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La jeunesse, une force majeure dans les camps de refugiés


Société
Vendredi 21 Septembre 2012 - 17:00

Depuis la récente rébellion touareg et la prise de pouvoir des islamistes dans le nord du Mali, le camp de refugiés maliens de M’Bera en Mauritanie est surchargé. Parmi ses 107.000 occupants, les jeunes jouent un rôle important dans l’organisation interne de ce campement. Mais aussi pour la préparation d’un retour à une vie normale.


La jeunesse, une force majeure dans les camps de refugiés

"L’implication des jeunes est indispensable. C’est la classe d’âge la plus nombreuse. Ces jeunes sont la cheville-ouvrière du camp", déclare Mohamed Ag Malha, président d’une commission technique chargée de renforcer la coordination du campement de M’Bera, situé dans le sud-est de la Mauritanie.

Les jeunes de ce camp se sont organisés en associations dans les cent soixante-huit secteurs que contient le camp. Chaque zone dispose d’un regroupement de jeunes, dont on retrouve des représentants au sein duCollectif des Jeunes du Camp de M’Bera (Cjcm).

Pioniers
Abdoul Aziz Ag Mohamed, juriste de formation, est le président de ce collectif. Pour lui, c’est le potentiel intellectuel qui a fait changer la mentalité dans le camp : "Le nouveau camp renferme des cadres issus de la jeunesse, l’intensification du niveau d’éducation ne permet plus à ces jeunes pionniers de laisser faire certaines choses."

Depuis la rébellion touareg entre 1990 et 1995 au Mali et le Niger, le rôle des jeunes refugiés dans les camps a changé. Aujourd’hui, leurs leaders sont majoritairement bien formés, ils ont suivi un cursus universitaire, avec un niveau minimum de maitrise. Ils sont qualifiés et ont une expérience dans les différents domaines d’activités que mènent le collectif.

La jeunesse s’implique
Agé de 28 ans, Abdoul Aziz parcourt sans cesse le gigantesque campement, tantôt missionné par la coordination du camp, tantôt pour résoudre ou arbitrer un conflit ici et là. Il est aussi souvent désigné par des organisations internationales pour assister à une distribution, à une réunion d’organisation ou pour piloter des groupes de travail de recensement.

Et les autres jeunes s’en inspirent. Ils créent des projets pour faire dévier les adolescents des idées sinistres. "Si la jeunesse s’implique c’est pour aider nos communautés, nous tenons à ne pas rester observateurs de notre sort. C’est notre défi : donner les moyens aux gens de savoir et de réclamer leurs droits", affirme Abdoul Aziz.

Etre en liaison avec le pays
Le Cjcm dispose aussi d’une "cellule information", qui lui permet d’être en liaison avec leurs proches coincés au Nord-Mali. Une équipe restreinte recueille, traite et analyse toutes sortes d'informations : l'évolution de la situation politique au Mali, les nouvelles des territoires occupés par les Islamistes, les conditions des réfugiés dans les pays voisins, etc.

Ces informateurs sont accrochés à leurs téléphones portables et pour se renseigner, ils côtoient aussi des voyageurs qu’ils rencontrent. Les routards peuvent être des sources d’informations de premières mains. Le Cjcm réclame une connexion internet sur le camp pour communiquer davantage avec le reste du monde. En attendant, il faut aller à vingt kilomètres, dans le village de Bassikounou pour espérer se connecter via des bureaux d’organisations.
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Prendre son destin en main
Parmi, les leaders de la jeunesse du camp, Mohamed El Moctar Ag Mohamedoun joue la carte de l’éducation. Formé en gestion d’entreprise à la faculté de Meknès au Maroc, il considère le dossier des études comme étant la priorité à laquelle il faut penser de toute urgence. "Il y a des centaines de jeunes bacheliers et des universitaires qui circulent ici sans aucun espoir de continuer leurs études, nous ne pouvons pas laisser faire cela !"

 

Pour faire véhiculer son message, Mohamed El Moctar se sert d’un réseau de jeunes panafricain: Afous-Afous, Jeunesse volontaire pour l’Action. Ce réseau regroupe des jeunes diplômés et étudiants, dont les membres se trouvent également au Burkina Faso, au Niger, en Algérie et ailleurs. Mais, ils sont tous reliés entre eux, notamment par les nouvelles technologies d’informations et de communications.

Abdoul Aziz, Mohamed Ali, Mohamed El Moctar et les autres jeunes du camp s’impliquent, en tant que société civile, pour le retour de la paix au Mali ; l'ultime espoir, pour cette jeunesse entreprenante qui ne veut s’apitoyer sur un sort d’exilés. L’un d’eux confie ce qui pourrait être la pensée de tous : "Nous ne voulons pas rester éternellement réfugiés, mais en attendant chacun se bat pour l’avenir en prenant son destin en main".

Par Intagrist El Ansari, à Nouakchott
pour rédaction Afrique de Radio Netherlands
 
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