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La guerre autour du pactole pétrolier menace l’unité de la Libye


Actualité
Lundi 24 Mars 2014 - 08:59

Il ne suffit pas de changer le chef du gouvernement, Ali Zeidan, par le ministre de la Défense, Abdallah al Mouthana, comme cela a été annoncé le mardi 11 mars, pour éloigner la perspective d'un éclatement de la Libye, minée par les appétits pétroliers des tribus et des clans. 80% des ressources pétrolières sont situées surtout dans l'Est du pays alors que le gouvernement siège dans l'Ouest!


Reuters/Reuters - Un mmùbre d'une milice autonomiste qui s'est emparée du port d'Es Sider, en Cyrénaïque, dans l'est de la Libye, d'où les rebelles cherchent à exporter du pétrole brut. L'Onu a donné mercredi aux Etats membres le droit d'arraisonner tout navire soupçonné de transporter du pétrole libyen de contrebande chargé dans des ports aux mains des milices autonomistes. /Photo prise le 11 mars 2014/REUTERS/Esam Omran Al-Fetori
Reuters/Reuters - Un mmùbre d'une milice autonomiste qui s'est emparée du port d'Es Sider, en Cyrénaïque, dans l'est de la Libye, d'où les rebelles cherchent à exporter du pétrole brut. L'Onu a donné mercredi aux Etats membres le droit d'arraisonner tout navire soupçonné de transporter du pétrole libyen de contrebande chargé dans des ports aux mains des milices autonomistes. /Photo prise le 11 mars 2014/REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

Le gouvernement libyen a annoncé, le dimanche 9 mars, qu'il avait déployé des forces de la marine au large du port d'al-Sedra dans l'est du pays, pour empêcher un pétrolier battant pavillon nord-coréen de quitter les eaux territoriales avec une cargaison « illégale » de pétrole. Des autonomistes de l'Est libyen, où les anciens kadhafistes sont encore très puissants, avaient en effet chargé du pétrole à bord d'un navire entré clandestinement dans les eaux territoriales libyennes. Les autorités menacent aujourd'hui de recourir à la force contre le navire, alors que les rebelles réclamant l'instauration d'un système fédéral et une meilleure répartition des revenus pétroliers.
 

Menaces de sécession
 

L'existence d’une Libye unifiée parait de plus en plus compromise. La menace annoncée par l’Exécutif de faire couler tout pétrolier qui voguerait sans les tampons officiels de l'administration libyenne sera peut-être mise à à exécution, mais ne parait guère devoir rétablir un semblant d'ordre. Aujourd’hui, l'alternative est simple. Soit les chefs des tribus, des régions et des forces armées parviennent à  se mettre d’accord sur les quotas émanant des revenus pétroliers et trouvent un arrangement concernant la répartition des ministères de souveraineté, y compris la Noc ( National Oil Corporation), bras séculier du secteur pétrolier. Soit la guerre provoquée par les rivalités tribales en matière de répartition du pactole éclate à coup sur. 
 

L’ancien numéro deux du régime jamahiriyen, le commandant Abdessalam Jalloud, un des notables de la puissante tribu El-Maguarha), n'était guère optimiste, lors de son récent passage à Paris, il y a un peu plus de deux mois. Il nous a affirmé que "le gouvernement de l’Iklim de Barqua, qui regroupe toutes les régions de l’Est libyen, était décidé à camper sur ses positions". Et celles ci ont le mérite de la simplicité Tout d'abord, le pouvoir en Libye doit se situer là où se trouvent les richesses pétrolières. Ensuite, c’est au gouvernement de l’Ihlim de Barqua de décider du partage de la manne aux autres régions.
 

Recompositions régionales
 

Le défi lancé, la semaine dernière, par l’homme fort de l’Est, Ibrahim Jedran, qui affrétait le pétrolier sud coréen, ne doit pas être considéré comme étant un simple message. Le délai accordé pour trouver une solution est dépassé. Le portrait de l’ancien colonel-major, Khalifa Haftar, accusé par l’ancien premier ministre, Ali Zeidan, d’être derrière le coup d’Etat de la semaine dernière, est désormais brandi dans la rue. L’Est libyen est prêt à défendre son brut contre vents et marées.
 

Par ailleurs, on apprend que les figures de proue des grandes villes de l’Est libyen se sont rendu au Caire, le week-end dernier. Ils ont rencontré le maréchal Abdel Fattah El- Sissi. Ce dernier, disait un des membres de cette délégation issu de la tribu El- Obeidate, aurait promis à ses visiteurs que l’Egypte soutiendrait les revendications légitimes de ses voisins, notamment dans leur lutte contre "les provocations" des terroristes islamistes. Le soutien égyptien consolide l’Iklim de Barqua face aux autres dirigeants libyens.
 

L'affaiblissement d'Ali Belhaj
 

La région de l’Ouest est moins bien lotie en pétrole que la région de l’Est. Surtout les tribus et les forces militaires qui se répartissent le pouvoir s'entendent fort mal entre elles. La capitale, Tripoli, est très affaiblie, tout comme celui qui faisant figure d'homme fort de la ville,  le leader islamiste Ali Belhaj. Après l’échec du printemps arabe des Frères musulmans, cet homme du Qatar a vu son pouvoir fléchir, malgré les tentatives de se refaire une virginité grâce notamment à l'aide d'hommes d'affaires tunisiens corrompus. Au point que cet obligé de l'Emir du Qatar a du céder le contrôle de l'aéroport international de Tripoli, aux milices de Zentane. Par ailleurs, Paris lui refuse toujours la possibilité d'obtenir un visa de séjour en France.
 

Mis à part, la ville de Syrte, fief de la tribu des Guedadfas où il existe des réserves non négligeables de pétrole, notamment dans les gisements jadis octroyés au géant américain, Exxon-Mobil, les villes de Zawiya et Misrata ne possèdent pas d'or noir. Elles misent sur les raffineries et les terminaux pétroliers.
 

Cette configuration laisse croire qu’une guerre autour du pétrole est gagnée d’avance par les gens de l’Est. C’es l’avis des responsables des grandes compagnies pétrolières mondiales. Le test effectué par les sud coréens en est un indice. Surtout lorsqu’on apprend de plus que des grandes tribus du sud, à savoir, Al-Koufra, Sebha, Al- Jafra et Oubary, ne sont pas très loin de s’allier à la région de l’Est.

Là où se trouve le pactole pétrolier, là se trouve le pouvoir/

Source : Mondafrique

Mamoudou Kane


              

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