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La flambée de nationalisme antichinois au Vietnam tient en une date: 1979


International
Dimanche 18 Mai 2014 - 15:37

Les manifestations antichinoises du 13 mai dans le pays sont le produit de deux mille ans d’une très difficile cohabitation.


La flambée de nationalisme antichinois au Vietnam tient en une date: 1979
Les manifestations antichinoises du 13 mai dans les environs industriels de Hochiminh-Ville, qui ont tourné au vandalisme, sont le produit de deux mille ans d’une très difficile cohabitation. Bousculé par Pékin en mer de Chine du Sud, Hanoi se retrouve dans une situation très délicate. Hanoï a jugé «intolérable» l’installation, le 1er mai, sous haute protection de la marine et de l’aviation chinoises, d’une plateforme d’exploration pétrolière au grand large de la rade vietnamienne de Danang dans des eaux que le Vietnam considère sur son plateau continental et faisant partie de sa zone économique exclusive. «Provocation», a estimé Washington. Hanoï n’a pas pu empêcher des protestations publiques auxquelles se sont associés des communistes.

Mais le PC vietnamien ne s’attendait pas à la colère des ouvriers de la zone industrielle qui entoure Saigon, notamment dans les provinces de Bing Duong et de Dong Nai. Les banderoles des manifestants ont exprimé une «opposition ferme à la violation» des eaux territoriales vietnamiennes. Il ne s’attendait pas non plus à ce que, provoquant une panique, des vandales en profitent pour attaquer des usines, y mettent le feu et commettent assez de dégâts pour les condamner à fermer pendant des semaines sinon des mois. D’ailleurs, la foule s’en prenant à tout ce qui pouvait ressembler à des Chinois, des biens singapouriens et taïwanais n’ont pas été épargnés (et même des patrons japonais et sud-coréens ont, par prudence, fermé et accordé un jour de congé à leurs employés).

Quant aux autorités locales, elles ont annoncé entre 400 et 600 arrestations. Sans remonter aux mille ans que les Vietnamiens ont passé sous domination chinoise avant de s’en libérer au Xe siècle, la flambée de nationalisme antichinois au Vietnam a des explications beaucoup plus récentes. En 1974, soit un an avant la victoire communiste de 1975 au Vietnam, à la fureur cachée de Hanoï, l’armée chinoise a occupé l’archipel des Paracels, en mer de Chine du Sud, en en chassant brutalement la petite garnison sud-vietnamienne qui y avait pris la relève des Français.

Lors de la débâcle de 1975, contrainte de s’éloigner de l’archipel des Spratleys pour suivre la septième flotte américaine, la flotte sud-vietnamienne a averti celle du Nord pour que cette dernière prenne la relève dans l’archipel avant les Chinois. Les relations entre Pékin et Hanoï sont devenues dramatiques en 1978 avec la perspective d’une visite de Deng Xiaoping aux Etats-Unis, laquelle a eu lieu en janvier 1979. Soumis aux attaques continues de l’armée de Pol Pot sur sa frontière avec le Cambodge, paniqué à l’idée d’un encerclement (un axe Washington-Tokyo-Pékin-Phnom Penh), les communistes vietnamiens ont opté pour une intervention militaire au Cambodge non sans avoir, au préalable, assuré leurs arrières auprès de Moscou avec un pacte.

Parallèlement, Hanoi a lancé une campagne contre les Hoa, les Chinois du Vietnam, qui a débouché sur l’expulsion de centaines de milliers de gens. Deng Xiaoping a décidé de se venger en attaquant la frontière vietnamienne, début 1979, pour donner une «leçon» aux communistes vietnamiens. La leçon a coûté fort cher non seulement aux Vietnamiens mais également aux Chinois. Le divorce a été total jusqu’à ce que Mikhaïl Gorbtachev convainque les communistes vietnamiens, en 1986, que la réduction drastique de l’aide soviétique les obligeait à prendre plusieurs mesures: retirer leur armée du Cambodge, ouvrir leurs pays aux investissements occidentaux et normaliser leurs relations avec la Chine.

Les Vietnamiens l’ont fait et, en 1991, après la «normalisation» des relations entre Pékin et Hanoï, un accord international est intervenu sur le Cambodge. Mais l’animosité est demeurée vive. Contraint à la cohabitation avec Pékin, le PC vietnamien s’est efforcé d’élargir ses horizons, de renforcer ses points d’appui régionaux et même d’opérer un rapprochement avec Washington. Historiquement, le Vietnam est le pays qui a barré la route du sud aux Chinois. Et ces derniers ne le lui pardonnent pas ainsi que l’a souligné leur préférence, depuis les Accords de Genève en 1954, pour une division du Vietnam en deux Etats. Que Pékin revendique, désormais manu militari, plus de 80% des eaux de la mer de Chine du Sud n’arrange rien.

Source:Slate
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