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La demande d'une "police des moeurs" reparaît en Mauritanie


Actu Mauritanie
Samedi 26 Mai 2012 - 21:43

Les jeunes continuent à apporter leur soutien à un mouvement mauritanien réclamant l'application des lois religieuses sur les conduites individuelles.


La demande d'une "police des moeurs" reparaît en Mauritanie
La société maghrébine assiste au dernier round de manifestations menées par des groupes réclamant l'application d'un "comportement islamique" au quotidien.

Ces revendications se transforment occasionnellement en actions, comme cela a été le cas dans l'affaire d'une agression récente qui aurait été menée par des salafistes à l'encontre d'une jeune fille à Rabat, en raison de la longueur de sa jupe.
En Mauritanie, les réclamations ont pris une forme plus organisée, avec la création, l'année dernière, à l'initiative de certains jeunes, du mouvement "Non à la Pornographie ". Ce groupe, qui a pour objectif de promouvoir la vertu et de prévenir le vice, a organisé des manifestations, dans la journée de vendredi, à l'extérieur des mosquées ainsi que des défilés à travers Nouakchott. Les protestataires ont, à cette occasion, brandi des pancartes réclamant l'interdiction d'habillements qualifiés d'incorrects, celle de la pornographie, de la prostitution et de la vente d'alcool.

Ces revendications ont été répétées dans un communiqué en dix points distribué, la semaine dernière, dans le cadre des défilés. Parmi les réclamations supplémentaires formulées par le groupe, la création d'une "police des moeurs", l'application de sanctions plus rigides prononcées à l'encontre des viols et autres crimes sexuels, et une série de réformes religieuses à mener dans l'enseignement public.

Le groupe a promis davantage de passages à l'action, déclarant qu'il "formerait une équipe juridique dans les meilleurs délais afin d'être en mesure de porter plainte contre des entités impliquées dans la dissémination de la pornographie et de la débauche au sein de la société mauritanienne".

Mohamed Ali Ould Elbey, coordinateur de l'initiative "Non à la pornographie", a expliqué à Magharebia quelles étaient les prochaines démarches qui seraient entreprises par son groupe.
"Jusque là, notre rôle s'est restreint à la condamnation", a-t-il déclaré. "Mais si cette phase ne devait pas nous amener à la réalisation de nos objectifs, nous examinerons les moyens d'intensifier nos efforts à l'avenir".

Ould Elbey a indiqué que certaines femmes pourraient échapper aux nouvelles normes d'habillement, au moins temporairement.
"Pour le moment, nous ne pouvons pas empêcher les femmes de porter des vêtements indécents, car nous ne voulons froisser aucune sensibilité ethnique entre les composantes de la société mauritanienne, en particulier car aucune loi n'est effective à ce sujet", a-t-il expliqué. "Nous ferons des interdictions graduelles, permettant d'ouvrir la voie à un verdict populaire. Concernant la rentrée scolaire prochaine, nous imposerons aux jeunes filles de porter des habits décents."

"Non à la pornographie" s'est également tourné vers les fournisseurs de télécommunication afin de bloquer l'accès à des sites de type sexuel ou choquants, a ajouté Ould Elbey.
En réaction au débat public au Maroc portant sur le suicide d'une adolescente de 16 ans contrainte d'épouser son violeur, Ould Elbey a fait savoir que son groupe "demanderait au Parlement de promulguer une loi empêchant les violeurs de s'unir à leurs victimes".

L'opinion publique mauritanienne semble divisée sur ces questions.

Selon le journaliste Zine El Abidine Ould Mohamed, on a beaucoup banalisé les membres de "Non à la Pornographie" en les considérant comme des jeunes issus de milieux conservateurs ayant bénéficié des enseignements des mahdharas, "parce qu'ils font des demandes qui ne sont pas essentielles".
 
"Il ne peut pas y avoir de courants salafistes radicaux derrière eux, parce que les revendications de ces derniers sont habituellement plus profondes et plus radicales, comme c'est le cas pour l'application de la Charia islamique", ajoute-t-il.
L'écrivain Mohammed Ould Zain explique à Magharebia que les agences officielles appuient ces groupes en arrière plan, pour court-circuiter les forces politiques islamistes.

Le Cheikh Mohamed Ould Harmah, pour sa part, estime que le groupe exploite la liberté d'expression offerte par la démocratie afin d'agresser les autres composantes de la société et de les priver de leur liberté de comportement.
"C'est une attitude contradictoire, parce que ces militants profitent de leur marge de liberté pour empêcher la liberté", ajoute-t-il. "Est-ce qu'il ne leur ait pas venu à l'esprit que personne ne les a empêchés d'agir et de penser comme ils le désirent ? Est-ce qu'ils pensent posséder la tutelle de cette société qui est dotée de savants et de faqihs?"

Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott 
 
magharebia.com


              

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