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La preuve par dix que Wade va partir!


International
Mercredi 1 Février 2012 - 13:51

Wade président? Lui même n’y croit pas. Il nous fait marcher. En réalité, il ne veut pas se présenter. Mais juste faire du buzz une dernière fois avant de rejoindre les rangs des vieux sages éclairés qui ont su se retirer à temps. La preuve en dix points.


La preuve par dix que Wade va partir!
1 Il est trop vieux et il le sait

Quel est l’âge du capitaine? Officiellement il va sur ses 86 hivernages. Seul Robert Mugabé, le Zimbabwéen fait mieux. Mais Wade a un avantage sur Mugabé, qui est né en 1924, lui est « né vers… ». C’est-à-dire que personne, hormis ses parents, ne peut dire à quelle date le petit Abdoulaye est venu au monde. En 1926, l’état civil était encore balbutiant au Sénégal, et les parents n’étaient pas à quatre ou cinq ans près pour enregistrer leur progéniture. Wade ne manque jamais de rappeler que son père a vécu plus de 100 ans et que dans sa famille les gènes sont solides. Soit. Mais il y a une différence, sur ses vieux jours, entre cultiver l’arachide dans son jardin à l’ombre du flamboyant et diriger le pays. Wade sait qu’il a laissé beaucoup d’énergie au palais et n’aspire plus désormais qu’à couler des jours heureux et paisibles en compagnie de Viviane qui rajeunit grâce au miracle de la spiruline.

2 Il est trop laid, tout le monde le voit

Au pays des thiofs et des thioffettes, Abdoulaye Wade fait pâle figure si l’on peut dire. Certes la beauté est un privilège et nul ne saurait être tenu pour responsable de sa laideur. Mais après avoir fait afficher son portrait dans toutes les mairies, écoles et autres bâtiments officiels du Sénégal durant douze années, le président Wade a compris que le cauchemar ne pouvait plus durer. Le message est passé: il existe quelques hommes laids au Sénégal. Désormais le monde entier le sait. Mission accomplie.

3 Il s’est lui-même fourvoyé dans ses changements constitutionnels.

Contrairement à ce que l’on croit à Dakar, si Wade a fait venir des constitutionnalistes européens pour trancher le débat, ce n’est pas parce qu’il avait contre lui TOUS les constitutionnalistes sénégalais, mais parce que plus personne, à commencer par lui, ne comprenait plus quoi que ce soit à la constitution. À force de la tripatouiller en tous sens, les Sénégalais ont fini par en faire une sorte de thieb mélangé à du soupou kandji. Wade ne sait plus s’il peut se présenter ou si, au contraire, il n’en a plus le droit. Avec sa prudence légendaire, il préfère rester loin d’un plat qui dégage une odeur si nauséabonde. Il a donc décidé de se retirer pour rester dans la légalité.

4 Il n’aime pas le mbalax.

Faute de pouvoir briguer la présidence, Youssou Ndour a de fortes chances de devenir Premier ministre. Abdoulaye Wade devrait donc supporter de longues séances de mbalax durant les conseils des ministres. Or, personne n’a jamais vu Wade danser – et encore moins chanter. Nul ne sait même s’il a le sens du rythme. Tout cela prouve que Wade n’aime pas le mbalax. Il ne veut pas prendre le risque de côtoyer Youssou Ndour dans la sphère politique. Et pour peu que Baaba Maal veuille devenir ministre de la culture, imaginez le cauchemar que le pauvre Wade pourrait vivre! Mieux vaut donc partir, la tête et les oreilles hautes plutôt que de fuir les boules Quiès à la main.

5 Il veut se venger de ses adversaires

Tout le monde le sait : Wade a une tendance à la mesquinerie qui gâte parfois sa grandeur d’âme. Les petites vengeances, les bassesses de l’ombre, les complots sordides ne le laissent pas indifférent. L’homme a été profondément blessé d’avoir vu ses fils spirituels, Idrissa Seck, Macky Sall ou encore Cheikh Tidiane Gadio, le quitter pour rejoindre l’opposition. Certes, Wade leur avait mené la vie dure, mais enfin, ce n’est pas une raison pour le trahir. Faire croire jusqu’au bout qu’il va les battre sur le fil, voilà une belle petite vengeance. Car en attendant qu’il annonce officiellement son retrait, Wade aura fait passer à ses adversaires de longues nuits d’angoisse à se demander comment battre « le Vieux ». À son âge, on a les petits plaisirs que l’on peut.

