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La meilleure des initiatives


Vu de Mauritanie par MFO
Vendredi 1 Mars 2013 - 14:45


La meilleure des initiatives
La CENI a (enfin) annoncé la tenue prochaine des élections législatives et municipales. Ce sera dans la fourchette située entre le 15 septembre et le 15 octobre. Passé le moment de surprise, nous sommes en droit de nous demander, pourquoi cette annonce maintenant ? pourquoi ce choix et qu’est-ce qui a été fait pour amener tous les protagonistes politiques à participer ?
 
Dans son communiqué la CENI explique que cette annonce est une étape dans un processus qui lui a permis de compléter la prise en main de toute l’opération électorale. Jusqu’à l’organisation du recensement à vocation électorale qui détermine la liste électorale. La décision ferait suite aussi à une série de concertations avec les différents partenaires politiques. Il faut peut-être nuancer ici.
 
Si la CENI a bien eu des entretiens avec les partis de la Majorité et ceux de la CAP, et même d’autres partis comme l’AJD/MR qui n’appartiennent ni à l’un ni à l’autre des camps, elle s’est contentée d’adresser un courrier aux partis de la COD. Un courrier les invitant à prendre langue avec l’organe en vue de discuter de la tenue prochaine d’élections. Sans plus de précisions. La CENI n’a pas eu de réponse depuis.
 
En réalité, les conditions techniques peuvent être – et seront certainement – remplies d’ici la fourchette indiquée. Mais qu’en est-il des dispositions politiques et mentales ? Est-ce que les protagonistes politiques auront assez d’ouverture d’esprit pour avancer vers un dialogue autour des élections ?
 
Si l’on estime que les exigences et les comportements des uns et des autres ont fatalement mené à une situation de blocage, du moins sans perspective, on peut espérer que la décision de la CENI de donner une date pourrait constituer un stimulateur vers un dialogue inclusif. Cette fois-ci autour de questions bien précises : les conditions pour garantir l’organisation d’élections fiables et régulières, donc acceptables par tous.
 
Pour ce faire, les protagonistes doivent nécessairement adopter des attitudes neuves. Côté Pouvoir, des garanties de «bonnes intentions» doivent être données et au plus vite. La plus significative d’entre elles, pourrait être un remaniement ministériel qui toucherait quelques départements dont le ministère de l’intérieur. Le choix d’un ministre «technocrate» permettra certainement d’ouvrir une brèche par laquelle l’implication de tous sera possible. En fait, si l’on trouve une personnalité qui allie expérience dans le domaine électoral, connaissance de l’administration, neutralité politique (même relative), tout est possible. On peut élargir à tous les départements concernés par les élections.
Côté  Opposition (COD), on peut espérer que les leçons du passé seront retenues et capitalisées. Comment, l’Opposition a compromis le processus démocratique par son boycott en 1992, comment elle a perdu le temps et la capacité de mobilisation en 2007 et 2009, surtout qu’elle doit impérativement réfléchir à comment éviter de se mettre hors jeu par le refus de participer. Mais participer demande des conditions minimales qui doivent tourner sur l’organisation pratique des élections. A cette Opposition d’élaborer une plate-forme claire et réalisable. Si le principe du boycott est exclu, tout est possible. Par contre, s’il est retenu nous allons répéter l’expérience de 1992. Celle qui a vu l’opposition se mettre hors jeu, avant de se faire laminer. Il a fallu 13 ans de rumeurs sur la maladie de Ould Taya, sur ses rapports «défectueux» avec tel ou tel de ses alliés, sur les faux complots, les dissidences factices… Le régime allait survivre plus de 13 ans «grâce» à la décision de boycott. C’est ici qu’il faut situer le péché originel de cette classe politique que la haine du pouvoir avait empêchée de voir loin et d’agir dans le sens de l’intérêt général. C’était en février-mars 1992. Nous sommes en février-mars 2012. 20 ans après, les acteurs de la scène politique – dont la plupart sont les mêmes – vont-ils tirer la leçon ?
 
En attendant de savoir, on doit considérer que la démarche de la CENI constitue une initiative nouvelle sur la voie de la recherche d’une solution, dans la mesure où elle est perçue comme une opportunité de convergence.

Mohamed Fall Ould Oumere
oumeir.blogspot.com
 
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