de dérision odieuse du pire. Le manichéisme s’invite de force. Et il n’y avait de chemin que celui des larmes ou du rire. 

Toute autre piste s’anéantit d’elle-même et demeure vide à l’éternité. Il n’y a pas le choix. Ou bien pleurer pour adhérer et s’adhérer à la bien pensance, ou bien rire et s’allier au diable. La radio officielle allait inaugurer la simagrée, bien avant le décret la rendant  officiel, la simagrée. Les partis politiques de toutes les couleurs y allèrent, chacun avec sa petite simagrée.

Le chapitre ne prévoit pas de mots pour la pensée, ni la réflexion. Que le pathos sur commande. Et on oublie, au passage, ceux qui, aux commandes, ont parqué cinquante âmes humaines dans un bolide du siècle dernier, bravant l’incertitude chaotique et cahoteux d’une im-passe moribonde. Un danger on y était et on l’a laissé même derrière,  en dépit du lourd tribut. 

Or, un autre persiste. Il est devant, celui-là. Il a un nom. Il s’appelle l’irresponsabilité des autorités publiques, qui pensent, dans leur bien pensance, à chaque fois, de vendre au public le pathos public, quand la responsabilité publique, qui est censée être la leur, est fortement mise à épreuve.

B...

Et du matos…

Le président de la République organise à l’instant même où s’alignent ces mots une soupe, toute présidentielle,  à l’intention des parlementaires de la majorité. La rencontre intervient dans un moment particulier de la vie de cette majorité, de la vie surtout des ces parlementaires, nombreux sont-ils parmi les convives, qui n’espéraient pas, un jour passé, pouvoir un instant porter l’habit d’un parlementaire. 

Une majorité à et par  défaut, ou presque, en l’absence d’une présence de parlementaires issus de l’opposition dite radicale qui s’est abstenue de jouer la dernière partition des législatives. Ils seraient bien ailleurs, les convives de ce jour,  n’eut-été le boycott des partis de l’opposition traditionnelle l’affaire. L’affaire, on ose bien le dire, dans ce qu’on dit, puisque briguer un mandat parlementaire pour d’aucuns était d’abord et surtout une affaire. 

Une affaire commerciale, dit-on, dans ce qu’on dit. C’est dire qu’ils auraient pu, n’empêche,  chacun de son commerce, rencontrer, loin de toute casquette parlementaire,  le pitancier du jour. Qui pour une affaire de restitution de vente foncière dans les immensités extensives de la ville de Nouakchott. 

Qui pour une affaire de vente de couches pour personnes âgées cédées illégalement pour boucler une opération usurière qui a mal tourné. Qui pour une affaire familiale qui bien prospéré. Les raisons sont multiples autant qu’étaient celles qui ont fait des parlementaires des personnalités, qui n’en rêvaient même pas dans une vie antérieure. 

Le président devrait, peut-être, parler à ses parlementaires. Les rassurer un peu. Leur dire, dans ce qu’il dirait, que parlementaire, ou pas, c’est pareil avec lui. Dès lors que c’est lui le donneur, le vrai, de la force, la notoriété à un parlementaire. Vous resteriez toujours parlementaires pour moi.

Conserveriez toujours les mêmes avantages et passe-droits-ports-et-aéroports. C’est le commerce qui compte, pas le poste. Ainsi, ne viendrait-il pas de donner une réponse aux moult questions qui taraudent ces parlementaires, depuis qu’on a voulu, parlé sérieusement, dit-on, faut pas exagérer, du dialogue. On a casqué biens et matos dans cette élection. On n’a pas encore récupéré tout le matos qu’on a perdu. Et, il faut bien qu’on en gagne davantage. 

Même pas une législature. Et on a fait les calculs, tableaux d’amortissements, prévisions des avantages et autres profits sur un mandat. Des questions de cet ordre-là. Qui trouveraient bien une réponse et ramèneraient la paix et la quiétude commerçante dans les esprits et les âmes sensibles et bouleversés des parlementaires de la majorité.  

Bien sûr, le président n’irait pas oublier son image. Il dirait bien, dans ce qu’il dirait, la force de l’Etat. Une force qui ne l’empêcherait  pas de promouvoir un dialogue qui entraînerait, s’il  devait aboutir, la réduction et reconduction commerçante de plus d’un parlementaire. Il se prononcerait même sur les grévistes de la SNIM et irait jusqu’à dire qu’ils seraient des criminels. 

Ce qui, cela va sans dire, rassurerait bien l’instinct commerçant de ses parlementaires. Et on est content. Tant qu’on est, là-haut, lucide et cohérent avec la logique commerçante de la République et qu’on ne mesure la crise sociale qu’à l’aune de la chose matérielle et son incidence, c’est qu’on est solide. Et que tout va très bien. Quand le matos va bien, la République va tout aussi bien. Dialogue ou pas. Election ou pas ! C’est le matos, qui compte, chez les parlementaires.  Et le président apprécierait bien. Le matos.

B‘...
Source: Rmibiladi
Noorinfo


              

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