6 Il a toujours été pour le changement et n’a pas… changé

« Sopi ! Sopi ! Sopi ! » Qui n’a pas entendu Wade, en l’an 2000, crier ce mot et « sauter comme un cabri », comme aurait dit De Gaulle? Eh bien croyez-le ou non, il n’a pas changé! Il est pour le chan-ge-ment ! C’est donc un homme fidèle à ses convictions qui s’apprête à rendre son tablier. Il veut un nouveau président à la tête de l’État. Et comme il veut un vrai changement, il ne veut pas de son fils Karim pour lui succéder car ce ne serait qu’un demi changement. Il ne veut pas non plus d’un socialiste car ce serait un retour en arrière, ni l’un de ses anciens Premiers ministres car ce serait un « changement immobile ». Alors qui veut-il? Là-dessus, le président reste discret et cache le nom de son dauphin.

7 Il ne veut pas que le Sénégal donne le signal d’un printemps sub-saharien

En ces temps troublés où Nicolas Sarkozy prend son glaive pour combattre le libyen Kadhafi, où les Tunisiens chassent Ben Ali et où les Égyptiens jettent en prison le Raïs, Abdoulaye Wade dévore les journaux, se repaît des malheurs des petits dictateurs et se félicite d’être un président éclairé, un « vieux sage » africain, respecté par les Blancs, aimé de son peuple. Ce n’est pas lui que l’on prendrait la main dans le sac du hold-up électoral! Ce n’est pas lui qui taillerait sa Constitution comme on se fait tailler un boubou sur mesure! Non, Abdoulaye Wade est plus intelligent que ça. Il sait depuis le début quel jour et à quelle heure il quittera le palais présidentiel, provoquant la stupeur chez ses admirateurs et la consternation chez ses partisans. Viviane a d’ailleurs déjà préparé secrètement les valises.

8 Il ne veut pas devoir s’exiler

Hormis les courtes périodes où il vécut à Versailles, chez son épouse, Abdoulaye Wade a toujours vécu sous le soleil du Sénégal. Le plateau de Dakar n’a plus de secrets pour lui. Il connaît chaque maison de la médina, du point E, et appelle par leur prénom les boutiquiers de Sandaga. Il n’aime rien tant que d’aller négocier la dibiterie (boutique qui vend de la viande grillée) dans sa ville natale de Kébémer. Wade a des copains partout au Sénégal, mais il en a très peu ailleurs. Son caractère a fini de le fâcher avec la plupart de ses pairs africains qui ne comprennent pas sa personnalité hors du commun et n’admettent pas qu’il soit le plus intelligent de tous. Contrairement à certains autres présidents, Wade n’aime pas le climat de la Suisse, il n’aime ni l’avenue Montaigne, ni les Champs-Elysées, et Monaco comme la Côte d’Azur le laissent de marbre. Dans ce cas, pourquoi prendre le risque de se voir un jour fermer les frontières de son propre pays? Pour finir sur les bords de Seine en compagnie d’Abdou Diouf, qu’il n’apprécie pas beaucoup? Très peu pour lui… Wade veut donc prendre sa retraite parmi les siens, entouré de l’affection de ses opposants et de ses alliés, adulé par les médias et salué par les petits talibés qu’il croisera chaque matin lorsqu’il ira prendre son thé au marché Kermel… Voilà la vie rêvée d’un président retraité.

9 Il ne veut pas finir à la CPI car il n’aime pas le climat néerlandais

Laurent Gbagbo, Charles Taylor n’avaient jamais pris la peine d’étudier en détail les conditions de vie au Pays-Bas et notamment les brumes hivernales si rudes pour les rhumatismes. Wade, lui, sait tout. Il a pris de l’avance à l’université, lorsqu’il y étudiait et collectionnait les diplômes. Il sait qu’il ne fait pas bon vivre à La Haye. Alors pourquoi prendre le risque de s’y faire muter contre son gré? De plus, au-delà de l’humiliation qu’il y aurait à se faire juger par la Gambienne Fatou Bensouda, il vivrait plutôt mal la promiscuité quotidienne avec son ennemi de toujours Laurent Gbagbo. Wade sait peser le pour et le contre. Mieux vaut le Zambèze que la Corrèze et mieux vaut Kébémer que les polders.

10 Il a déjà un job en vue

Wade a déjà un projet d’avenir. Contrairement à beaucoup de présidents retraités qui dépriment, il sait exactement ce qu’il va faire une fois qu’il aura vidé son bureau et passé pour la dernière fois, les grilles du palais. Il va se diriger vers la corniche et rouler jusqu’au monument de la Renaissance africaine. Là-bas, il va entrer, enfiler un uniforme et mettre une casquette, puis s’installer dans la guérite du gardien. Wade veut devenir le gardien du monument de la Renaissance africaine et percevoir librement un tiers des recettes engendrées par ce monument unique au monde, et qui fait du Sénégal le pays le plus en pointe du continent. D’ailleurs, si l’on regarde bien la famille statufiée par le monument, ne ressemble-t-elle pas à la sienne? Cet homme qui pointe l’index vers l’Amérique n’indique-t-il pas, en réalité, son désir de partir et de quitter le pouvoir?

Kidi Bebey et Alex Ndiaye
Mamoudou Kane


              

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